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La plume dans l'kawa

réflexions - réactions - humeurs -


Une fois élu, Hollande ne sera socialiste que si nous l'obligeons à le devenir !

Publié par plume de cib sur 24 Février 2012, 14:02pm

Catégories : #POLITIQUE INTERIEURE

Ceux qui croient qu'une fois Hollande élu, tous les problèmes vont se régler, se trompent certainement. Hollande est un européen fanatique et si on ne le bouscule pas, il fera comme Sarkozy, il continuera à lier la France à l'Allemagne, il continuera à casser du social, et se cachera derrière la mondialisation pour expliquer notre chute inévitable. Si Hollande est élu, nous devons donc d'ores et déjà nous préparer à descendre dans la rue. L'Histoire se réécrie sans cesse. A nous de le savoir et d'en tirer les leçons.

 

François Hollande sera-t-il Léon Blum ?

Mai 1936, en France.

Les élections législatives portent au pouvoir le Front Populaire. Communistes, Socialistes et Radicaux qui se sont rapprochés depuis le 6 février 1934 en réaction à la pression fasciste et antidémocratique des Ligues sont élus sur un programme à la fois pacifiste, réformiste et libéral. Léon Blum, chef de la SFIO, prend alors la tête d'un gouvernement d'influence pourtant plus radicale que socialiste, et privés des communistes qui ont finalement décidé de ne pas participer. Outre une réforme annoncée de la Banque de France, aux mains des « 200 familles », une politique de grands travaux ou encore la « réduction du temps de travail hebdomadaire », le Front Populaire à son arrivée n'est certes pas révolutionnaire ; il n'est pas non plus fixé sur ses capacités réelles d'action. « Le Pain, La Paix, La Liberté » voilà pour le slogan ; quant aux mesures annoncées, elles devront avant tout répondre, et au plus vite, à la crise économique qui a frappé la France en 1931. En définitive, bien plus que la volonté idéologique de s'immiscer dans l'économie, c'est l'espoir suscité par l'arrivée au pouvoir de la Gauche ainsi que les grèves qui s'en sont suivies, qui ont conduit Blum à l'action.

Le début des années 30 est marqué en France par la politique de rigueur, menée conjointement par, l'Alliance démocratique, le Parti radical et d'autres, défendue par Pierre Laval alors président du Conseil. Au programme, réduction des salaires des fonctionnaires, équilibre des comptes publics, politique du franc fort, dévaluation tardive, et récession. Un exemple si concluant qu'il inspire aujourd'hui encore les dirigeants de toute l'Europe, socialistes et libéraux dans leur course permanente à l'approbation des marchés, quitte à envisager de placer sous tutelle allemande leurs Peuples non « vertueux ».

Parmi eux, le président Nicolas Sarkozy, ouvertement « rigoriste » et pourtant si peu disert sur le vote honteux, hier après midi mardi 21 février 2012, du Mécanisme Européen de Stabilité (1), qui lie la France autant que tous les pays d'Europe à la réduction des dépenses publiques, organisée en coulisses par des technocrates et des financiers non élus. Autrefois prescrite dans une France menacée du Nord au Sud par le fascisme, la rigueur d'aujourd'hui s'impose à des sociétés pacifiées mais dépossédés de toute souveraineté et qu'il faudra bien convaincre de rester fidèle au régimes « démocratiques » qui leur serrent la vis en permanence. SUITE ICI

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naradamuni 24/02/2012 17:28


Certes, la soumission par la dette est une vieille affaire, mais la possibilité de s’en servir en matière politique à grande échelle n’a que 200 ans, je crois : ça s’appelle “le gouvernement
représentatif”, ça n’a RIEN à voir avec la démocratie, c’en est même le strict CONTRAIRE (ça prive le demos de tout cratos réel), et ça REND POSSIBLE LE CAPITALISME.


Pire : ÇA LE VERROUILLE durablement.


Autrement dit, tant qu’on n’aura pas réglé ça, tant qu’on restera dans la CAGE POLITIQUE de “l’élection parmi des candidats” (le faux “suffrage universel”), on ne sortira pas du capitalisme, qui
est bien verrouillé grâce à cette procédure géniale qui donne la quasi totalité du pouvoir politique aux riches du moment.


Et je souligne ce paradoxe étonnant que les ouvriers et employés que nous sommes, incités en cela par nos partis (et c’est peut-être ça, l’explication du paradoxe qui nous conduit à nous
emprisonner nous-mêmes dans la cage de l’élection, il faudra revenir sur ce point), nous défendons comme une vache sacrée ce faux “suffrage universel”, comme s’il était l’alpha et l’oméga de
notre émancipation et de notre liberté.


ALORS QUE, à l’évidence, nous n’avons JAMAIS, ou quasiment jamais, gagné une élection : même en 1936 (symbole remâché de “victoire électorale pour le peuple”), il n’y avait aucun proposition
sociale dans le programme de Blum et de son ministre des finances Auriol, qui avait même (comme tous ses prédécesseurs sous la IIIe) été promettre au Gouverneur de la très privée Banque de France
et également Président du Comité des Forges (MEDEF de l’époque), Auriol, donc, avait été promettre devinez quoi : Auriol avait été, comme tous les autres ÉLUS, promettre au chef des patrons et à
la fois chef des banquiers QU’IL NE MONTERAIT PAS LES SALAIRES ! Résultat miteux, sur l’essentiel, acquis par l’élection, donc.


