Quelle chienlit, ces césars !

Publié le 26 Février 2011


Bonjour,

Les Césars, la Jet Set parisienne s'offre une soirée organisée par Canal +.  Ca se congratule, ça se fait des bisous, ça se sent bien assis sur son paquet de pognon, ça se rassure.

CA SENT LA POUSSIERE  ! CA PUE LA DECREPITUDE ET LA MORT !

Je n'ai regardé que l'intervention de Jodie Foster, toujours impeccable, survolant le parterre de vieilles badernes avec une certaine suffisance. Il y avait tout le gratin clinquant dépourvu d'âme et de talent.  J'ai vu les quelques montages présentés par De Caunes, égal à lui-même, valeur sure depuis des années mais qui lui aussi s'est mis en retrait de ce monde grouillant d'envie et de jalousie. Ca s'est gâché quand est apparu Roman Polanski ! BEURK ! La France ne se refuse rien ! Elle n'en est pas à une bourde diplomatique près.  Il faut dire qu'on a un Mittérand à la Culture, ceci explique cela. L'un, c'est les petits garçons, l'autre, les petites filles. Beurk ! Beurk ! Beurk ! Remarquez, les types qui se tapent des gamines, dans le showbiz, c'est presque naturel, hein ! Sauf que les gamines on les appelle des fans, on profite de leur naïveté, de leur crédulité pour leur faire faire des saloperies ! Ce conglomérat d'artistes parisiens est pourri, suffisant, exsangue.  Le talent, c'est le compte en banque, du pognon amassé en écrasant toute nouvelle pousse ! On est en plein capitalisme culturel. Bref. Le Polanski s'est vu attribuer le titre de meilleur réalisateur pour un film dont il dit avoir terminé le scénario "en taule" ! Ca montre à quel point ce sympathique repris de justice se fout totalement de ladite justice. Le vieux a été besogneux toute sa vie, il en a fait voler des verrous ! Beurk !

J'apprends que le  film de Joann Sfar remporte le titre de meilleur premier film. C'est ce réalisateur qui exprimait ses hautes pensées philosophiques la veille "la culture est une marchandise comme les autres qu'il faut acheter" et s'est bien sûr dit grand défenseur de Hadopi ! Le type qui ne manque pas de culot, oublie peut être que "son film est coproduit par Studio 37, la filiale de production cinématographique de  Orange. Le même qui déconnectera ses abonnés s'ils téléchargent le film illégalement, mais qui n'aurait pas pu produire le film sans les milliards d'euros générés chaque année par les abonnements à Internet.

Son film est aussi coproduit par France 2, qui n'aurait pas pu produire le film sans la redevance audiovisuelle payée probablement par les mêmes abonnés à Internet que ceux que le réalisateur veut passer sous la guillotine numérique.

"Plutôt Jack Lang ou Frédéric Mitterrand ?", lui demandaient enfin les journalistes. "J'aime beaucoup les deux", a-t-il répondu avec plein de sincérité dans la voix." SOURCE NUMERAMA

Nous Internautes, filons chaque mois du fric à des sociétés de prod. entre autres qui ne font qu'investir pour faire du fric, mais nous, Internautes, on n'en voit jamais la couleur !!!

MAIS LE VENT A TOURNE

Ce type de manifestation est tout au plus un bal de vieux vampires parvenus à la fin de leur mandat. La Culture n'est plus à Paris, elle est sur Internet. La Culture s'est démocratisée, simplement, normalement. Les derniers vieux millionnaires profitent encore des petits fours offerts par Canal +. Ils se donnent l'impression d'exister en se suçant la pomme et en s'envoyant des fleurs empoisonnées.  La Culture ce n'est plus une poignée de "stars" "banquables", ce sont des milliers de jeunes artistes qui peuvent s'exprimer sur Internet et trouvent enfin leur public. Des milliers d'artistes qui peuvent enfin vivre de leur Art ! Sans pour cela chercher à devenir millionnaires. Il faut comprendre une chose, l'Art est un moyen d'expression, il est un langage. C'est un partage, une recherche de dialogue, c'est aussi le témoin de notre évolution. C'est sur Internet. Vous avez des séries Internet comme "Le visiteur du futur" qui fait un carton , mais vraiment, bien plus que leurs films de foutaises qui coûtent des millions et qui ne valent pas un clou ! Bref. HADOPI n'a fait que précipiter les vieux mammouths fortunés dans leur cimetière. C'est la fin d'une époque, ils ne s'en rendent pas compte les pauvres, ils n'ont vécu que d'illusions. et s'en gargarisent encore, enveloppés de brume.  Et je ne parle pas d'âge mais de mentalité. Le marchand Sfar n'est pas vieux, mais bien endommagé ma foi. Il n'ira pas loin celui-là. Bref, il aura au moins eu son heure de gloire hier soir au bal des vampires.

