Mon petit marché, ma source de bonheur

Publié le 11 Octobre 2009



Aujourd'hui, un billet tout en douceur.

Je vais vous faire partager mon plaisir d'aller au marché. Chaque vendredi matin, c'est devenu un rituel, je prends mes paniers et je me rends au marché des producteurs. Bio ou pas bio, ils sont tous du coin. Il y a quelques petits malins qui achêtent leurs produits au marché gare et vous font croire qu'ils sont producteurs, mais la surveillance est assez sévère, ils sont vite priés de remballer. Vous pouvez les débusquer parce que leurs  prix changent tout le temps. C'est un producteur qui m'a donné le tuyau.
Je donne rendez-vous à un ami devant une banque où je retire mes 20 euros qui me permettront d'acheter tous les légumes dont j'ai besoin pendant une semaine, et parfois davantage.

Nous flânons ensuite à travers les étals, nous faisons notre petit tour de reconnaissance. Il y a foule. Des gens de tous âges, de toutes conditions, des couples, des personnes seules, des familles. Nous avons souvent du mal à faire notre chemin tant il y a de monde. Quelquefois, nous recevons un petit coup de sac roulant dans les chevilles, mais pas question de rouler des yeux offusqués. On s'échange un sourire, rien de grave, la personne ne l'a pas fait exprès. Bien sûr, nous croisons inévitablement des gens que l'on connaît, on en profite pour échanger quelques mots, quelques impressions. Il n'y a plus de politique, plus de soucis majeurs qui pèsent sur le Monde. Il n'y a que le parfum mélangé des produits du terroir. Et les couleurs exposées à nos yeux gourmands.

Derrière leurs étals, les producteurs s'affairent mais sans jamais se défaire de leur sourire et de leur envie de faire partager leur fierté d'avoir de bons produits. Ils sont très jeunes ou très âgés, seuls ou en couples, ou bien entre amis ou en famille. Il y a la petite dame qui a un stand minuscule, elle vend des framboises en barquette, ses confitures et son sirop de framboises. Non loin d'elle, une jeune femme vend des fromages de vache, des fromages blancs en faisselle, et quelques bottes de bettes.  Il y a l'apiculteur généreux en détails sur ses chères abeilles, la marchande de champignons toute affairée à surveiller ses merveilles des bois et ses gracieux  et ventripotents champignons de Paris, le jeune au pull tricoté à la main qui vend ses châtaignes et ses pommes des Cévennes. Il y a le camion de la ferme-charcuterie. Le couple élève porcs, agneaux, veaux, les traitent et les vendent. Une pure merveille. Si vous achetez chez eux, jamais plus vous ne commettrez le sacrilège d'acheter un morceau de viande sous vide vendue au supermarché.
Il y a la famille qui vend de la volaille. Des poulets noirs avec des pattes et des têtes ! Des cailles, des pintades. Vendredi, j'ai acheté une poule que je vais cuisiner aujourd'hui avec du chou. La volaille est élevée au sol et au grain.
Il y a le boulanger qui vend son pain traditionnel, le papy qui vend son lait de vache cru, le petit stand bio où j'achète mes oeufs et mes fromages.
Il y a tous ces étals de légumes frais, pas toujours calibrés heureusement, c'est ce qui fait leur charme. Et l'étal des herbes qui nous enchante.
Nous allons en premier chercher nos pommes de terre. Notre producteur préféré nous propose toutes sortes de variétés, nous orientent suivant ce qu'on souhaite cuisiner. Le Désiré, les grenaille, les Mona lisa, les Amandine, et j'en passe de ces prénoms chantant qui tiennent toutes leurs promesses dans l'assiette. SVP, n'achetez plus vos pommes de terre dans les hypermarchés ! Vous re découvrirez ce qu'est une pomme de terre ! Toute sa saveur sucrée, sa tenue, sa couleur gaie, son goût pour chaque variété différent, un bonheur pour le palais.
Une fois chargés de nos pommes de terre, carottes, pommes en quantité (c'est la saison et la pomme est le meilleur des  médecins !), nous allons à la voiture pour alléger nos paniers. Nous retournons ensuite au marché où nous pouvons choisir tranquillement le reste de nos légumes. Et puis un vendredi du miel, un autre, ce sera la confiture de châtaignes, etc... Chaque vendredi son petit plaisir... Nous terminons par les oeufs et les fromages. Voilà, hors viandes, je dépense 20 euros par semaine pour mes légumes, oeufs et fromages. Ensuite, j'alterne, la ferme-charcuterie, le volailler, le poissonnier. Et voilà, mon frigo est rempli pour la semaine avec rien que des bons produits. Je n'achète pas encore le lait, mais je vais faire goûter le lait cru à mes enfants, et s'ils aiment, l'affaire est dans le sac.

Nous rentrons, fatigués mais carrément heureux, le coffre rempli de bons produits. Je dépose mon ami et je rentre chez moi déballer mes bons produits qui ne sont pas anonymes, je connais ceux qui ont travaillé dur pour les cultiver. J'ai déjà planifié mes repas pour la semaine, il ne me reste plus qu'à les exécuter. Et chaque jour est un bonheur à table.

