Un Maire déclare sa commune "zone de protection des locataires en difficulté économique".

Publié le 16 Mars 2012

 La fin de la trêve hivernale a sonné, l'état considère que les gens n'ont plus besoin d'un toit. Alors que la loi DALO lui impose d'assurer un toit à chaque citoyen, mais aussi la Constitution Française. Ce Maire ne fait donc que se servir des lois pour prendre un arrêté afin d'interpeller le préfet mais aussi les maires de France. Comme il le dit lui-même, les gens "expulsables" ne sont pas ceux qu'on croit. Le Maire évoque entre autres cas celui de gens qui ont toujours payé leur loyer mais se retrouvent à la rue  suite à la décision du propriétaire de vendre son bien ou de le récupérer pour lui ou un membre de sa famille. Ils sont nombreux, très nombreux, ce sont pour la plupart des victimes de la loi scellier, anciennement loi Méhaignerie.

Il y a deux ans presque jour pour jour, j'ai vécu cet enfer. Un huissier frappe à ma porte et me remet un document qui m'indique la décision du propriétaire de vendre à la fin du bail, c'est-à-dire dans six mois et me prie donc de quitter les lieux. J'étais entrée dans les lieux alors que la maison n'était même pas terminée, j'y suis restée neuf ans, sans manquer un seul mois de loyer, sans un jour de retard. Et pourtant voyez-vous chers amis, je ne gagne pas trois fois le montant du loyer, j'ai des enfants à charge, pas de retraite assurée. Femme seule avec enfants, je suis dans la liste rouge des propriétaires donc. J'ai vécu six mois d'enfer, le temps s'est arrêté. je me voyais vivre dans une caravane avec mes enfants. Je n'ai essuyé que des refus. Je m'apprêtais à fournir un dossier bidonné avec fausses garanties, fausses fiches de paie et tout ça... Et heureusement pour moi, mon propriétaire passant par une agence immobilière, celle-ci me connaissant depuis neuf ans, m'a fait confiance et m'a loué une maison sans me demander un seul document ni aucune garantie. Je dois remercier aussi la propriétaire de cette nouvelle  maison qui a fait confiance à l'agent immobilier. Mais voilà, moi je suis une petite veinarde. Donc, je trouve que cette initiative du Maire de Grabels est on ne peut plus louable. Et j'aimerais qu'elle soit relayée...

 

 

Grabels Un sanctuaire pour locataires en difficulté

JEAN-PIERRE LACAN
16/03/2012, 06 h 00
"Jusqu’à présent je tentais de trouver des solutions en amont mais nos moyens sont limités. J’ai donc décidé de prendre cet arrêté pour interpeller le préfet" déclare René Revol.
"Jusqu’à présent je tentais de trouver des solutions en amont mais nos moyens sont limités. J’ai donc décidé de prendre cet arrêté pour interpeller le préfet" déclare René Revol. (© D.R)

Il a déclaré sa commune "zone de protection des locataires en difficulté économique". Il invite ensuite les services de l’État et les services sociaux de sa ville à examiner toutes les procédures d’expulsion locative pour mettre en place "une proposition alternative de relogement". Il dispose enfin qu’en l’absence d’un tel rapprochement, "toute expulsion fondée sur des raisons économiques (...) est interdite" sur le territoire communal. Bref, avec cet arrêté, pris le 13 mars, aux dernières heures de la trêve hivernale, le premier magistrat de Grabels savait qu’on parlerait de lui...

Proche de Jean-Luc Mélenchon

Plus exactement, qu’on parlerait de ce "rocher de Sisyphe" qu’est, pour tous les maires de France, la précarité face au logement. Non pas que cette précarité soit plus importante à Grabels qu’ailleurs. René Revol l’avoue : dans ce gros bourg de 6 000 habitants aux portes de Montpellier, il n’a guère que trois familles expulsables cette année mais pour cet élu, proche de Jean-Luc Mélenchon, c’est trois de trop.

"Jusqu’à présent je tentais de trouver des solutions en amont mais nos moyens sont limités. J’ai donc décidé de prendre cet arrêté pour interpeller le préfet. La loi Dalo désigne l’État comme garant du droit au logement. Il faut qu’il assume", martèle-t-il. SUITE ICI

Rédigé par plume de cib

Publié dans #LOGEMENT

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sylvie 21/03/2012 14:38


Y'a des gens bien, au PG  d'autres maires ont pris des arrêtés anti-coupures d'électricité, d'autres on repris
en régie publique leur service de l'eau… c'est un peu la révolution des maires Parti de Gauche.