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La plume dans l'kawa

réflexions - réactions - humeurs -


Sarko fait le camelot, au boulot, on se suicide ! Thierry Hainaut, victime de la CPAM

Publié par plume de cib sur 2 Mars 2012, 08:27am

Catégories : #SOCIETE

Cela nous concerne tous. La mort de Thierry Hainaut met en avant les conditions de travail à la CPAM, proches de l'abattage. Un service public en passe d'être privatisé. AGISSONS !

Voilà. triste nouvelle encore et encore. Le suicide de Thierry Hainaut à la CPAM de Beziers, une victime de plus à accrocher au tableau des chasseurs de profits. Tandis qu'à Montpellier Sarko tente de faire croire aux enseignants qu'ils doivent travailler plus pour gagner 500 euros de plus à la fin du mois, un homme jette l'éponge à la CPAM à quelques kilomètres de la capitale languedocienne.  Sarko le camelot estime que les enseignants seraient mieux payés s'ils étaient moins nombreux. Outre le fait que c'est une vérité de la Palisse, il y a la réalité. Quarante élèves par classe dans le privé, ça ne suffit pas ? Il faut des cheptels de 1000 bêtes dans chaque classe peut-être. Le prof. donnerait ses cours avec un porte-voix. L'école tournerait 24/24, en équipes qui feraient les trois huit. A la fin des cours, les plus faibles seraient piétinés par les plus forts. On appellerait ça la sélection naturelle. Ce serait marrant non ? Enfin, on en entend des vertes et des pas mûres comme dirait ma grand-mère. Se sacrifier ? pour qui pour quoi ? Pour avoir un peu plus de fric à la fin du mois ? Est-ce que votre vie  a un prix ?

Enfin ! Pour la première fois, Sarko, hué, sifflé, bousculé par un millier de jeunes bayonnais, s'est réfugié dans un bar à Bayonne où il a été libéré par les CRS. Un coup de Hollande, il a décrété le président. Un peu comme Montebourg la veille qui décide que des jeunes alcoolisés ont été envoyés par Le Pen pour l'emmerder à la sortir de son resto du XVIème. Les raccourcis sont faciles mais ils ne convainquent que ceux qui les font. Sarko ne veut toujours pas admettre qu'on en a ras-le-bol de sa gueule. On n'a pas besoin d'être commandités par Hollande pour le ressentir. Coup de chapeau aux jeunes bayonnais qui ont su profiter d'une faille du service de sécurité du candidat Sarkozy. Les cars de mémés ne sont sans doute pas arrivés à temps pour faire la claque à leur champion imposé ! Le voilà tout maigre jeté en pâture au milieu du vrai peuple ! Wouaf  ! Ah ça change du yacht à Bolloré ! C'est plus caustique !

Trève de plaisanterie, je vous parlais de Thierry Hainaut. Personne ne le connaissait avant qu'il se suicide. Plus que je ne pourrais en dire, voici la lettre qu'il a laissée, qu'il a envoyée à de nombreux employés de la CPAM, pour que son geste serve à quelque chose. Je vous la transmets, espérant qu'elle fera le tour du WEB. Pourquoi cela nous concerne ? Parce que la CPAM, après les nombreuses compressions et modifications est en passe d'être privatisée comme les autres services publics. Le geste de Thierry Hainaut, à quelques semaines des élections nous incite à une vigilance particulière. Nous devons choisir le candidat qui nous garantira un service public pour tous, et non pas pour les riches. Je vous engage aussi à lire les très nombreux commentaires déposés à la suite des articles du Midi Libre. Ce sont pour la plupart des témoignages de gens qui travaillent ou ont travaillé à la CPAM. Tous le même cri d'alarme !

 

Béziers Suicide d'un agent de la CPAM : un mail bouleversant et accablant sa direction

Midilibre.fr
01/03/2012, 11 h 59 | Mis à jour le 01/03/2012, 14 h 45

Voici des extraits du mail envoyé par Thierry Hainaut, employé de la CPAM de Béziers qui s'est suicidé par pendaison hier soir sur son lieu de travail. Avant son geste, il aurait adressé ce mail intitulé "Adieu..." vers 20h33 à sa direction, son entourage, ses collègues, et d'autres représentants de l'entreprise ou le député Elie Aboud. Voici des extraits de sa lettre :

"Bonsoir,

Nous sommes le 29 février 2012. Il est 20 heures 15. Si vous lisez ce mail, c'est que je vous ai quittés, définitivement. (...)

J'ai tenu à vous informer de mon geste, car il est la conséquence directe de l'enfer psychologique que je vis au quotidien depuis 2 ans, que j'ai pourtant essayé de surmonter, de toutes mes forces, pour mon épouse et mes enfants, mais qu'aujourd'hui je n'arrive plus à assumer.

Certes, en mettant fin ce soir à mes tortures et angoisses de chaque jour, je règle mon problème. Mais il était de mon devoir de faire en sorte que cela puisse servir (peut-être …) à toutes celles et à tous ceux qui pourraient être dans ma situation, pour leur éviter d'en arriver là où je suis. C'est la raison de ce message.

Ma vie professionnelle m'a beaucoup gâté. Ayant commencé à travailler à la CPAM de Béziers en 1980 comme fichiste, j'ai eu la chance de pouvoir montrer que j'étais capable de faire des choses a priori intéressantes, puisque j'ai gravi un à un les échelons jusqu'au poste de cadre niveau 9 au bout de 29 ans de carrière.

Et puis il y a eu cette fusion des CPAM de Béziers et de Montpellier, qui a fait que depuis deux ans, je me traîne misérablement dans ce qu'on appelle communément un "placard". Je ne peux plus supporter qu'on me laisse crever lentement sans même avoir pris la peine d'écouter mes appels au secours ni de m'expliquer pourquoi."

Dans ces mots, il vise directement la direction de la CPAM en accusant :

"de m'avoir mis dans un placard dès son arrivée, et de m'y avoir laissé pourrir en ne me confiant que quelques très rares tâches qui auraient pu être prises en charge par des cadres de "premier niveau" (...)

de n'avoir rien fait pour au moins essayer de trouver une solution à ma situation, alors qu'il en était informé de ne même pas avoir lu les compte rendus de mes EAEA 2010 et 2011, et les lettres que j'ai remises en ces occasions en demandant qu'elles figurent à mon dossier personnel, alors que son attention avait été attirée sur mon état à plusieurs reprises par mon responsable hiérarchique direct. S'il les a lus et qu'il n'a rien fait, c'est encore plus grave."

D'avoir ainsi pourri mes deux dernières années sans me laisser la moindre chance de survie J'ai été : tué professionnellement, détruit psychologiquement. Je croyais que le management consistait à travailler ensemble, en bonne intelligence, à déléguer, écouter, réunir, fédérer et valoriser les compétences de chacun. (...)

J'ai essayé de tenir bon, mais jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, c'était devenu vraiment trop dur, et je vois bien que je n'arrive plus à donner le change, au travail, et dans ma famille. Je demande pardon à celles et ceux à qui je vais faire de la peine, et à qui je manquerai, au moins un peu. (...)

Je pars sans haine vis-à-vis de qui que ce soit. J'ai seulement d'immenses regrets pour mon épouse et mes enfants de les abandonner. Je crois qu'ils avaient encore besoin de moi. Puissent-ils un jour me pardonner … 

Je vous les confie, à vous, celles et ceux qui m'ont apprécié seulement pour ce que je pense avoir été : un homme droit, honnête et sincère, avec tous mes défauts et mes quelques qualités, mais avec des convictions, certes pas toujours dans le "politiquement correct", mais qui était capable de les assumer sans avoir à baisser les yeux. (...)

Je m'appelais Thierry Hainaut, et j'aurais eu 52 ans le 31 mai 2012."

http://dl.dropbox.com/u/55874639/M1FDBEZIERS_510.jpg

padebri
le 01/03/2012, 23h06

Bonsoir Olibus , je suis cadre dans cette CPAM , je me relève tant bien que mal d'une situation ou j'ai moi même été victime de la souffrance au travail pendant un an et demi ! cette hiérarchie tyrannique n'avait aucun état d'âme , de façon très insidieuse elle tentait de me prouver que j'étais incompétente , allant même jusqu'à me manquer de respect devant d'autre collègues cadres !!! aucune reconnaissance du travail accompli qu'elle soit financière ou verbale , j'allais au travail avec la peur au ventre le matin , je serrai les dents pour ne pas m'écrouler devant les agents que je manageais , et puis à terme on s'écroule parce que ce mépris vous tue à petit feu ! arrêt de travail pendant plusieurs mois puis reprise avec une visite chez le médecin du travail , mais malheureusement ce sont des visites de routine ........aucun impact . Quant au ressources humaines elle n'en a que le Nom ! pas de compassion pour les personnes qui subissent de tels drames , à votre retour au travail , on vous colle dans un placard sans se soucier un minimum des conditions dans lesquels vous exercez votre activité !! vous êtes exempté de toutes réunions de travail , aucun retour sur le travail fourni , on vous laisse pourrir dans un coin !!! alors dans ce contexte , vous tenez debout sans rien dire à personne .Peu importe si vous souffrez ! l'essentiel étant pour ces énarques de ne jamais se plaindre et de garder sa dignité . Et les collègues , s'éloignent un peu de vous par crainte qu....

