Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La plume dans l'kawa

réflexions - réactions - humeurs -


Les chiens en laisse

Publié par plume de cib sur 14 Juin 2009, 16:45pm

Catégories : #Sciences du quotidien


J'aurais pu intituler ce billet "chiens gardés avec collier". Mais comme je ne suis pas aussi imaginative, je garde ce simple titre "chiens en laisse".
L'idée me trottait dans la tête depuis quelques semaines. Pourquoi les gens prennent des chiens qu'ils trimballent dans la rue au bout d'une laisse ? Cela n'a l'air de rien, mais le geste est symbolique. Nous sommes si habitués à voir des toutous boudinés flairer le sol en trottinant au bout d'une laisse que nous trouvons ça normal. Hommes ou femmes, ils déploient souvent une autorité troublante. Et que je te tire sur la laisse, et que je te la raccourcis. Et même parfois, nous avons droit à une vraie démonstration d'autorité. Le chien aux ordres doit perdre toutes ses manières de chien et s'en tenir à la rigueur d'une éducation canine qui ressemble à celle qu'on pourrait enseigner à un enfant, si seulement on éduquait les enfants !

Assise à la terrasse d'un café de bord de mer, j'observe les passants. Très vite, je m'aperçois que le nombre de personnes accompagnées d'un chien est important. je me mets à les compter. Mais il y en a trop. Ils se croisent, se suivent, les chiens se reniflent le derrière, se font rappeler à l'ordre "on ne renifle pas le cul au Pays des hommes !". La plupart des bêtes souffre d'obésité. La plupart des maîtres ressemblent à leur chien. Ou bien est-ce le contraire. Bien vu, Monsieur Disney ! Les chiens à frange ont des maîtres à franges, les chiens lisses ont des maîtres chauves ou rasés.

Il y a un je ne sais quoi de gênant dans cette prolifération de chiens. Bien sûr, il y a leurs déjections, multiples qui nous enfument le parcours de santé. Les plus visibles sont les grosses merdes déposées sur le passage comme le cadeau d'un soupirant trop timide qui lance à la volée son bouquet de fleurs qui échoue dans les pieds de sa belle, et se barre en courant. Il y a les merdes dissimulées sous les brins d'herbe d'une pelouse pas encore tondue, celles casées entre deux voitures, celles qui se rassemblent autour d'un arbre histoire de s'accorder un peu d'intimité. Pis, il y a les déjections invisibles, celles que les chiens posent à tout bout de champ sur les murs, les réverbères, les roues de voitures, pour marquer leur territoire, dernier vestige d'une vie sauvage oubliée. Les pauvres bêtes ont malheureusement un ennemi terrible à combattre dans leur quête de reconnaissance, c'est l'homme ! L'homme qui n'hésite pas à brouiller les pistes, l'homme souffrant sans doute d'énurésie chronique et se sent obligé de baisser la braguette à chaque coin de rue. A moins qu'il ne soit atteint d'amnésie qui le contraint lui aussi à marquer son parcours, comme le petit poucet semait des cailloux.
Mais il y a surtout ce désir impérieux qu'ont les gens de dominer. On appelle cela avoir un animal de compagnie. Drôle de compagnie en fait. Cela consiste à avoir quelqu'un aux ordres, à disposition. En ce qui concerne le chien, par de multiples alchimies, on a réussi à créer le toutou, sorte d'être humain à profil d'animal et 100 % soumis, une peluche qui fonctionne sans pile, dévouée jusqu'à la mort. A force d'imposer une vie humaine au chien, celui-ci a perdu la boule. Alors, on a créé les psy pour chien !
Comme c'est curieux, et comme c'est bête. Il y a dans certains pays un peu moins agonisants que le nôtre, des chiens qui sont considérés comme des chiens. Ils ne sont pas cultivés de manière intensive, ils ne sont pas vendus dans des magasins. Ils vivent leur vie de chien, sans collier et sans laisse, sans maître. Ils se taillent une place dans le paysage, personne n'est là pour les obliger à chier quand ça ne leur dit pas. Et curieusement, dans ces pays, il n'y a pas de merde de chien partout. Chez nous, on les appelle les chiens errants, ils sont sauvagement pourchassés, enfermés, euthanasiés. On les accuse de transmettre des maladies, le syndrome Pasteur a encore de beaux jours devant lui. Ils n'ont pas le profil de l'animal domestique, ils n'entrent pas dans le moule, ils sont donc condamnés.

Ah je sais que mémère et pépère ne vont pas apprécier ce billet. Mémère et pépère sont gentils pour leur chien, ils sont de bons maîtres et ne supportent pas qu'on les indisposent avec des propos tendant à les culpabiliser. Deux fois par jour, ils descendent toutou dans la rue et marchent avec lui pour qu'il se dégourdisse les pattes ! Tu seras un homme mon fils, si tu mets tes pas dans les miens !


Commenter cet article

lola 25/01/2010 22:43


oui, biensûr... ou alors, on vit dans une grande ville comme Marseille, avec des gens qui courent partout sans regarder où ils mettent les pieds, d'autres qui conduisent comme des
malades, et un petit chien adorable qui ne voient pas toujours le danger. Enfin, question de point de vue, hein... :)
bravo pour vos autres articles :)


fleche 16/06/2009 07:59

A la maison c'est un chat que nous avons, et comme les chats il fait ce qu'il veut quand il veut.Il y a une tristesse insondable dans le regard du chien sur la photo.

sixtine 15/06/2009 13:54

Oui, très bon billet, Cib ! Je m'intérroge souvent à ce sujet ! La relation humain/animal mérite d'être explorée car révélatrice de bien des travers de notre société !

Farid L 15/06/2009 10:07

Excellent billet, bien vu.@+

plume de cib 15/06/2009 10:21


Bonne journée Farid....


zodo 14/06/2009 23:21

et nous les hommes , qui aimons ce genre de vie .dois-je comprendre, que jesuis logé à la même enseigne ? une reflexion très profonde et parlante. merci cib bonne soirée

plume de cib 15/06/2009 10:20


Merci Denis... je suis contente de tous ces commentaires, de cette réflexion du dimanche... Merci à toi et à vous tous....


Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents