Philippe Bilger, un magistrat libre.
Publié le 14 Novembre 2011
Grâce à l'article que le Monde lui a consacré, j'ai pu découvrir le blog de Philippe Bilger. JUSTICE AU SINGULIER
A travers ce blog, il souhaite engager le dialogue avec ses concitoyens sur les problèmes de justice et de société.
Dans son dernier article, il revient sur le lynchage du camarade POUTOU pas Ruquier et ses invités sur le plateau de On n'est pas couché. Je l'ai vue, je n'en ai pas parlé, les mots m'ont manqué. Ruquier a été plus qu'odieux, et ses invités des chacals bouffant ses restes. Et puis dans l'émission de la semaine dernière, il présente l'arbre généalogique de Marine Le Pen sur une croix gammée. Là, il râcle les fonds de ses cabinets. Madame Le Pen a bien sûr porté plainte. Vraiment, Ruquier sans Zemmour et Naulleau, c'est de la merde. Les deux chroniqueurs lui volaient la vedette, le voici à présent seul aux commandes, ingnoble comme une vieille tante aigrie. On n'a pas encore tout vu, je pense. Ses heures d'émission devraient être décomptées du temps de parole du PS. Bref... Revenons à nos moutons. Je vous laisse avec Philippe Bilger.
Qu'on se rassure : je ne viens pas, comme un ouvrier de la vingt-cinquième heure, me porter au secours de l'ouvrier Philippe Poutou, candidat du NPA pour l'élection présidentielle. A force de m'entendre conseiller de regarder la honteuse prestation de Laurent Ruquier et de l'équipe gloussante qui l'entourait, j'ai tout de même décidé d'aller constater de plus près le traitement qui avait été réservé à Philippe Poutou. Je me sens d'autant moins en retard que j'ai été le premier, me semble-t-il, qui a consacré un billet félicitant le NPA d'avoir choisi un ouvrier pour le représenter en 2012, sous ce titre, le 17 juillet 2011 : "Qui est Philippe Poutou ?" J'étais heureux que la caste des arrogants en politique soit troublée par un modeste, même porteur d'une idéologie extrême et dangereuse. Qu'il y ait enfin quelqu'un qui ne soit pas du même monde.
Je ne regrette pas d'avoir pris connaissance de ce grand moment d'ignominie médiatique où le pire s'est accompli au détriment d'un brave (ce terme n'est pas condescendant mais gratifiant) homme égaré dans cet univers qui permet à des médiocres d'user d'une supériorité technique pour, en définitive, se faire valoir en humiliant. Il y a déjà eu sur ces séquences de remarquables analyses, en particulier celles de Daniel Schneidermann (Libération) et de Bruno Roger-Petit (nouvelobs.com). Il n'empêche que ce qui s'est passé là, au cours de cette soirée, autorise d'autres développements tant la qualité et l'intensité du mépris ont été éclatantes.
Philippe Poutou, il est vrai, a été un "punching-ball" rêvé pour ces courageux de l'écran dont le cran - pensons à d'autres circonstances et à d'autres personnalités - n'a jamais été la vertu principale. Sa candeur, sa sincérité, son sourire gentil cachant mal un infini malaise, une timidité que vaillamment il cherchait sans succès à combattre, son histoire, sa simplicité, tout conspirait à donner à Laurent Ruquier un lamentable terrain de jeu où tout enivré, encore plus que d'habitude, de profusion verbale et de sourire narcissique, il a "cassé" du Poutou en faisant semblant de l'estimer et de l'apprécier. SUITE ICI