Hadopi 2, l'emprunt national qui ne sera pas remboursé !
Publié le 30 Juin 2009
Ils sont déjà en train de se frotter les pognes, et se promettent de belles teufs. Vaillants et concernés, ils se sont penchés sur la solution finale, suite à la censure du conseil constitutionnel. Faut du rendement, faut du rendement. C'était le leitmotiv répété à tous les étages. Les têtes baissées sur leurs ordinateurs, tous derrière leur bureau se creusaient la cervelle pour détourner la décision du conseil constitutionnel. Ils ont fini pas sortir un texte de rajout tiré par les cheveux. Ce sera l'Hadopi qui montera des dossiers contre des internautes dits délinquants et les remettra aux juges qui rendront leur verdict sous la forme de jugement simple. C'est-à-dire qu'ils adopteront la conclusion prônée par Hadopi. Une fantastique mascarade donc, un foutage de gueule de plus à l'encontre du citoyen devenu con par principe dans l'esprit des gouvernants. Des amendes massues, minimum 1500 euros, des peines de prisons, des fermetures de contrat d'abonnement. Ils espèrent ainsi faire passer 50 000 coupures par an. Les juges travailleront à la chaîne, l'internaute piraté sera condamné. L'état espère ainsi amasser un bon petit pactole. En effet, si on se base sur l'amende minimum pour 50 000 dossiers/an, on arrive quand même à 75 millions d'euros dans la cagnotte. Celle-ci ne sera pas remise en jeu au prochain tour !
L'Etat n'est pas partisan de la Culture pour tous, mais, plutôt pour la Culture vache à lait, s'inspirant ainsi de la politique de l'industrie du Disque.
De son côté, le très célèbre Pascal Nègre, se frotte aussi les mains. Il croit que le fait de livrer Internet à la police et de diriger les français à coups de trique, lui fera gagner un maximum d'argent. Il se dit persuadé que les téléchargements légaux vont être multipliés par trois et même par quatre !!! C'est dire s'il se fait des illusions !
Je reprends l'article de PC Impact, plutôt révélateur, un sur l'état des ventes de disques dans le Monde, on constatera qu'elles n'ont jamais été aussi florissantes, deux sur la façon de penser de P. Nègre :
On se rappellera qu'il s'est officiellement vendu 1,4 milliard de singles (+24 %) à travers le monde l'année dernière selon l'IFPI, et quelques dizaines de millions d'albums (+37 %), pour un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars (+25 %), soit 20 % du marché total.
La France n'a que peu participé à ces résultats, avec seulement 25,5 millions de singles et 1,4 million d'albums. Le marché français a néanmoins réalisé la plus forte croissance (+49 %) des grands pays de la musique numériques, à savoir les USA, le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France donc. La musique numérique n'a d'ailleurs représenté lors du premier semestre 2008 que 12 % des revenus totaux de la musique, contre 39 % pour les États-Unis, 19 % pour le Japon, 16 % pour le Royaume-Uni, et 9 % pour l'Allemagne.
Si l'on en croit Pascal Nègre, il devrait donc se vendre à court ou moyen terme entre 75 et 100 millions de singles sur la toile (ou sur les téléphones portables) uniquement dans l'Hexagone, soit un chiffre proche du Royaume-Uni (110 millions de singles écoulés en 2008).
Hors Hadopi, notons tout de même que de tels résultats pourraient bien être atteints uniquement grâce à la disparition des DRM, les offres agressives d'Amazon MP3 France et de la Fnac, ou encore les offres Lossless de Qobuz.
Enfin, rappelons que la semaine dernière, Pascal Nègre a jugé la loi Hadopi 2 de la façon suivante : « Clairement, ça peut être efficace. Et à partir du moment où c'est du pénal, c'est sur votre casier judiciaire : c'est dissuasif ».
Les vieux briscards de l'Industrie du disque croient qu'ils ont trouvé la source de Jouvence et qu'ils repartiront de plus belle racketter artistes et consommateurs. Mais comme le cerveau humain évolue, sa manière de consommer de la musique évolue aussi. Il n'est plus désormais courant chez les jeunes d'écouter des CD entiers. Ayant pris l'habitude d'écouter de la musique sur IPOD, que je considère comme une radio à la carte, ils s'offrent une diversité incroyable dans ce melting pot de titres. La technologie ne reviendra pas en arrière, plus jamais on n'écoutera la musique de la même manière, de même qu'on ne consomme plus non plus les films comme avant. La Culture s'est démocratisée grâce à Internet, elle ne redeviendra pas le privilège de l'élite. Le "prix" de l'oeuvre se devait lui aussi d'être plus raisonnable. La grande demande des jeunes dépeint le nouveau paysage musical : désormais, il y aura beaucoup plus d'artistes et moins de milliardaires parmi eux. Chacun pourra, je l'espère, vivre de son art. C'est tout ce que nous demandons. La célébrité n'est malheureusement pas au service du talent, mais de l'égo. Et puis, dans notre Monde, être célèbre n'est finalement pas vraiment une situation enviable car il faut lui sacrifier beaucoup et en particulier son intégrité, sa dignité bien souvent.
Gardons donc le fil, ne le laissons pas tomber dans la paresse de jours trop chauds. Suivons les débats, n'hésitons pas à nous connecter sur les médias Internet, les associations, les collectifs.... Internet est un terrain où peut s'exerce la solidarité, où nous pouvons reprendre les rênes de notre destinée.