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La plume dans l'kawa

réflexions - réactions - humeurs -


Le commandant bourré à la barre d'un mastodonte de 114 000 tonnes !

Publié par plume de cib sur 23 Janvier 2012, 18:00pm

Catégories : #SOCIETE

Alors donc ce commandant dont l'attitude sonne le glas des dernières valeurs humaines qui nous rattachaient à l'époque où le respect était figure de proue, a levé le coude en compagnie d'une jeune Moldave accoutumée à voyager avec ce grand séducteur qui frimait un max à la barre de son navire avec 4200 personnes à bord. Seul maître à bord, le capitaine haddock doit se bouffer les doigts de ne pas avoir plutôt choisi Tintin pour compagnon de croisière !

 

Petit rappel, entre mecs bourrés, ils devraient se comprendre.... sauf que l'un a créé et l'autre a tué...

Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

Naufrage du Concordia

Le commandant, ivre, frimait-il pour une femme?

Par Myriam Amara. Mis à jour le 20.01.2012 11 Commentaires

Au sixième jour de l’enquête, un nouveau personnage est sur le devant de la scène: une Moldave de 25 ans, qui se trouvait en compagnie de Francesco Schettino au moment de l’accident.

Domnica Cemortan, capture d'écran Vanity Fair

 

Que diable faisait une blonde platine sur le pont de commande du Concordia à 21h42 tapantes, l’heure du crash? La question se retrouve partout dans les médias italiens.

Cette Moldave de 25 ans au passeport roumain, nommée Domnica Cemortan, est la nouvelle figure au centre des recherches pour trouver une «vérité» à ce qui s’est passé et tenter de donner une logique à ce qui pour l’instant apparaît comme totalement absurde, écrit la Repubblica sur son site.

L’ex-danseuse et également hôtesse durant cinq ans pour la compagnie Costa a embarqué à Civitavecchia, pour ce qui a été l’ultime voyage du Concordia et de son ami Francesco Schettino.

Le mystère entourant cette jeune femme s’est dissipé mercredi déjà. En moins de 24 heures, elle est devenue une formidable arme de pression sur un homme aux arrêts domiciliaires et qui devra donner des explications douloureuses à sa famille également.

Pas une passagère clandestine

Selon l’enquête, Domnica Cemortan a en effet participé aux événements qui, semble-t-il, ont animé le pont de commande entre 21h30 et le moment fatal de l’impact sur les rochers.

La jeune femme, affirme la compagnie, était régulièrement enregistrée à bord. Il ne s’agit donc pas d’une passagère clandestine qui serait montée au dernier moment sur un caprice du commandant. Ce qui intéresse les enquêteurs est de savoir pourquoi cette femme qui avait un billet n’avait pas de cabine. Où donc dormait-elle?

Cabine ou pas, reste toutefois une certitude: entre 20h44 et 21h30, Domnica Cemortan est assise à la table VIP du «Club Concordia», le plus exclusif des restaurants du bateau.

Un passager, Angelo Fabbri, raconte la scène: «Le commandant était assis en face de la demoiselle. Il portait un uniforme sombre, tandis qu’elle était vêtue de noir. J’en suis certain parce que nous étions installés dans le même restaurant.»

 

LA SUITE ICI TRIBUNE DE GENEVE

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