Le vin de lapin

Publié le 27 Septembre 2010

bonjour, et bon début de semaine. Il fait beau j'espère chez vous. L'automne est là, ma saison préférée... Le rythme est pris dans ma nouvelle maison, bien que je me trompe encore sur les jours de sortie des poubelles. Ainsi, ce matin, j'ai oublié de sortir la poubelle des emballages. Grrr... elle ne passe qu'une fois par semaine... Mais là n'est pas mon sujet...

Comme je dois être née de la dernière pluie, j'ai appris ce week end que, sans le savoir, nous buvons du... vin de lapin... Lapins ou autres petits mammifères qui traînent dans les vignes quand la vilaine machine passe pour ramasser le raisin. Car celle-ci semble-t-il ne fait pas la différence entre lapin et raisin ! elle doit être un peu dyslexique !

Donc, comme vous me connaissez un peu, vous avez deviné que je vais vous orienter vers le bio. Mais, me rétorquerez-vous, avec tous ces grands crûs depuis des siècles travaillés, comment se faire à cette piquette qui se veut vin à l'ancienne ? Et ben, vous répondrais-je, la sophistication du vin n'est pas histoire ancienne. Le vin, le vrai que consommaient nos ancêtres est bien le vin qu'on nomme aujourd'hui bio. C'est celui qui possède toutes les qualités requises pour aider nos artères à faire de vieux os. Sans bien sûr vider chaque jour la bouteille jusqu'au culot ! Pour des raisons de nécessité du marché, ces grands vins qui n'ont plus de grand que l'appellation, subissent pas mal de traitements. Le vin n'est plus aujourd'hui qu'un savant dosage de produits chimiques qui vous restitue le goût du vin, un peu comme les bonbons Harribo vous restituent le goût de la fraise. C'est un vin moléculaire. Et par-dessus le marché, son fumet nous le devons assurément à la quantité non négligeable de petits mammifères raflés pendant la récolte et qui marinent tristement dans la mouture du raisin.

Les viticulteurs, comme les autres travailleurs de la terre, ont depuis des décennies succombé à l'attrait de l'argent. Un leurre bien sûr, car ceux qui gagnent le plus ne sont pas les récoltants, mais les  distributeurs. Comme dans tous corps de métiers où se sont greffés des intermédiaires, genre de parasites jamais assez goinfrés, toujours plus inventifs pour palper sans transpirer.

http://www.chacunsonbio.fr/files/images/Divers-vigne-raisins-cc_flickr_ndrwfgg.jpgLe bio a d'abord pointé timidement son nez. Le vin était maladroit car les gestes d'antan avaient été oubliés. Mais les amoureux de la vigne ont à présent peaufiné leur savoir-faire. Le vin bio est de plus en plus charmant, et je vous avoue que nous ne consommons plus que du bio. Vins du Languedoc ou vins de Bordeaux, en passant par le côte-du-Rhône. Et je viens même de découvrir du Beaujolais bio. Le raisin est cueilli à la main, tranquillement, après avoir été "élevé" sans pesticides autres que les herbes qui poussent à bon escient aux pieds des sarments. Et finalement, les viticulteurs s'y retrouvent. Les produits chimiques, les machines sophistiquées coûtent la peau des fesses et le bilan de l'année est maigre. Tandis que ceux qui ont choisi le bio ne s'en sortent pas trop mal. Certains n'ont pas hésité à ressortir le cheval pour labourer entre les vignes. Ceux qui font les vendanges ne risquent pas leur vie en absorbant par la bouche et par la peau quantité de produits issus des usines chimiques... Et nous sommes certains de ne pas consommer du lapin macéré ! qu'on se le dise !

Bonne semaine à tous !

Rédigé par plume de cib

Publié dans #Sciences du quotidien

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Jo des RG 29/09/2010 23:40



Je ne connaissais pas les plantes de mon nouveaujardin, et j'ai recherché les comestibles sauvages: depuis, je déguste pourpier, plantain, pâquerettes (!) etc.


On peut même se soigner avec le chiendent (fièvre, calculs ...) et en faire du vin, de la bière, de l'ersatz de café ! faut devenir autonomes les ami(e)s, le pétrole va bientôt manquer ou devenir
hors de prix, nous le savons. 



plume de cib 30/09/2010 07:57



ok, je connais les pâquerettes au moins ! Alors tout est comestible dans la pâquerette. Une bonne cure au printemps te nettoie des toxines de l'hiver ! comme tu dis, essayons d'être autonomes...
J'ai un peu de place pour faire un petit potager. je vais m'y atteler rapidement, afin que tout soit prêt au printemps. Le seul problème est.... les chats ! Dès que je fais un trou ou que je
retourne la tête, j'ai la noire qui vient faire ses besoins...



Jo des RG 29/09/2010 23:16



J'écoutais hier soir une fort belle émission sur France Inter  sur deux soeurs qui produisent du vin bio : généreuses, intelligentes, courageuses, et ô combien HEUREUSES ! si vous
pouvez la retrouver sur le net , c'est un pur régal.


Et que dire des tondeuses qui massacrent les petits insectes (utiles à 99% !) et les fleurs sauvages qui les nourrissent ?



plume de cib 29/09/2010 23:24



arrghh! on n'y pense pas à ces fichues tondeuses ! dans mon nouveau jardin, y a des fleurs jaunes, des bleues, mais je ne sais pas ce que c'est... faut que je me renseigne, pour ne pas faire de
conneries... Si ça se trouve, j'ai tout un tas de bonnes choses sous les yeux..



EvaNaissance 28/09/2010 10:36



heu....comme des p'tits frissons en lisant ce billet...jamais penséA ces pauvres petites bêtes!! grrr


mais je ne bois que très rarement du vinge..même si j'aime plussieurs crus...j'hésitais à goûter du vin bio mais en te lisant ma décision est prise...au moins essayer la prochaine fois que
j'invite!


pour le reste, le plus possible j'achète bio.


merci de nous faire partager


oui il fait beau les couleurs lumineuses dans cette belle région des pyrénées


jolie journée



plume de cib 28/09/2010 14:22



ah merci beaucoup pour la jolie photo... Pour le vin bio, au début on est surpris car on n'a plus l'habitude... Mais à présent, on ne peut plus consommer un vin s'il n'est pas bio. Maintenant, on
sent le goût du fabriqué quand on boit un vin non bio ! Et puis, le vin bio ne rend pas malade. Idem pour le champagne d'ailleurs. Très bon bio...



Lléa 28/09/2010 01:30



Bonsoir,


Vin bio et respect de la vigne....hein?:)))


Le cheval de trait pour labourer les vignes : une pratique ancienne qui pourrait revenir à la mode


BiObernai, le salon de l'agriculture bio s'est déroulé ce week-end à Obernai. La viticulture bio était le point fort de cette 10ème édition avec des animations, expositions et un colloque sur le
"cheval et la vigne".


Le cheval de trait pour labourer les vignes est une pratique ancienne qui pourrait revenir à la mode.  En deux décennies, le nombre de viticulteurs bio est passé de 7 à plus de 200.


http://alsace.france3.fr/info/alsace/le-cheval-avenir-des-vignes-64932584.html


 


Bises,Léa



plume de cib 28/09/2010 08:15



ouah merci pour cet article Lléa !


Cette intiative est partie du Gard, je crois. j'avais vu un reportage. Et le viticulteur était "assailli" par les étrangers. Il disait qu'en plus de ne plus polluer l'air avec les tracteurs, il
gagnait mieux sa vie qu'avant. Les vendanges se font d'une manière raisonnable pour ne pas dire raisonnée. Je suis vraiment contente d'apprendre qu'autant de viticulteurs aient choisi "le bon
sens"....



Fleche 27/09/2010 10:21



Qui plus est, dans le vin bio, pas de sucres ajoutés.


Moi qui aime particulièrement le vin d'Alsace, je n'en bois quasiment plus car il a perdu toutes ses qualités.


Le Sylvaner vin sec est devenu trop fruité...


Par ailleurs, les goûteurs ne perçoivent guère que les arômes dégagés dans le verre, puisqu'une fois en bouche, ils le recrachent. Or je ne suis qu'une consommatrice idiote qui croit que le vin
est fait pour être bu ! Résultat quand je bois du vin ailleurs que chez moi, j'ai un mal de tête assuré.


 


 



plume de cib 27/09/2010 12:00



idem pour moi, Flèche... Quand le vin n'est pas bio, il te tourne la tête et l'estomac....