 

Rédigé par plume de cib

Publié dans #CULTURE

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naradamuni 26/02/2011 18:18



ERREUR YOG  (bises!) : C'EST LE N° 1


Le 2 est sur l'éducation : tout aussi TERRIFIANT.


Quant au capitalisme : une méthode



naradamuni 26/02/2011 17:02



"Je ne sais pas qui a écrit ce texte..."


Je donne jusqu'à présent les liens et puis je m'aperçois que cela ne sert à rien: ils ne sont pas suivis, alors maintenant - pour les libres de droits - j'omet volontairement ; Ce qui me demande
beaucoup plus de travail de transcription mais apparement paraît plus efficace.


Exemple de ce conformisme et anti-progressisme occidental :


Il nous est toujours asséné que Christophe Colomb ait découvert l’Amérique, ce qui reste un déni cinglant à la réalité, la méconnaisance radicale de l’Autre. Bien plus, l’entière image du réel se
voit rejetée, ignorée, délaissée par les toujours insurgés du réel que sont les Occidentaux, ces marginaux contestataires fuyant sans cesse tout raisonnement et toute logique.


Puisque si Christophe Colomb avait découvert l’Amérique, qu’ont donc découvert les Indiens?


Le fait incontournable que, pour eux, ont surgi des barbares, des non-civilisés frénétiques, des êtres non raisonnables de rapines et de violences, bref des quasi primitifs, de rudimentaires
ploucs au regard de l’Humanité; le fait que ce fait ne soit toujours pas pris en compte disqualifie les fondements mêmes de l’esprit occidental, car une pensée qui ne prend pas tout en compte ne
peut compter sur la réalité, ne peut espérer être prise en compte par elle.
L’angle très aigu de pénétration dans le réel se referme à tout autre point de vue, quel qu’il soit, qui n’est pas le martèlement assourdissant et le clignotement aveuglant de toujours lui-même.


La réverbération du toujours Même évite le cercle entier de la pleine compréhension. La réverbération du toujours Même rend sourd- donc sujet aux absurdités- et ne permet plus de vivre l’Inconnu,
le futur et d'accueillir la réalité. Ne s’acharner que sur le Même ne peut apporter aucune réponse, aucune solution. C’est pour cela que le Progrès, en Occident, n’a pas progressé depuis cinq
cent ans.
L’angle d’entrée dans le réel reste restreint, amoindri, réduit, comprimé, borné, limité et se maintient, ainsi, clos et aveugle à ce qui n’est pas sa persistance tel quel. Qui en use
(malheureusement beaucoup trop) demeure inabordable, irraisonnable, intouchable par tout argumentaire ou logique, sentiment ou élan. Cette rémanence de méconnaissance absolue de la réalité du
monde, cette ignorance de sa propre attitude et tout ce qu’elle implique, ce noir oubli des fondements de sa propre mentalité, aboutissent à ce que qui en demeure enseveli ne se voit jamais tel
qu’en lui-même et ne voit jamais les autres (l’Autre), tels qu’en eux-mêmes. Incapable de se voir soi-même en train d’agir, en train de penser, l’Occident est, peut-être, incompétent à atteindre
l’Intelligence selon la définition de Krishnamurti «qui n’appartient à aucune personne, à aucun groupe, à aucune nation, à aucune civilisation».


Que la science occidentale ne contredise pas (sauf pour le racisme admis comme ne possédant strictement aucune base scientifique) les fondements de l’anthropologie occidentale et donc par
dérivation, de l’économie politique ou des sciences humaines, bref de notre vie quotidienne, peut atteindre, avec le décalage dans le temps, un impact gravissime. Tunnel d’entêtement.


Bien peu, en Occident, ont atteint l’Intelligence, peu savent écouter, voir, moins encore savent lire, parler, si peu savent penser ou aimer l’Autre. Si nous le percevons ainsi il semble
grandement probable que d’autres aussi, sauf à n’avoir pas touché au recul suffisant qui embrasse la globalité.


