Mes premiers pas en permaculture
Publié le 14 Septembre 2022
Il n'y a rien de sensationnel dans cet article et dans ceux qui suivent sur ce sujet. Il s'agit juste de faire par de mon expérience. Dans la permaculture, on s'aperçoit rapidement qu'il n'y a rien de déterminé, rien de figé. Chaque jour est une nouvelle découverte. Il faut juste rester "souple" et à l'écoute de la nature, sans a priori.
Modestement, j’ai donc commencé à transformer un terrain dont le sol est dur comme du béton, où poussent quantité de mauves, de menthes et de sauges sauvages, en potager. On appelle ça la permaculture, ça fait sans doute plus intello. En bref, on reprend les bonnes vieilles méthodes de papi mamie. Quoique… Papi mamie traçaient de belles lignes bien droites dans des carrés bien ordonnés, dans un coin du jardin réservé au potager. J’ai pour ma part choisi la solution du potager ensauvagé, ornemental. Cette année étant une année d’expérimentation, tous les endroits sont essayés, sauf le côté rue (tu m’étonnes) bien qu’il soit habité par des micocouliers, chênes, et quelques frênes qui résistent encore à la maladie, et que la couche de bonne terre soit donc supérieure à la partie plus explosée au soleil.
Mais attention, qui dit ensauvagé ne signifie pas n’importe quoi. Il faut au contraire beaucoup d’organisation. Le dessin aide énormément à transcrire ce qu’on souhaite. On y décide allées, massifs, etc… C’est vraiment le premier truc à faire. Pendant deux ou trois ans, j’ai regardé ce terrain autour de la maison, me demandant ce que je pourrais bien y faire. je ne savais pas par où commencer. Le livre de Damien Dekarz que ma fille m’a offert a tout déclenché. Mon jardin a pris naissance sur le papier donc, même si ensuite, on ne suit pas exactement le schéma. L’essentiel est de se lancer.
Et nous voici en train de planter des petits piquets qu’on relie par de la corde blanche ou bleue afin de tracer les allées. On part d’un terrain nu que les locataires n’ont jamais entretenu. Le fait de définir les allées permet aussi de marcher toujours au même endroit, évitant ainsi de tasser la terre déjà suffisamment compacte.
Une fois ce travail effectué, on a commencé le paillage. Nous vivons dans une région très chaude, le sud de la France. Le soleil ardent détruit les bactéries et autres bestioles qui maintiennent la vie dans le sol. C’est pourquoi il y a beaucoup plus d’humus dans les coins ombragés et dans les forêts. Bref. Tenir compte du fait que le soleil change de trajectoire au fil des jours et des saisons. Nous avons la chance d’avoir d’énormes micocouliers du champ voisin qui nous donnent donc une bonne quantité d’ombre à certaines heures et laissent passer le soleil lorsqu’il est plus à l’horizon. Situation idéale, en théorie, car bien entendu, lorsqu’il fait 40° pendant trois mois, on désespère de sauver la moindre culture. C’est sans compter sur la pugnacité innée de la nature.
Sur un terrain sans ombre, il faut donc prévoir de planter arbustes, buissons, massifs, à l’automne qui donneront leur part d’ombre et protègeront les cultures des coups de vent. Ces plantations pourront aussi servir de tuteurs pour certaines plantes telles que tomates, haricots, concombres, etc… Dans le sud, on plante plutôt à l’automne, ce qui permet aux nouvelles plantations de bénéficier d’un climat doux et de… pluie !
/image%2F0743847%2F20220914%2Fob_af3731_fullsizeoutput-152b.jpeg)
Culture en butte
Je vous l’avoue, le terrain étant trop compact par endroits pour espérer y faire des trous, on a choisi d’ajouter de la terre, du compost, et autres branches, cartons, etc… On a aussi trois carrés dans lesquels on a mis du terreau acheté à la tonne. Cette année, on en a fait rentrer deux tonnes. C’est beaucoup moins cher que les sacs qu’on trouve en jardinerie et qui sont souvent trop chargés en tourbe.
Donc on teste la culture en pots, en butte, et quand même en pleine terre avec ajout de terreau et d’or brun. On a également un compost où l’on met absolument tous nos déchets ménagers, y compris agrumes, viandes, etc… Tout est bon pour le compost ! Nous sommes dans la catégorie zéro déchet ménager, tout part dans le compost. Je vous parlais du carton tout à l’heure. Oui, on met du carton sous la paille. Le carton se désagrège très bien. Et dans un premier temps il ralentit la progression des fourmis. Ah les fourmis, notre terrain est une mégapole de fourmis. Normal, c’est un terrain calcaire.
Nous avons également 4 bacs de récupération d’eau de pluie, ce qui nous fait 1000 litres de réserve, ce qui est peu dans notre région, mais pas rien non plus. Arroser avec parcimonie, habituer les graines au rigueur du climat. C’est pourquoi il est vraiment important de faire ses propres semences, mais on reviendra sur le sujet. Pour éviter l’eau de pluie récoltée deviennent une pouponnière pour nos chers moustiques, on y ajoute du vinaigre blanc et du nigari… C’est bon pour les plantes, pas de soucis…
Voilà, j’arrête pour aujourd’hui. Bien évidemment, je n’ai pas la prétention de donner des conseils. En tant que débutante, je vous simplement part du résultat de mes explorations.
Je vous remercie de m’avoir lue, et vous souhaite de trouver, vous aussi, votre lieu de plénitude, ou une activité, quelque chose qui vous remet en accord avec vous-mêmes., qui vous donne de la hauteur et vous permet de voir les choses avec du recul. Ainsi le monde ira mieux. La vie est belle dans la mesure où on décide de vivre et non d’exister, de subir, et de haïr.
Et tandis que je termine ces quelques lignes, l’orage éclate. On l’a attendu, celui-là, comme les autres, si rares cette année. Le premier orage après des mois de sécheresse a aussitôt reverdi les champs brunis par le soleil autour de chez nous. Ce tapis d’herbe est un enchantement. La nature est merveille et ne cesse jamais d’honorer la vie. Elle ne cesse de la porter, de la glorifier et nous montre que quelles que soient les difficultés, c’est toujours la vie qui l’emporte. Parce que la nature est la vie.
Iza