Morts dans la rue

Publié le 20 Décembre 2011

 

Bonjour,

 

Mon intention n'est pas de vous gâcher les fêtes, bien au contraire. Ce matin, en lisant le journal, je suis tombée sur un article qui parlait d'un homme mort de froid dans la rue, à Béziers. Les pompiers l'ont retrouvé enroulé dans des couvertures mouillées près du chantier d'un immeuble en construction, en plein centre ville. Probablement décédé par hypothermie, l'homme a entre 30 et 40 ans. Ce pourrait être un fils, un cousin, un frère. Il n'est pas connu de la maraude, n'a donc pas demandé à être secouru. il est mort comme un animal abandonné, seul sous le regard indifférent des passants, voyant venir la mort, la regardant pendant de longues heures avant qu'elle lui prenne son dernier soupir. Oh, il n'est pas le seul. A ce jour, l'association Morts dans la rue, comptabilise 368 hommes et femmes morts dans la rue en 2011.

Je rappelle qu'il y en a eu 245 en 2007, année de l'élection de Sarkozy, année où il déclama la fameuse phrase "je veux que dans les deux ans, plus aucun homme ou femme meurt dans la rue....etc".

245 décés en 2007

390 décès en 2008

405 décès en 2009

414 décès en 2010

368 décès en 2011

 

Ces nombres donnés par le collectif Morts dans la RUE ne sont malheureusement pas exhaustifs. Le nombre de décès a d'ailleurs augmenté de plus de 50 % dès la deuxième année de mandat du type. Il ne reste plus beaucoup de temps avant l'élection du futur président de la République. Ce temps, les candidats vont l'utiliser à nous farcir de promesses soigneusement choisies par leur service de communication. Nous n'allons pas élire un homme ou une femme pour ses compétences de chef d'Etat, mais pour la meilleure société de communication, je vous le rappelle. Je serais prête à demander comme Madame Artaud, digne successeur d'Arlette à la tête de Lutte Ouvrière, que ceux que nous avons élus et qui ne tiennent pas leurs promesses soient jugés et condamnés par le tribunal du Peuple. Elle n'a pas tort ! En effet, nous donnons nos voix à quelqu'un que nous jugeons digne de confiance et cette personne ne fait rien que bafouer cette confiance tout au long de son mandat. Nous donnons notre voix sans aucune contrepartie. Ce n'est pas nor-mal, comme dirait Bayrou.

 

http://www.mortsdelarue.org/IMG/jpg/masques_au_sol_et_3_feuilles_protection_civile-2.jpgEn attendant, des gens se dépatouillent pour essayer de limiter les dégâts. Ils ne peuvent exister que grâce à la générosité des gens, vous, moi, nous tous qui pouvons extraire un petit billet de notre budget de Noël pour le leur envoyer. C'est un peu comme mettre une assiette de plus sur la table de réveillon pour l'étranger de passage. Ce n'est qu'un geste...

Faites en sorte qu'ils revoient le printemps....

 

 

MORTS DANS  LA RUE

 

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Rédigé par plume de cib

Publié dans #SOCIETE

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Anne Wolff 30/12/2011 15:33


Je passe de temps en temps mais sans laisser de traces. Après avoir passé une logue période loin de l'actualité, je suis restée perplexe un bon moment... tout va si vite, tout s'accélère... pour
quelqu'un d'un peu lent comme moi, c'est vertigineux... donc envie d'en savoir un peu plus avant de recommencer à l'ouvriri.


J'avoue avoir beaucoup râlé en dacouvrant tous les pseudo-experts qui prétendent refaire la Libye, la Syrie et j'en passe, ans y voir jamais mis les pieds ni à lalimite avoir jamais parler avec
un ressortissants des payssur la politique des quels ils ptrétendent influer quitte à plonger dans la guerre et l'horreur les habitants de ces pays...


J'apprécie ton blog parce qu'il reste ancré dans le quotidien, dans la réalité,celle dont on peut dire quelques chose car on la vit et en est témoin à la fois.


Et mes meilleurs voeux pour cette année qui s'annoncepleine de surprises.


D'où ma conclusion mieux vaut garder sas vaches que de vouloir opérer la sélection dans le troupeau du voisin !


 

Anne Wolff 28/12/2011 21:08


Merci pour ce texte,je le reçois comme un baume au coeur,. Noël ce sont les morts de la rue, ceux qui meurent de solitude, parce qu'à ce moment de fête elle devient pour ceux qui l'endurent
encore plus lourde à supporter.


En ce moment, j'ai pris du recul, mais pendant deux ans je me suis heurtée à cette infifférence des politiques qui renient leurs belles promesses face à la réalité concrte de la misère... 


Je ne souhaite à personne de crever, loin de là, par contre mettre les élus en face de leurs promesses et les juger pour ce qu'ils ont fait réellement, je trouve que cet excellente idée


 

plume de cib 29/12/2011 10:20



en fait, normalement les élus signent un contrat avec le Peuple mais il doit être trop dématérialisé, ils ne s'en souviennent plus. Partant du principe que les écrits restent, on devrait leur
faire signer un contrat écrit avec leurs promesses quand on les intronise. C'est un acte de foi qui les rendrait peut être un peu plus conscient de leurs responsabilités vis-à-vis du Peuple. A
méditer, et à développer. Merci Anne pour ton retour.....



Roland 20/12/2011 21:59


Les contes de noëlnesnt plus ce qu'ils étaient (et en plus c'estpasun conte)


25/12/10


Un homme de 34 ans, sans domicile fixe, est mort, probablement de froid. Découvert dans une rue de Seclin par les policiers du commissariat de Wattignies. Devant la gravité de l'état de la
victime, les policiers ont préféré l'amener eux-mêmes au centre hospitalier de Seclin où il est décédé.


http://sansrien.blogspot.com/

plume de cib 20/12/2011 22:58



je suis allée sur le blog roland, les articles laconiques, des hommes, des femmes qui meurent, seuls, dans le froid...



naradamuni 20/12/2011 12:27


 


Mon voisin qui vit avec un de ses fils, le second parti à la rue SDF depuis 2 ans et qui n'a réapparu , plus aucune trace ni signe de vie, m'a proposé de vous mettre ce texte en
commentaire. ce que le me suis empressé de faire :





"... Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.


On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de
blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine à couper ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de
la douleur, toujours la même.


Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mot d’amitié :
ricanements d’hypocrisie et de mensonges.


Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…


Bonne vie à toi patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service…


Bonne vie, bonne vie à tous ! boulangers, épiciers, débitants qui enserriez ma misère de vos péages honteux et qui teniez commerce de chacun de mes besoins, de chacun de mes désirs.


Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi, l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, catalogué du
mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ?


Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?


Vous voulez des vœux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étend mes membres et qui me vend l’air que je respire !


Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps.


Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !


Que crèvent les catalogués de tous sexes avec qui les désirs humains ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !


Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crève le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !


Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.


Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !


Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas.
Ce jour-là, c’est la répétition d tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du
sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Face glabres et masques de joie.


La caresse de la putain a comme équivalent le sourire de la femme mariée. Et la défense du maquereau est pareille à la protection de l’époux. Truquages et intérêts.


Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son
hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.


Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.


Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lutte et d’antagonismes.


Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.


La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant
rempli de douceur : que crève le vieux monde !


Albert Libertad dans L’anarchie, 27 décembre 1906.

plume de cib 20/12/2011 12:33



un grand merci. Dans les listes publiées par le collectif, il y a beaucoup d'anonymes en effet, des gens qui crèvent sans identité.


'Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.'


j'ai pris note. Merci encore.