 

moins que rien
le 01/03/2012, 19h41

j'ai été mis au placard, humilié, rabaissé et ma direction n'a rien fait. La médecine du travail, informée, m'a dit de laisser tomber car un employé n'est rien face à une direction qui se transforme en rouleau compresseur si vous avez le malheur de tenter de vous défendre. Le pire, c'est les collègues qui vous laissent tomber, par peur, ou parce que la situation les fait jubiler. Vos collègues se comportent alors comme des moins que rien, faisant ainsi le jeu d'une direction qui ne sait même pas diriger.

 

celtike
le 01/03/2012, 10h49

Je suis militant syndical et j'ai eu écho de 2 suicides dans une autre CPAM sans pour autant que l'on puisse établir que ces derniers soient liés au travail.
Pour autant, les pressions subis par les salariés pour plus de productivité (vous avez dit service public ?? !!), la dégradation des conditions de travail dans les organismes de sécurité sociale ( faire toujours plus avec de moins en moins de personnel), les réorganisations passées (départementalisations) et à venir (mutualisation des tâches notamment)
font malheureusement penser à ce qui a été fait chez France Télécom/Orange.

En plus, lorsque l'on a affaire dans certains organismes (pour certains : la sécu ce sont les CPAM, les CAF, les URSSAF, les CARSAT ex CRAM) à des directeurs qui, peut-être, ont oublié ou n'ont jamais su ce qu'était un être humain, on peut craindre avec la conjugaison de tous ces paramètres que d'autres cas similaires seront à déplorer.
En ce qui concerne la possibilité de trouver un travail ailleurs, simplement rappeler qu'il y a 5 millions de chômeurs en France (et oui les chiffres officiels n'indiquent que ceux de catégorie A) qu'il y a 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et que les licenciements se multiplient !!!
Et comme le souligne un internaute, il est difficile de faire autre chose lorsque l'on a passé toute sa vie à travailler à la Sécu (cela vaut pour bien d'autres métiers surtout eu égard à la situation sociale exposée ci-dessus).

Commenter cet article

migaud 23/03/2016 18:28

Je suis vraiment désolé mais obligé de dire que j'ai connu Mr Hainault c'était une ordure finie...un crétin sous cultivé...et un haineux aussi! Il adorait envoyer des contrôleurs au domicile des assurés...pour rien. Je suis désolé pour sa famille de ce geste lâche.Antonin

dotblau 02/03/2012 11:45


Je me souviens avoir lu qu'une femme SDF avait accouché dans la rue sous une tente et que son bébé était mort-né, je ne sais pas si c'est vérifié, si c'est vrai c'est le retour du monde de
Dickens ou de Zola. D'ailleurs ce n'est que le début,


Mario Draghi, président de la BCE, a annoncé, lors d’une interview accordée au Wall Street Journal paru le 24 février, la mort du modèle social européen. Il y a, selon lui, "aucun échappatoire".


 http://mega-streaming.info/video/7UW95K1AAH6W/Mario-Draghi-Le-modèle-social-européen-c8217est-terminé-

plume de cib 02/03/2012 11:52



c'est vrai DOT, c'était à Paname. bon, je vais voir ta vidéo. Sûr que le bonhomme ne va pas dire le contraire.



dotblau 02/03/2012 11:26


Kilekon celui-là, les réunions de parents d'élèves se tiennent dans les bureaux des managers puisqu'ils ne travaillent jamais le soir, eux. Je ne suis pas un cas isolé loin s'en faut, mais je dis
qu'en France la situation est abominable comme dans tous les domaines sociaux. Je n'ai jamais vu ou lu qu'un employé se suicidait à cause de son travail ici, ni que des gens mendiaient ou
dormaient dans les rues, encore moins y mourraient. Il y a bien des distributions de paniers alimentaires aux familles en précarité et ce en augmentation. Quand je lis des articles sur la
France mes cheveux se dressent sur la tete. Pourtant les Français sont loin d'etre des égotistes individualistes alors cette situation ne peut venir que de la politique asociale du gouvernement.