L’angle mince, qu’a décelé la folie de dire que Colomb ait découvert l’Amérique, «ignore», dédaigne, évite, fuit, quasi toute la réalité. Les trois cent cinquante degrés «ignorés», méprisés par
cette courte vue, justement. La réalité (360°) qui reste de percevoir tous les aspects d’un phénomène, de n’abandonner aucune piste, aucune quête, jusqu’à ce que la réponse complète à la réalité
soit produite, n’est donc plus accessible. L’Occident s’est il fermé au réel ? Ne se profile-t-il pas, dès le départ, comme l’entêtement accroché à sa mince vision du monde? Déniant tout sens aux
mots, aux concepts, à la chaîne des raisonnements, puisque pour «découvrir» quelque chose il faut que tout le monde l’ignore. Les Indiens savaient «l’Amérique», il n’a donc rien été «découvert»,
rien n’a été tiré de l’inconnu universel.


L’incompétence occidentale (même si quelques uns se montrent compétents, c’est le nombre qui compte) à saisir le réel intégral n’a fait que se répercuter, jusqu’à aujourd’hui, dans le
stationnement anti-progression de l’Occident assis dans son lourd fauteuil acéphalique.


D'où les conséquences gravissimes en cascade... chienlit des césars et autres


 


LE CAPITALISME EST UNE RELIGION MASQUEE ET NARADAMUNI UN ATHÉE DU CAPITALISME !



plume de cib 26/02/2011 17:15



Le capitalisme nous a fait régresser, c'est évident ! On en est à nous faire croire que le "shopping" fait partie du cerveau archaïque de la femme, y a qu'à voir !


On nus fait gober pas mal de choses en effet. C'est un peu de syndrome de l'évangélisation. En fait, les occidentaux débarquant en Amérique ont juste fait comprendre qu'il ne fallait pas
sacrifier des humains pour les dieux, et ils en ont profité pour imposer le leur. Ils ont détruit des siècles de civilisation dont la civilisation Maya....Et puis chez nous, Dieu est devenu trop
envahissant, on l'a tué pour le remplacer par le Dieu pognon. Et puis, on est reparti évangéliser les peuples avec le nouvel évangile du Capitalisme.



Yog 26/02/2011 16:05



C'est Franck Lepage!


 



  InCulture
2 de Franck Lepage 





plume de cib 26/02/2011 16:11



Ah ben voilà ! à nous tous, on va bientôt pouvoir faire un blog hein ! Merci beaucoup YOG !



naradamuni 26/02/2011 14:37



...


Alors, ça n'a pas été ça du tout. Puisque Monsieur Jean-Noël Jeanneney, qui était responsable de cette commémoration, a déclaré officiellement : « La France n'a plus de leçons à donner au reste
de l'humanité ».
C'est une commémoration bizarre, parce qu'au moment de la révolution française, du politique il y en avait -houlala ! - du jugement de valeurs universelles il y en avait - terrible ! La France
avait déclaré, c'était à mourir de rire, qu'elle allait « délivrer les peuples opprimés qui en ferait la demande »….


Et donc là, maintenant, on dit : « Non-non-non : les 
peuples opprimés, c'est un choix d'organisation culturelle ! ».
Ca donne ce défilé extraordinaire, peut-être vous l'avez vu ? Moi, j'étais
invité, j'étais aux premières loges. Ca s'appelait : « Les Tribus Planétaires ». Vous comprenez : ça, ça veut dire qu'il n'y a plus des universels d'ordre de grandeur ! Il n'y a plus que des
tribus planétaires posées les unes à côté des autres ! Et chaque pays était représenté, caricaturé, par son signe culturel le plus rigolo, le plus évident. Les Noirs, l'Afrique, ils étaient tout
nus, ils tapaient sur des tam-tam ! On n'a jamais vu de Noirs faire des études, devenir architectes, ça se saurait ! Tac, tac, tac ! Les Anglais étaient sous des trombes d'eau ! Parce qu'il pleut
toujours en Angleterre.… Je n'ai pas vu le char belge, mais je n'ai pas de mal à l'imaginer : ça devait être une grande frite, ou je sais pas quoi…. Voilà, c'était comme ça la célébration du
bicentenaire de la révolution ! 
Façon culturelle,… façon culture, façon culte…. Terrifiant.
Et ce ministère va mettre en avant la notion d'art contemporain : la droite est moderne, la gauche est contemporaine. Contemporain, c'est beaucoup plus moderne que moderne ! Contemporain, c'est «
tout de suite, maintenant ! » et dès que c''est dépassé de dix minutes, c'est complètement cuit : ça n'a plus aucun intérêt, c'est ringard-grave, quoi !
Ca, ça valorise un des critères du
capitalisme qui est l'innovation permanente, la rotation de la marchandise…. Le capitalisme, c'est une rotation permanente des marchandises. Donc, le ministère de la culture chez nous paie, de
l'innovation…. Rien d'autre.


