C'est quand même pas le pied.
Publié le 29 Mars 2010
La gueguerre entre Guillon et Besson continue. Ca occupe les médias. La semaine dernière, c'est Zemmour qui faisait l'objet d'un buzz médiatique pour une vérité énoncée. Ca les occupe. Peu avant, c'était Frêche qu'on mettait en vedette pour avoir dit que Fabius n'avait pas une tête très catholique. En fait, comme les politiques, les médias disent mais ne parlent pas. Ils n'ont rien à raconter. C'est vrai que Volvo qui avait déjà été vendu à Ford et qui passe entre les mains de la Chine, ce n'est pas important. Pas important non plus que la plupart des grossistes en vêtements de Marseille soient à présent chinois. Pas important non plus qu'on ne parvienne pas en France à trouver 20 millions d'euros pour construire la voiture électrique. Pas important que l'Etat ait filé tant de blé aux constructeurs automobiles français qui s'en vont construire leurs voitures ailleurs et ne laissent en France que le haut de gamme que personne ne peut acheter mais qui est largement subventionné par l'Etat. 20 millions pour la petite voiture électrique. 35 milliards d'exénoration fiscale accordées aux entreprises en 2009.
Je rappelle qu'on peut se procurer le rapport annuel de la Cour des Comptes ICI
On peut malheureusement déplorer l'absence de pouvoir de la Cour des Comptes.
5500 euros par tête, c'est le coût d'un repas, par tête de pipe, offert par l'Elysée à ses illustres invités.
460 euros par mois, c'est le montant du RSA, non déduit la part d'allocation logement, ce qui fait en réalité 400 euros, pour le cinquantenaire qui a travaillé toute sa vie et qui n'a pas demandé à se retrouver au chômage. J'ai vu samedi le témoignage de Alain Forlin, chômeur de 54 ans. Cet homme représente une grande partie des cinquantenaires, comme lui, client du Pôle Emploi, et comme lui, stigmatisés pas ceusses qui travaillent, comme dirait ma copine Charlotte. Car ceusses qui travaillent ont aujourd'hui un regard méprisant sur ceusses qui ne travaillent pas. Ceusses qui travaillent, même si dans la phrase d'après ils se plaignent de harcèlement, exploitation, mort à petit feu dans leur travail de merde, n'en sont pas moins attachés à leur boulot d'esclave.
Bref. Monsieur Forlin a commencé sa carrière dans les années 70 après avoir fait son service militaire. C'était le temps où on pouvait tout se permettre, même de claquer la porte de sa boite. On savait que le lendemain on retrouvait du boulot. On savait qu'on pouvait monter sa propre entreprise. Forlin a souvent pris des risques, changeant d'entreprise afin d'évoluer. Il a gagné de nombreux challenges. Dans les années 80, il gagnait dans les 50 000 balles par mois. Il consommait, avait fondé une famille. Bref, tout allait bien. Et puis ce furent les années 90. La Crise, elle n'est pas là depuis deux ans, faut arrêter de nous conter des sornettes et de marcher dans le Jeu de Sarko pour brouiller les pistes et masquer son incompétence notoire. Dans les années 90, on sent l'effet Mittérand. Les entreprises n'en peuvent plus, certaines lâchent. Les patrons et cadres se retrouvent sur le marché de l'emploi. Après un bref passage à l'ANPE Alain Forlin rebondit, accepte un salaire moitié moindre. Et puis ce sont les années 2000. Et ensuite le nouveau siècle. Forlin ne le sait pas encore, mais il est déjà un vieux ! Il se retrouve au chômage, perd sa femme, accepte des formations à la con. qui permettent aux conseillers ANPE de ne pas se faire griller. Il a encore espoir de rebondir comme au bon vieux temps. Cela fait bien longtemps qu'il s'est fait une raison et ne croit plus qu'il va exercer le métier qu'il aime, mais même le "n'importe quoi" ne veut pas de lui. Alors aujourd'hui, il se retrouve au RSA. Voilà. Il ne bouffe qu'une fois par jour. Il a honte. Honte surtout d'apparaître comme un homme fini devant ses enfants. Et après ça, Sarko ira enfoncer le clou en vociférant en tribune sa haine pour ceusses qui ne se lèvent pas tôt le matin. Si vous saviez Monsieur Sarko, que ceux qui ne se lèvent pas tôt le matin sont sans doute réveillés avant vous car ils ne dorment plus du tout !
C'est quand même pas le pied, hein ? Sarko a de nombreux alliés en France, tous ceusses qui acceptent d'être des esclaves pour des patrons qui les traitent comme des Kleenex. Tous ceux là condamnent les Autres, ceux qui ne travaillent pas mais voudraient bien s'en sortir. en faisant valoir leurs multiples compétences. Ils ne manquent pas de courage, mais aujourd'hui, on ne prend que les porteurs de bidon. Et ils sont légions à vouloir se rattacher à la grande chaîne du travail à la con. Et ils font presque dans le bénévolat, benêts qu'ils sont, à grossir les bourses des nantis tout en serrant les fesses parce qu'ils ont la trouille de se faire débarquer au grè des humeurs de la direction.
Dans la catégorie de ceusses qui travaillent, vous avez les méprisants qui se gargarisent d'avoir un boulot et sont fiers de se faire fouetter tous les matins. Et il y a ceusses qui se plaignent sans arrêt de ne pouvoir joindre les deux bouts, et ils le font en particulier devant ceux qui n'ont que 460 euros pour vivre.
Mais les boites ferment à tour de bras et ceussent qui ne travaillent pas vont bientôt se retrouver plus nombreux que les autres. Ce ne sera alors plus la peine de parler de Réforme des retraites ! Car cette dernière lubie est elle aussi cocasse. On veut faire plaisir à la majorité vieillissante qui frise l'apoplexie. Les retraites d'ajourd'hui sont payées avec les cotisations d'aujourd'hui. Cela se sert pas à grand chose de discuter sur ce que sera demain, personne ne le sait. Mais ça fait qu'on s'occupe là-haut. Notez bien, les politiques élus le sont parce qu'ils disent mieux que les autres des conneries aux riverains, pas parce qu'ils ont des convictions politiques.
C'est un lundi au soleil quand même...