 

plume de cib 02/03/2012 11:35



ah c'est bien ça ! On devrait l'appeler kilekon ! ça lui va super bien. en fait, tes divers témoignages, ta vision hors murs de notre Pays nous aident énormément. Car je crois, je pense qu'on est
si rabaissés, si englués, si courbés, qu'on ne voit plus rien. Tu vois, en France, on arrive à trouver normal que des gens crèvent dans la rue. ils sont deux fois plus nombreux depuis que Sarko
est au pouvoir, alors qu'il mène un train de vie absolument écoeurant. On trouve normal en France que des mères dorment sous des cartons dans la rue avec leurs enfants. En France, on finit par
tout trouver normal. Les gens se chicanent entre eux plutôt que s'unir pour faire valser tout ce monde qui les oblige à vivre comme des larbins.... Je comprends que tu sois remontée, DOT. La
France est à l'agonie. Je pense que les étrangers doivent à présent nous regarder avec Pitié.....



dotblau 02/03/2012 10:44


Bonjour Plume,


Billet très drôle au début ("les cars de mémés ne sont sans doute pas arrivés à temps pour faire la claque à leur champion") mais très triste en fin de texte. Je me suis aperçue que les
dépressions dues au travail arrivaient souvent après une fusion ou une réorganisation. J'ai moi-meme souffert d'un burn-out après une fusion entre 2 écoles ou je me suis retrouvée avec un
doublement d'effectif des classes avec des élèves dont je n'avais pas l'habitude, des classes de collège difficile, alors que j'enseignais à des premières et terminales toute ma carrière, ajouter
le changement de programmes, l'insécurité, des élèves avec un suivi psychiatrique ou meme carcéral, l'exiguïté des classes, le chaos dans les plannings, l'augmentation des cadres managers
incompétents, les heures supp et les réunions à répétition et je me suis retrouvée à la médecine du travail dès la rentrée et je dois dire qu'ici elle soutient les travailleurs concrètement et
demande des comptes et des changements aux employeurs, et mon collège avait déjà une très mauvaise réputation. Je pense que ces situations de dérive morale sont légion (il y a des
psychopathes aussi sur le lieu de travail) mais que la protection des travailleurs est mal prise en charge en France. Il y a vraiment beaucoup de suicides dûs au travail en France et un
c'est déjà un de trop.


En lien le C.V. de sarkoze


http://sos-crise.over-blog.com/article-qui-est-vraiment-nicolas-paul-stephane-sarkozy-de-nagy-bocsa-100534036.html


Bisous et bonne journée

plume de cib 02/03/2012 11:02



oui les cars de mémés ont dû rester coincés au bord de la mer. Les mémés en avaient marre de déambuler ainsi à travers toute la France. C'est toujours les mêmes figure-toi. Il n'en a pas de
rechange. Ah là là, le pôvre.


T'sais quoi ? Sarko en aussi parlé de faire des bureaux pour que les professeurs puissent recevoir les parents d'élèves !!!!! C'est génial, non ? quelle idée lumineuse. On se demande où il va les
chercher !


Oui pour les suicides, c'est la plupart du temps suite à des fusions. Et comme ça n'arrête pas.... On est soit personnellement concerné, soit dans la famille. Je connais quelqu'un qui s'est
suicidé chez Sofinco parce qu'on l'avait envoyé à perpète alors qu'il venait juste de s'installer dans une région avec sa famille. Il venait d'acheter une maison. Il a dû prendre un studio sur
son lieu de travail. Au bout d'un an, il a craqué. En fait, la prise en charge des "malades" du travail est très mal faite en France. Il y a d'abord la culpabilisation. Les médecins du travail
reprennent le flambeau du harcèlement moral qui s'opère sur le lieu de travail en stigmatisant la personne. On essaie de faire croire à la personne que c'est elle qui est mal adaptée, qu'elle est
paranon, tout ça... Les syndicats aident, mais pas suffisamment. Le travailleur français est très mal protégé, contrairement à la légende. Il y a beaucoup de légendes en France, dont l'unique but
est de masquer la réalité, de culpabiliser les gens. Il va bien falloir qu'on sorte de la spirale infernale.


Des suicides au travail, il y en a sans arrêt. Plus les gens qui se suicident hors du travail, ceux qui se jettent sous le TER par exemple. Dans la région, c'est quatre par semaines en moyenne.
C'est complètement dingue. Les jeunes se suicident. On ne peut pas continuer comme ça. Faut que ça pète un bon coup !


A priori, tu sais de quoi on parle. Le problème, c'est que ton cas est légion. Ca touche toutes les branches. Vraiment toutes les branches.



Bichau 02/03/2012 10:12


Il faut que tout le monde voit cette émission, un travail de fond de la part de ce journaliste, même le maire PS accusé de détournement (9 mois de prison, il a pris pour tous les autres qui sont
passés à côté) dans le Pas-de-Calais, était sur le plateau pour expliquer ses erreurs et les fautes de tous les filous de ce parti, très bien documenté !

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