Sarko fait le camelot, au boulot, on se suicide ! Thierry Hainaut, victime de la CPAM
Publié le 2 Mars 2012
Cela nous concerne tous. La mort de Thierry Hainaut met en avant les conditions de travail à la CPAM, proches de l'abattage. Un service public en passe d'être privatisé. AGISSONS !
Voilà. triste nouvelle encore et encore. Le suicide de Thierry Hainaut à la CPAM de Beziers, une victime de plus à accrocher au tableau des chasseurs de profits.
Tandis qu'à Montpellier Sarko tente de faire croire aux enseignants qu'ils doivent travailler plus pour gagner 500 euros de plus à la fin du mois, un homme jette l'éponge à la CPAM à quelques
kilomètres de la capitale languedocienne. Sarko le camelot estime que les enseignants seraient mieux payés s'ils étaient moins nombreux. Outre le fait que c'est une vérité de la Palisse, il
y a la réalité. Quarante élèves par classe dans le privé, ça ne suffit pas ? Il faut des cheptels de 1000 bêtes dans chaque classe peut-être. Le prof. donnerait ses cours avec un porte-voix.
L'école tournerait 24/24, en équipes qui feraient les trois huit. A la fin des cours, les plus faibles seraient piétinés par les plus forts. On appellerait ça la sélection naturelle. Ce serait
marrant non ? Enfin, on en entend des vertes et des pas mûres comme dirait ma grand-mère. Se sacrifier ? pour qui pour quoi ? Pour avoir un peu plus de fric à la fin du mois ? Est-ce que votre
vie a un prix ?
Enfin ! Pour la première fois, Sarko, hué, sifflé, bousculé par un millier de jeunes bayonnais, s'est réfugié dans un bar à Bayonne où il a été libéré par les CRS. Un coup de Hollande, il a décrété le président. Un peu comme Montebourg la veille qui décide que des jeunes alcoolisés ont été envoyés par Le Pen pour l'emmerder à la sortir de son resto du XVIème. Les raccourcis sont faciles mais ils ne convainquent que ceux qui les font. Sarko ne veut toujours pas admettre qu'on en a ras-le-bol de sa gueule. On n'a pas besoin d'être commandités par Hollande pour le ressentir. Coup de chapeau aux jeunes bayonnais qui ont su profiter d'une faille du service de sécurité du candidat Sarkozy. Les cars de mémés ne sont sans doute pas arrivés à temps pour faire la claque à leur champion imposé ! Le voilà tout maigre jeté en pâture au milieu du vrai peuple ! Wouaf ! Ah ça change du yacht à Bolloré ! C'est plus caustique !
Trève de plaisanterie, je vous parlais de Thierry Hainaut. Personne ne le connaissait avant qu'il se suicide. Plus que je ne pourrais en dire, voici la lettre qu'il a laissée, qu'il a envoyée à de nombreux employés de la CPAM, pour que son geste serve à quelque chose. Je vous la transmets, espérant qu'elle fera le tour du WEB. Pourquoi cela nous concerne ? Parce que la CPAM, après les nombreuses compressions et modifications est en passe d'être privatisée comme les autres services publics. Le geste de Thierry Hainaut, à quelques semaines des élections nous incite à une vigilance particulière. Nous devons choisir le candidat qui nous garantira un service public pour tous, et non pas pour les riches. Je vous engage aussi à lire les très nombreux commentaires déposés à la suite des articles du Midi Libre. Ce sont pour la plupart des témoignages de gens qui travaillent ou ont travaillé à la CPAM. Tous le même cri d'alarme !
Voici des extraits du mail envoyé par Thierry Hainaut, employé de la CPAM de Béziers qui s'est suicidé par pendaison hier soir sur son lieu de travail. Avant son geste, il aurait adressé ce mail intitulé "Adieu..." vers 20h33 à sa direction, son entourage, ses collègues, et d'autres représentants de l'entreprise ou le député Elie Aboud. Voici des extraits de sa lettre :
"Bonsoir,
Nous sommes le 29 février 2012. Il est 20 heures 15. Si vous lisez ce mail, c'est que je vous ai quittés, définitivement. (...)
J'ai tenu à vous informer de mon geste, car il est la conséquence directe de l'enfer psychologique que je vis au quotidien depuis 2 ans, que j'ai pourtant essayé de surmonter, de toutes mes forces, pour mon épouse et mes enfants, mais qu'aujourd'hui je n'arrive plus à assumer.
Certes, en mettant fin ce soir à mes tortures et angoisses de chaque jour, je règle mon problème. Mais il était de mon devoir de faire en sorte que cela puisse servir (peut-être …) à toutes celles et à tous ceux qui pourraient être dans ma situation, pour leur éviter d'en arriver là où je suis. C'est la raison de ce message.
Ma vie professionnelle m'a beaucoup gâté. Ayant commencé à travailler à la CPAM de Béziers en 1980 comme fichiste, j'ai eu la chance de pouvoir montrer que j'étais capable de faire des choses a priori intéressantes, puisque j'ai gravi un à un les échelons jusqu'au poste de cadre niveau 9 au bout de 29 ans de carrière.
Et puis il y a eu cette fusion des CPAM de Béziers et de Montpellier, qui a fait que depuis deux ans, je me traîne misérablement dans ce qu'on appelle communément un "placard". Je ne peux plus supporter qu'on me laisse crever lentement sans même avoir pris la peine d'écouter mes appels au secours ni de m'expliquer pourquoi."
