Identité nationale, what is it ?
Publié le 2 Novembre 2009
J'ai foncièrement laissé passer les nouvelles ces derniers temps, histoire de les voir s'allonger puis se désintégrer comme des bandes de brumes séchées par le soleil. Je les ai vu d'en bas, d'en haut, et j'ai écouté leur bruit, senti leur odeur, attendu qu'elles disparaissent ou s'enracinent, qu'elles germent. Je n'ai rien gobé bien sûr, rien goûté.
J'ai entendu parler d'identité nationale. Cela a l'air de faire plaisir aux mirontons du gouvernement. Je ne sais pas ce que c'est que "l'identité nationale". Alors j'ai écouté pour voir si je pouvais puiser une idée à droite à gauche afin de me faire la mienne. Il paraît que l'identité nationale, c'est le drapeau, la langue, l'hymne national. Ah ? Là, je suis scotchée.
Je suis française et fière de l'être mais ce n'est ni pour le drapeau, ni pour l'hymne, peut être un peu pour la langue car j'aime bien la manier, la faire belle sous ma plume, la laisser galoper parfois jusqu'à ce qu'elle me perde et que je me raccroche à un point d'interrogation.
Je suis française parce que c'est en France que je suis née et que j'ai grandi, certes. Parce que j'y suis restée, me suis laissée séduire. Je n'ai donc pas choisi la France, c'est elle qui m'a choisie et il est vrai que j'en suis honorée.
La France est belle par sa diversité, belle par la richesse de ses régions, belle par son histoire, belle par ses coutumes, belle par son ouverture au Monde. Belle et bien trempée, carrefour des civilisations depuis la nuit des temps. Pèle-mêle de peuples passants au vif désir de se l'approprier ou de lui ajouter un peu de panache.
Oui, la France est belle parce qu'elle n'a jamais vécu repliée sur elle-même. Son peuple est issu de tous les peuples du Nord, du Sud et de l'Est. Population conquérante, curieuse, éveillée à la connaissance. Les français, ceux qui le sont devenus, sont venus avec cette soif de découverte, de donner et de se nourrir de l'histoire, de se l'accaparer et d'y apporter son ingrédient, épices multicolores, cuisine, tradition. La cuisine française est universelle et elle ne cesse d'aller s'enrichir ailleurs.
Aujourd'hui, ce qui me choque, c'est que le boss aux petites jambes montées sur talonnettes a créé un ministère de l'identité nationale et.... de l'immigration. Pour ce fils d'immigré, l'identité nationale doit passer par le repli sur soi. Mais qu'est-ce que le peuple français ? Non, pas les francs qui nous ont donné le pays France, qui étaient germains en fait. Gaulois alors ? Boh, combien aujourd'hui descendent de nos hordes de valeureux gaulois ? Peu, évidemment ! Et s'il n'y avait pas eu tous ces mélanges au fil des temps, sûr que la France ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Et le France dépérira si elle est coupée de ce qui la nourrit depuis des siècles. Métisse, la France est, et c'est pour ça qu'elle est belle et que ses connaissances sont multiples. Ouverte sur le Monde, curieuse et insatiable, c'est ainsi qu'elle doit rester.
Carrefour des peuples, la France n'a jamais perdue son identité au fil des siècles, elle risque de la perdre en se repliant sur elle-même.
Alors pour moi, l'identité nationale, c'est tout simplement la FRANCE. La France telle que nous l'avons héritée de nos pères.
Alors attention, ne pas confondre identité nationale et immigration, cela n'a strictement rien à voir. Jusqu'aux régionales, le gouvernement va pourtant tout faire pour nous tricoter une similitude. Et comme les gens sont dans la merde, il faut bien qu'ils trouvent un responsable. L'Etat lui fait cadeau de.... l'immigré ! Et quand il parle d'immigré, il parle des habitants des banlieues qui sont français depuis trois générations, qui parlent couramment le français, qui vivent selon des coutumes françaises. Même s'ils n'ont pas tous une carte d'identité française, ils pensent français. Ce qui les différencie ? Le niveau de vie....
La définition du mot banlieue devrait être plutôt celle de ghetto, ainsi on éviterait de faire des amalgames.
La violence ne vient pas de l'immigré mais de la pauvreté, de l'inégalité, de l'injustice. Tout être humain rétrogradé, humilié, déshonoré devient violent, ou bien il s'écrase et il se perd.
La France n'est pas le Pays des nounours roses. Elle n'a pas vocation à aplanir les difficultés, à rendre les gens égaux socialement mais juste égaux en droits.
Le raccourci entre l'identité nationale et l'immigration est dangereux. Je suis fière d'être française mais je ne me vois pas idolâtrer la Nation. Bien évidemment, on est passé d'une culture de respect pour la patrie à une ignorance totale de ses valeurs. En supprimant le service militaire par exemple, en supprimant l'instruction civique. Ce n'est donc pas à "ayant chacun un petit drapeau français" sous son toit ou en chantant la Marseillaise tous les matins qu'on ressentira au fond de l'âme de l'amour pour la France. Mais en apprenant à la respecter comme on doit se respecter, respecter les siens et chaque homme vivant sur terre dans la dignité.
L'identité nationale est finalement l'ouverture d'un débat étriqué. ouvrant sa fenêtre sur le racisme. Il serait plus pertinent de parler des valeurs humaines, des droits de l'Homme et du citoyen. Car c'est un débat universel qu'il est temps d'ouvrir si nous voulons sauver notre espèce humaine.