Une autre idée, c'est celle de la liberté d'expression…. Pas difficile, quoi, mais bon ça marche ! Le ministère de la culture est là pour nous faire croire que l'on est en démocratie, sans que
l'on ait besoin, nous, de nous en occuper. Vous allez me dire qu'il finance de la contestation alors ??? Non, non, pas du tout,… il finance de la provocation cucul rigolo-décadente, et cela
prouve que l'on est en démocratie. Un état totalitaire (sic!) ne financerait pas une danseuse contemporaine (Pina Baush) pour faire balancer à ses « danseurs » et s'écraser 20.000 pommes contre
un mur pendant une demi-heure ; il les donnerait à manger à son peuple. C'est la preuve qu'il serait totalitaire (re-sic!) car utilitaire. Une démocratie les donne à une chorégraphe pour en faire
un chorégraphie cucul-rigilorégresso-décadente, ce qui est la preuve que c'est une démocratie.


Ca finance quoi encore ? Ah oui, un truc très important ! : C'est l'idée - c'est un des rêves du capitalisme ! - de fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse… Le rêve du capitalisme,
c'est de se passer du travail humain. C'est de gagner du fric ! Avec l'art contemporain, vous avez cet artiste qui déchire des petites nappes en papier dans tous les hôtels où il passe, il signe
et il expose ses petites déchirures comme ça, à New York… Et c'est coté en bourse ! Ca se vend atrocement cher ! « C'est coté-en-bourse ! » Donc, vous comprenez bien que c'est une façon pour le
capitalisme de fabriquer une valeur immédiatement sans passer par la richesse, c'est-à-dire le travail humain ! Magique !



Et ça va marcher avec des langages, avec du détournement sémantique - C'est formidable, parce que "création", créateur, c'est du registre religieux et non celui d'un état laïque.Et ca va enrôler
la gauche bêtement - j'en ai fait partie - dans des croisades pour la défense de la liberté du créateur, le développement culturel, la rencontre avec l'oeuvre... …des choses comme ça…. Et c'était
mon métier - prophète culturel! - de faire croire à ces âneries. Prophète salarié, prophète professionnel, prophète officiel. Voilà. Alors, ça ne s'appelait pas comme ça sur ma fiche de paye, ils
ne sont pas idiots non plus ! Ca s'appelait « Directeur, chargé du développement culturel ». Moi, j'avais fait rajouter sur ma carte « Directeur, chargé du développement culturel, de la
communication, des actions de prospective et de formation ». Donc, prophète !
Je travaillais à la fédération nationale laïque pluraliste co-gestionnaire et démocratique de la jeunesse sociale solidaire civique et culturelle et citoyenne de France. Qu'on appelle, en
raccourci chez nous, la FNLPCDJSSCCFF. Et mon travail de prophète consistait à dire la vérité. C'est-à-dire, à aller chercher la vérité - la vérité officielle - dans les
ministères, dans les cercles du pouvoir…. Et puis à venir la « délivrer », à ce que chez nous, on appelle : « la base ». On dit aussi « le terrain ».


Bon, je ne vais pas passer la journée dessus, vous avez compris en gros… !


Donc, comme le disait Malraux en 1961 en inaugurant la première Maison de la Culture à Bourges : « Nous allons enfin savoir ce qui peut être autre que le politique dans l’ordre de l’esprit humain
»….Eh bien voilà qui est fait !


En 1968, Francis Janson, quant à lui, proposait d’appeler Culture ce qui permet de se choisir politiquement…mais il est vrai que c’était en 1968 !"


Aujourd'hui c'est le culte de la marchandise impersonnelle, et derrière ce que l'on vous nomme par "démocratie libérale" n'est que Système Totalitaire Marchand.  du capitalisme.