Dans ces mots, il vise directement la direction de la CPAM en accusant :
"de m'avoir mis dans un placard dès son arrivée, et de m'y avoir laissé pourrir en ne me confiant que quelques très rares tâches qui auraient pu être prises en charge par des cadres de "premier niveau" (...)
de n'avoir rien fait pour au moins essayer de trouver une solution à ma situation, alors qu'il en était informé de ne même pas avoir lu les compte rendus de mes EAEA 2010 et 2011, et les lettres que j'ai remises en ces occasions en demandant qu'elles figurent à mon dossier personnel, alors que son attention avait été attirée sur mon état à plusieurs reprises par mon responsable hiérarchique direct. S'il les a lus et qu'il n'a rien fait, c'est encore plus grave."
D'avoir ainsi pourri mes deux dernières années sans me laisser la moindre chance de survie J'ai été : tué professionnellement, détruit psychologiquement. Je croyais que le management consistait à travailler ensemble, en bonne intelligence, à déléguer, écouter, réunir, fédérer et valoriser les compétences de chacun. (...)
J'ai essayé de tenir bon, mais jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, c'était devenu vraiment trop dur, et je vois bien que je n'arrive plus à donner le change, au travail, et dans ma famille. Je demande pardon à celles et ceux à qui je vais faire de la peine, et à qui je manquerai, au moins un peu. (...)
Je pars sans haine vis-à-vis de qui que ce soit. J'ai seulement d'immenses regrets pour mon épouse et mes enfants de les abandonner. Je crois qu'ils avaient encore besoin de moi. Puissent-ils un jour me pardonner …
Je vous les confie, à vous, celles et ceux qui m'ont apprécié seulement pour ce que je pense avoir été : un homme droit, honnête et sincère, avec tous mes défauts et mes quelques qualités, mais avec des convictions, certes pas toujours dans le "politiquement correct", mais qui était capable de les assumer sans avoir à baisser les yeux. (...)
Je m'appelais Thierry Hainaut, et j'aurais eu 52 ans le 31 mai 2012."
Bonsoir Olibus , je suis cadre dans cette CPAM , je me relève tant bien que mal d'une situation ou j'ai moi même été victime de la souffrance au travail pendant un an et demi ! cette hiérarchie tyrannique n'avait aucun état d'âme , de façon très insidieuse elle tentait de me prouver que j'étais incompétente , allant même jusqu'à me manquer de respect devant d'autre collègues cadres !!! aucune reconnaissance du travail accompli qu'elle soit financière ou verbale , j'allais au travail avec la peur au ventre le matin , je serrai les dents pour ne pas m'écrouler devant les agents que je manageais , et puis à terme on s'écroule parce que ce mépris vous tue à petit feu ! arrêt de travail pendant plusieurs mois puis reprise avec une visite chez le médecin du travail , mais malheureusement ce sont des visites de routine ........aucun impact . Quant au ressources humaines elle n'en a que le Nom ! pas de compassion pour les personnes qui subissent de tels drames , à votre retour au travail , on vous colle dans un placard sans se soucier un minimum des conditions dans lesquels vous exercez votre activité !! vous êtes exempté de toutes réunions de travail , aucun retour sur le travail fourni , on vous laisse pourrir dans un coin !!! alors dans ce contexte , vous tenez debout sans rien dire à personne .Peu importe si vous souffrez ! l'essentiel étant pour ces énarques de ne jamais se plaindre et de garder sa dignité . Et les collègues , s'éloignent un peu de vous par crainte qu....
j'ai été mis au placard, humilié, rabaissé et ma direction n'a rien fait. La médecine du travail, informée, m'a dit de laisser tomber car un employé n'est rien face à une direction qui se transforme en rouleau compresseur si vous avez le malheur de tenter de vous défendre. Le pire, c'est les collègues qui vous laissent tomber, par peur, ou parce que la situation les fait jubiler. Vos collègues se comportent alors comme des moins que rien, faisant ainsi le jeu d'une direction qui ne sait même pas diriger.
Je suis militant syndical et j'ai eu écho de 2 suicides dans une autre CPAM sans pour autant que l'on puisse établir que ces derniers soient liés au travail.
Pour autant, les pressions subis par les salariés pour plus de productivité (vous avez dit service public ?? !!), la dégradation des conditions de travail dans les organismes de sécurité sociale
( faire toujours plus avec de moins en moins de personnel), les réorganisations passées (départementalisations) et à venir (mutualisation des tâches notamment)
font malheureusement penser à ce qui a été fait chez France Télécom/Orange.
En plus, lorsque l'on a affaire dans certains organismes (pour certains : la sécu ce sont les CPAM, les CAF, les URSSAF, les CARSAT ex CRAM) à des directeurs qui, peut-être, ont oublié ou n'ont
jamais su ce qu'était un être humain, on peut craindre avec la conjugaison de tous ces paramètres que d'autres cas similaires seront à déplorer.
En ce qui concerne la possibilité de trouver un travail ailleurs, simplement rappeler qu'il y a 5 millions de chômeurs en France (et oui les chiffres officiels n'indiquent que ceux de catégorie
A) qu'il y a 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et que les licenciements se multiplient !!!
Et comme le souligne un internaute, il est difficile de faire autre chose lorsque l'on a passé toute sa vie à travailler à la Sécu (cela vaut pour bien d'autres métiers surtout eu égard à la
situation sociale exposée ci-dessus).