Ce n’est que la grève générale — avec occupations d’usines dans tout le pays — à qui nous devons les congés payés et la semaine de 40 heures ; beaucoup plus qu’à l’élection.


Donc, observant que nous perdons toujours toutes les élections (et nous perdrons 2012 comme les autres, pas besoin d’être devin pour le savoir), nous les prolétaires, nous pourrions prendre acte
de ce que l’élection est RÉELLEMENT un piège à cons, une procédure PAR ESSENCE aristocratique — DONC oligarchique — qui permet aux riches, TOUJOURS ET PARTOUT, d’acheter le pouvoir politique et
d’ensuite faire écrire un droit qui leur est favorable par ceux qu’ils ont mis au pouvoir (et qu’ils remettront au pouvoir s’ils sont bien obéissants) : ça s’appelle “le capitalisme”.


Donc, les deux ont 200 ans : faux “suffrage universel” et “capitalisme”.


Coïncidence ?


Je ne crois pas, précisément, et c’est ma thèse : l’un a rendu l’autre possible.


Et les (formidables) exceptions ne doivent pas nous tromper, pour un Allende, combien de Bush ou Sarkozy ?


...


De mon point de vue, ce qui devrait être LE MARQUEUR GAUCHE/DROITE, c’est la position par rapport aux PRIVILÈGES : à gauche ceux qui cherchent à organiser une société sans privilèges (sans
concession) ; à droite ceux qui justifient de nombreux privilèges (surtout ceux des riches, naturellement).


Parmi les faux marqueurs, parmi les critères modernes (qui ont remplacé la lutte contre les privilèges), — nouveaux critères qui permettent à quelqu’un de se dire “de gauche” sans remettre en
question les plus graves privilèges du moment —, je citerai : le féminisme, l’écologie, la défense de la liberté des mœurs (trois luttes importantes, évidemment, mais axées sur des conséquences,
et pas sur des causes, des injustices sociales), l’antiracisme (réelle saloperie, mais elle aussi, conséquence plus que cause des injustices : on a plus besoin de bouc émissaire, on déteste plus
“l’étranger” quand on a manque de tout ; beaucoup moins quand personne ne manque de rien) , l’antinationalisme (haine de la nation qui est une folie tant que nous n’avons rien à mettre à la place
de la nation pour nous protéger des multinationales et des banques), et quelques autres “bons sentiments” qui ne s’en prennent plus qu’aux CONSÉQUENCES des privilèges, sans plus jamais faire de
la lutte contre les privilèges — CAUSES premières des injustices — la priorité des priorités.


Cette “fausse gauche”, qui ne s’appuie pas sur les bons critères pour cibler l’adversaire, c’est sans doute une bonne partie des causes (forcément multiples, et plus complexes, bien sûr) de notre
impuissance politique.


Et en perdant ce marqueur, selon moi, ON PERD LA POSSIBILITÉ MÊME DE VISER l’ennemi de classe : les grands privilégiés du moment. Le choix de ce marqueur est donc assez stratégique pour résister.


Je rappelle que je n’essentialise PAS “les bons” et “les méchants” : c’est l’excès (à une époque donnée) de richesses et de pouvoirs qui rend fou, et dangereux pour les autres, beaucoup plus que
la nature (bonne ou mauvaise) des gens ; et un changement de pouvoir a toutes les chances de montrer que les bons d’hier deviennent rapidement les pires salauds, et inversement.


C’est pourquoi, je n’incrimine PAS LES VICES des salauds du moment (ils vont, naturellement, jusqu’à ce qu’ils trouvent une limite, comme l’expliquait brillamment Montesquieu), je ne compte PAS
DU TOUT sur la VERTU (chimérique, théorique, idéaliste, platonicienne, optimistes, mystifiante) des acteurs, je n’attends rien d’un chef, ni d’un “sauveur”, pas plus que d’une “avant-garde
éclairée”, dont je me méfie beaucoup par principe, mais je cherche à imaginer plutôt de bonnes INSTITUTIONS (réalistes, matérialistes, pessimistes, pragmatiques), AU-DESSUS des acteurs, quels
qu’ils soient, pour affaiblir QUOTIDIENNEMENT les pouvoirs et nous protéger TOUS contre leurs abus.


Bon, je parle trop, pardon.


 


« Vous admirez les grands hommes ; je n’admire que les grandes institutions. Je crois que pour être heureux, les peuples ont moins besoin d’hommes de génie que d’hommes intègres. »
Montesquieu à Machiavel dans le deuxième dialogue aux enfers (Maurice Joly)


Étienne Chouard - 01 janvier, 2012

roland 24/02/2012 17:27


oui, c'est la tactique préconisée (et vraisemblablement déjà planifiée!) par le magazine FAKIR.


C'est sans doute le seul espoir qui reste (sauf si Asselineau gagne les élections !) il faut que ça marche. Mais les français sauront-ils être aussi actifs et "remontés" qu'en 36 ? .....

plume de cib 24/02/2012 17:57



Là est la question Roland ! A l'époque, ils avaient déjà connu la guerre, ils étaient donc "aguerris", prêts aussi à défendre leur pays, leur patrie, ce qui n'est plus le cas, car
l'individualisme est fort, sclérosant .Il ne reste plus qu'à espérer qu'en tant que père et mère, on aura le courage de protéger nos enfants. Ca c'est inné, alors....



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