 


Merci.




plume de cib 26/02/2011 15:05



merci pour la suite, tout aussi croustillante. Je ne sais pas qui a écrit ce texte, mais j'ai bien connu ce milieu de la Culture pour l'avoir côtoyé une bonne quinzaine d'années. Et c'est tout à
fait ça. Et encore, il en manque. Mais Bref. MErci Beaucoup !



naradamuni 26/02/2011 14:00



Malraux le génial. Dangereux mégalo qui se shoote à la Grandeur de la France, mais génial. Malraux a compris  : il veut être ministre de la télévision. On lui dit non, parce qu'on ne sait
pas à quoi sert un ministère de la télévision. Donc il boude !  De Gaulle enguirlande Debré (le père, vous savez le député de la ouéunion, celui qui faisait des scéances d'ult'avioulé pou
pas fai' lait au milleu des mouches), De Gaulle pique alors une colère en disant : « J'exige un ministère pour Malraux ! ».


Debré se dit : « Je vais proposer à Malraux un ministère des affaires culturelles, ça va
l'occuper trois semaines ! »


Il retourne voir Malraux et lui dit : « Monsieur Malraux, est-ce que vous accepteriez d'être ministre des affaires culturelles ? ». Et Malraux accepte, ben tiens !


Malraux accepte, mais il faut lui donner des fonctionnaires ! Et personne ne veut aller travailler chez Malraux. Personne. Il y en a même un, célèbre aujourd'hui, qui y va en cachette à condition
que ça n'apparaisse pas dans son dossier ! Personne ne veut aller se ridiculiser chez Malraux dans un ministère grotesque.


On va lui trouver et donner des fonctionnaires dont personne ne veut : les fonctionnaires rapatriés de la France d'Outre-mer. C'est-à-dire tous les fonctionnaires qui sont virés par la
décolonisation : des gars qui reviennent du Tchad, etc. Type… pas très à gauche - je ne sais pas comment vous dire ça ! - plutôt le volet « aspect positif de la colonisation », vous voyez… Des
gars formés à une école terrible, qui s'appelait - qui n'existe plus - l'ENFOM : l'école
nationale de la France d'Outre-mer. Donc des types qui sont habitués à travailler vite, beaucoup plus vite qu'un fonctionnaire français, à construire des ponts, des routes, des ponts, des routes,
des ponts, des routes, à défendre la culture française, la grandeur de la France, la puissance de la France, etc. Et c'est eux, c'est eux - parce qu'ils sont
terriblement efficaces - qui vont construire le ministère de Malraux.


Dont Emile Jean Biasini, au moins vous aurez entendu son nom pour ceux qui
ne le
connaissaient pas ! Un type très, très important, très puissant ! Il va rester très discrètement : on va le retrouver sous Mitterrand comme directeur des grands travaux. C'est le type qui va
surveiller Jack Lang… - et donc, ce gars-là va tout de suite comprendre l'intérêt du programme des maisons de la culture. L'intérêt pour l'état. Pour la puissance de
l'Etat.


Et il va complètement détourner le projet que Christiane Faure et les autres
ont commencé à écrire… Une maison de la culture, avec Christiane Faure et les instructeurs, c'est une maison où tout le peuple, toutes les associations, ont le droit de venir, c'est leur
maison.
Avec le troisième projet, celui que va rédiger Biasini, le peuple n'a pas le droit de mettre les pieds dans une maison de la culture. Ca n'est pas pour le peuple, ça n'est pas pour les pouilleux
! Ce ne sera pas le hangar des galas de fin d'année en tutus roses des associations de parents d'élèves !


Ce ministère va faire des dégâts absolument considérables, mais va devenir un ministère idéologiquement très important. Quand Malraux va partir, à un moment on aura un centriste - chez nous, on a
le centre aussi ! - avec Duhamel. Un centriste, quand il arrive, il dit :
« Bon, moi je n'ai pas d'idée, qu'est-ce que vous proposez ? » ! Duhamel est un type qui se laisse influencer par des gens très-très bien, des gens de peuple et culture - Joffre Dumazier… - tous
ces gens-là vont lui dire : « Faut arrêter les folies à la Malraux ! Faut arrêter ça, cet élitisme grotesque, c'est une horreur ! Vous allez construire un ministère de la super distinction
totalement anti-populaire, c'est un crime ! C'est complètement ratatiner la culture aux Beaux Arts, à l'art, à l'expression artistique la plus bourgeoise ! Enfin, c'est de la folie furieuse !
»
Quand Biasini va chercher de l'argent auprès du commissariat au plan, les fonctionnaires du plan, en 1960, regardent son projet et lui disent : « Mais enfin, il y a quelque chose qui ne va pas,
Monsieur Biasini, dans voter projet de ministère de la culture : il n'y a que les Beaux Arts ! Vous avez oublié l'information économique des populations ! »


A cette époque-là, l'information économique faisait encore partie de la culture. Aujourd'hui, c'est fini. Dommage. Le ministère de la culture subventionnerait ATTAC, qui se porterait un peu
mieux, mais bon…!