C'est la vie simple retrouvée. C'est peut être la solution. Nous tissons un lien social, nous contribuons à la dépollution de la planète, nous prenons le temps de sourire, d'échanger des recettes, des impressions. Nous nous recommandons des produits, nous redevenons humains. et cela fait du bien. Jamais je n'ai rencontré d'agressivité, de regards tordus, de méchanceté dans les yeux des gens que j'ai croisés. Le marché, c'est le retour à la terre, au rythme des saisons. Les légumes ne sont pas gonflés de flotte, ne subissent pas les multiples traumatismes subis par ceux vendus en grandes surfaces. Pas de longs transports, d'attente sur des quais, de mise au frigo, pas de traitement radioactif soi-disant pour les faire durer longtemps.

J'espère que ce petit récit vous aura donné l'envie de faire vos premiers pas sur un marché de producteurs, ou d'y retourner. J'insiste sur le mot "producteurs". Sinon, vous allez vous retrouver sur un marché de dupes ! Des gens qui achêtent aux mêmes endroits que les grandes surfaces et qui jettent leur marchandise sur des étals, vous faisant croire que ce sont des produits de pays ! Il n'y a pas de bananes sur mon marché, pas de fruits exotiques, il n'y a que des produits de saison !!!

Rédigé par plume de cib

Publié dans #MON MARCHE

Repost 0
Commenter cet article

Victoria 18/10/2009 10:53


Très beau billet à la description partagée bien que mon petit marché n'offre pas autant de trésors.
J'ai retrouvé le plaisir du marché lors d'un long arrêt de travail. Le marché se tient à 500 mètres de chez moi le mardi matin. Comme j'ai choisi une consommation saine et éthique, les achats au
marché sont ceux qui me correspondent, outre le fait que le contact humain est incomparable à celui des grandes surfaces.
Dès ma reprise et ayant quand même la chance d'avoir un emploi qui me permet de poser des jours de congés hors période de fermeture, je me suis réservé le mardi en fonction de mes stocks. J'ai
annoncé clairement que cette journée était prise pour faire mon marché, je ne voulais pas inventer une raison "bateau", c'est aussi ma façon de militer pour un choix de vie anti con-sommation. Ma
démarche a été acceptée et pour moi cela fait partie de mon hygiène de vie et de mon "militantisme" pour une vie saine et éthique. 
A écouter "les marchés de Provence" - Bécaud  


plume de cib 18/10/2009 11:08


Bonjour Victoria,

Vous avez raison d'évoquer le "militantisme" pour une vie saine et éthique. J'ai l'impression aussi d'être enfin actrice d'une véritable action pacifiste. C'est un bonheur partagé, une douce
relance vers une économie locale à l'échelle humaine.... A l'heure où les agriculteurs prennent enfin conscience qu'ils ont pactisé avec le diable en s'enchaînant avec les grandes surfaces par pur
esprit mercantile, soutenons les agriculteurs locaux qui ont su garder les pieds sur terre et pérenniser une agriculture respectueuse de la terre qui les fit naître....


mycr 12/10/2009 19:36


Tu as parfaitement raison de faire ton marché au… marché!  Je sentais le odeurs et les parfums des produits, imaginais les couleurs, entendais le brouhaha de la foule.  On pense à des
scènes de films. 

Tu m'as donné faim!  Faim d'une vie de respect de l'autre, homme et nature.  Si loin de la consommation outrancière où il ne s'agit que de gruger le producteur et le consommateur.


plume de cib 12/10/2009 22:45


Je crois que nous sommes de plus  en plus nombreux à avoir cette faim-là ma MYCR.... Loin des prédateurs... Tu te fais rare, ma MYCR.... Contente de te voir... Bise


Sylvie 12/10/2009 14:28



Oui, un agréable moment ; je regrette juste de ne pouvoir m'y adonner de façon régulière à cause du travail, avec mon marché préféré qui se tient le lundi matin…



plume de cib 12/10/2009 15:03


Ah mince... C'est vrai que les marchés en semaine, pas facile...


Fleche 11/10/2009 16:51


Tu écris si bien Cib que au travers de ton texte, on voit les fruits et légumes, les champignons et que nos narines retrouvent les odeurs qui accompagnent l'authenticité.
Merci pour ce marché.


plume de cib 11/10/2009 17:01


Merci Flèche, je suis contente de te faire partager ce plaisir tout simple et tellement agréable....


Yog' La vie 11/10/2009 13:39




Au marché


Au marché, au marché
Tu peux, tu peux tout trouver
Des patates et du poisson
Des savates et du savon
Au marché, au marché
Tu peux, tu peux tout trouver
Et le samedi, du pissenlit
pour faire joli.
Un chou-fleur pour ta soeur
3 oeufs pour le prix de 2
Du hachis pour midi
Le dessert que tu préfères
C'est la vanille pour les p'tites filles
Et le citron pour les garçons.
Un pot d'colle pour l'école
Quelques clous pour quelques sous
Du shampoing pour le bain
La pommade pour malade
Une théière pour grand-mère
Et du tabac pour grand-papa.
Des guirlandes pour Yolande
La barbe à saint Nicolas
Un banjo rigolo
Des boutons pour ton veston
Et si t'as faim
Y'a du bon pain
Chez l'boulanger just'à côté.


 





 


Musique et paroles : Henri Dès
Site officiel : www.henrides.com