Sarko va bientôt nous réinventer "Les ateliers nationaux" !

Publié le 7 Mars 2012

1848 Proclamation de la seconde République.

 

Le 21 Février 1848 ouvrent les Ateliers nationaux, idée de Louis Blanc pour tenter de calmer les chômeurs.

Les ouvriers chômeurs devaient se rendre à la mairie de leur arrondissement (Paris en compte alors 12) avec un certificat du propriétaire ou du logeur de leur garni qui garantit leur domicile à Paris ou dans le département de la Seine. Ce certificat visé par le commissaire de police du quartier était échangé contre un bulletin d'admission aux Ateliers nationaux. Mais les mairies furent vite débordées par l'afflux des chômeurs, dont le nombre passa de 6 000 le 15 mars, à 30 000 le 30 mars, puis à 64 000 le 16 avril pour culminer à 117 000 le 30 avril. Le travail susceptible de leur être fourni ne suivantt pas, et les chômeurs éconduits se révoltèrent. Aussi pour prévenir le risque de troubles, et de regroupement d'ouvriers de la même profession pouvant devenir un ferment de coalition, Emile Thomas, nommé directeur des ateliers nationaux décida rapidement de centraliser les demandes par un bureau au niveau de l'arrondissement où les chômeurs devaient se rendre à un jour fixé.

http://s3.e-monsite.com/2010/12/09/02/ateliers.gifLes Ateliers nationaux étaient organisés militairement. Le cadre du recrutement (« l'embrigadement ») était l'arrondissement administratif (12 à l'époque) à la mairie duquel les candidats à l'embauche devaient se faire inscrire. À la base se trouvait l'escouade de 11 hommes sous la responsabilité d'un escouadier (portant un brassard de laine bleu-ciel). Cinq escouades formaient la brigade commandée par un brigadier arborant un brassard frangé de rouge. Quatre brigades formaient une lieutenance de 225 hommes. Quatre lieutenances formaient une compagnie de 901 hommes. Trois compagnies étaient sous la responsabilité d'un chef de service qui dépendait d'un chef d'arrondissement, le nombre des services dépendant de l'importance de l'arrondissement. Cette organisation visait à ce que jamais plus de 10 hommes soient réunis pour le travail ou pour la paye. Les escouadiers et les brigadiers étaient élus par les membres des escouades et des brigades ; au-dessus, les chefs étaient nommés par le directeur.

Les chantiers[modifier]

Le départ pour le chantier est fixé à 6 heures et demie. Le "repas du matin" a lieu entre 9 et 10 heures et celui "du soir" entre 14 et 15 heures. Le chantier est quitté à 18 heures. La présence est vérifiée par deux appels quotidiens et toute absence est sanctionnée par une amende de 25 centimes si on ne répond pas au premier appel de la journée, et la journée n'est pas payée s'il y a absence au second appel. Pour toute absence non autorisée l'amende est de 50 centimes, et deux jours consécutifs d'absence non autorisée entraînent la radiation de l'organisation. Le simple ouvrier perçoit 2 francs par jour de travail, l'escouadier 2,50 francs, le brigadier 3 francs, le lieutenant 4 francs, les élèves de l'École Centrale 5 francs quel que soit leur grade. Comme il est impossible d'employer tous les jours les ouvriers (on estime à un jour sur quatre le travail effectif) une indemnité d'inactivité de 1,50 franc est versée, soit une réduction de 50 centimes sur la paye ordinaire. Dès le 17 mars, en raison du gonflement considérable des effectifs, on réduit encore de 50 centimes l'indemnité et la paye du dimanche est supprimée. À ce moment la livre de pain coûte en moyenne 35 centimes. Les ouvriers dans le besoin peuvent bénéficier également d'une aide procurée par le bureau de secours. Des bons de pain, de viande et de bouillon sont alloués chaque jour aux ouvriers nécessiteux. Si l'ouvrier est malade les frais d'hospitalisation sont pris en charge par le bureau et sa femme et ses enfants sont secourus à leur domicile. En cas d'accident du travail, la famille perçoit le montant de l'indemnité d'inactivité. Les Ateliers nationaux disposent d'un bureau médical formé de douze médecins que l'on peut consulter et qui font des visites à domicile.

Les Ateliers nationaux prennent en charge divers chantiers. Le travail fourni n'est pas obligatoirement celui de la qualification de l'ouvrier chômeur, la plupart n'étant ni terrassiers ni ouvriers du bâtiment. Une enquête du 19 mai 1848, recense 216 professions différentes parmi eux, dont beaucoup d'artisans, la grande spécialité parisienne (bijoutiers, serruriers, ciseleurs sur bronze, ébénistes...). Selon la déposition d'Émile Thomas devant la commission d'enquête créée après leur dissolution, à la fin de leur fonctionnement, on peut penser que sur 115 000 hommes, 70 000 appartenaient à une profession en rapport avec le bâtiment, et de 10 à 15 000 n'avaient aucune profession déclarée. Les autres exerçaient différentes profession, certaines en rapport avec l'industrie du luxe (bijouterie, travail du bronze, "articles de Paris")1. On emploie ces ouvriers surtout dans les travaux publics. Le nivellement de la Place de l'Europe (près de la gare Saint-Lazare) est leur œuvre. Ils participent aux travaux des compagnies privées de chemin de fer : le prolongement de la ligne de Sceaux vers Orsay, le creusement de la tranchée de Clamart ; ils assurent des travaux sur la ligne de Paris à Versailles et préparent le terrassement de la future gare des chemins de fer de l'Ouest. Mais le travail manque pour occuper une main d'œuvre aussi abondante. Aussi voit-on les ouvriers dessoucher les arbres abattus pendant les évènements de février pour les remplacer par de nouveaux arbres provenant des pépinières nationales. Cependant beaucoup de chômeurs restent désœuvrés.

 

Rédigé par plume de cib

Publié dans #SOCIETE

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