Duhamel meurt tout de suite après, d'un cancer. Après, il y a deux ou trois ministères... Jusqu’à la super catastrophe ! En 1981, on récupère Super Malraux ! Jack Lang, il s'appelle ! L'homme des
phrases historiques : « La fête de la musique ne sera pas une fête de la
merguez ! », « L'économie et la culture, c'est la même chose… » ! Il en a sorti deux ou trois bonnes, Jack Lang.
Et Jack Lang va comprendre comment on empêche les gens de faire de la politique, qui est une activité très démodée pour les socialistes, et va propulser l'idée de la culture contre l'idée du
politique. Ca s'appelle « moderniser la politique », « démocratiser la culture », faire ça. Aujourd'hui on veut moraliser le capitalisme, autant humaniser la peine de mort !


Jack Lang comprend que le ministère de la culture va être une façon de rendre extraordinairement ludique le capitalisme. Je ne sais pas si vous avez vu la cérémonie
d'ouverture des Jeux Olympiques, mise en scène par un français qui s'appelle Decouflé ? Normalement, la cérémonie des Jeux Olympiques, c'est la cérémonie la plus fasciste du monde : c'est les
nations qui défilent au pas de l'oie.… Alors, traité par Jack Lang, ça donne… qu'ils défilent avec des plumes dans le cul ! C'est super rigolo ! Alors, du coup, on ne voit pas que c'est
fasciste.
Oh c'est cool, quoi, le capitalisme ! Ouais, c'est ça, ouais ! En fait avec Jack Lang, le ministère de la culture, ça va être un ministère du capitalisme rigolo quoi !


Et ce ministère va faire un travail terrifiant dans l'ordre des langages et des représentations mentales ! Notamment, il va changer le héros de la gauche. Avant, dans les années 70, le héros de
gauche, c'était l'ouvrier qui s'organise collectivement pour résister. Après Jack Lang, pour les socialistes, le héros, c'est l'artiste qui reste tout seul pour créer en regardant son nombril :
c'est cela être de gauche... Etre de gauche, c'est défendre la création artistique, le créateur . Ce n'est pas défendre les ouvriers et le peuple. De toutes façons, il n'y a plus d'ouvrier!
Chez nous, on a posé la question à des étudiants de 5ème année : « Combien y a-t-il d'ouvriers en France ? » Ils ont répondu qu'l y avait 5% d'ouvriers en France. Des étudiants de 5ème année ! Il
y a 30% d'ouvrier en France ! 30% ! Et bien, grâce à la culture, vous en avez 25% qui ont disparu ! Ils ne sont plus dans nos imaginaires, ils ne sont plus à la télévision, ils ne sont plus dans
le théâtre, ils ne sont plus au cinéma.… La condition ouvrière, a disparu !
C'est une bonne nouvelle.


Le ministère de la culture va faire un travail terrifiant - mais terrifiant ! - qui va consister à remplacer du politique par du culturel.


Pour ceux qui ont vu ça peut-être à l'époque - vous savez, en 1989, quand la France a célébré le bicentenaire de la révolution française ? - un truc terrible ! Alors, c'est terrifiant, parce que
juste avant cet événement, toutes les nations, tous les intellectuels du monde
pensaient que ça allait être un moment terrible, le bicentenaire de la révolution française ! Un moment où on allait dénoncer ! Où la France allait dénoncer toutes les dictatures dans le monde :
en Afrique du Sud, en Amérique du Sud…, au Moyen-Orient en Orient, etc...! Et tout le monde attendait, tout le monde, tous les intellectuels du monde entier attendaient… le bicentenaire de la
révolution française !


Alors, ça n'a pas été ça du tout. Puisque Monsieur Jean-Noël Jeanneney, qui était responsable de cette commémoration, a déclaré officiellement : « La France n'a plus de le&cced



plume de cib 26/02/2011 14:14



ENORME ! Merci !