Incohérence des politiques environnementales qui se succèdent

Publié le 10 Octobre 2009



Réfléchir à court terme, c'est le leitmotiv des politiques depuis le début de l'ère industriel. Et ces cinquante dernières années, il leur a fallu raccourcir encore la portée de leurs réflexions  parce qu'ils doivent avant tout songer à sauver leur siège d'élus Ils doivent par ailleurs répondre, donner des solutions à tout, ils n'ont aucune compétence particulière pour le faire ou pour  accéder à un poste, si ce n'est celle de communiquer mieux qu'un autre.

Nous avons donc affaire à des dirigeants dont la principale activité est de briller en public comme dans les soirées privées VIP où ils se font des amis, des ponts leur assurant la pérennité de leur poste.

Bon, c'est vrai, j'enfonce des portes ouvertes. Il y a longtemps qu'on sait qu'on vote pour des polichinelle imbus de leur personne, chargé à bloc d'ambition personnelle. D'ailleurs, le taux d'abstention lors des élections n'a jamais fait qu'augmenter. C'est le seul moyen que nous ayons de nous faire entendre, et pourtant, ce moyen n'est pas reconnu pas notre constitution. C'est peut-être pourquoi nous avons si souvent utilisé la rue. Mais au fil des ans, la communauté des élus s'est si savamment renforcée qu'elle fonctionne à présent en autarcie. Le président est devenu Roi avec un pouvoir absolu, le gouvernement n'est plus au ministre mais au président. Vous avez remarqué qu'on dit "le gouvernement  Sarkozy" et non "le gouvernement  Fillon". A moins que le président soit devenu premier Ministre. Dans ce cas, la France n'est plus dirigée par personne. Le gouvernement vote des lois, empile des lois, dans le but de contenter l'opinion publique dont les réactions ne peuvent être objectives car le Peuple reste assez peu informé sur un sujet politique de plus en plus compliqué à cerner.

Pourquoi cette réflexion, somme toute bien banale ? Parce que le gouvernement Sarkozy, voyant arriver la vague verte avec une peur bleue, s'est fendue d'une énième Taxe sur les carburants, en faisant croire que celle-ci est destinée à la sauvegarde de notre planète. C'est une nouvelle fumisterie. Dans la mesure où il n'existe pas de moyen autorisé pour se passer de pétrole, l'augmentation du prix à la pompe va entraîner une augmentation des prix en général. Puisque tout le monde a besoin de carburant pour se déplacer ! Le prix du transport grève lourdement les produits, il les grèvera encore plus ! Tous ceux qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer imputeront l'augmentation de leurs déplacements sur les prix de vente, d'honoraires etc.... Tous les secteurs seront touchés, absolument tous !!! Nous sommes déjà en pleine crise économique, les gens n'arrivent plus à faire face à des dépenses de première nécessité. L'activité va donc encore se ralentir. On peut ne plus se chauffer du tout, certes, manger moins, repriser ses vêtements, s'éclairer à la bougie, se coucher et se lever avec les poules pour profiter de la lumière du jour. En restreignant notre train de vie, on restreindra notre consommation, cela est bon pour la planète, mais cela est très mauvais pour le chômage qui va grimper encore plus dangereusement. Et la, il faudra de nouvelles taxes, de nouveaux impôts. C'est la fuite en avant.

Depuis cinquante ans, on favorise la consommation des ménages. On crée des temples de la consommation, le dernier en date, le village des marques à Montpellier est un hommage vibrant et grandiose à sa majesté EURO ! On implante des grandes surfaces en rase campagne, à la sortie des villes. On laisse se vider les villages, les centres villes de tous commerces ! Il devient impossible de faire ses courses à pieds ou à vélo !!! C'est pourquoi je parlais de politique à court terme. A l'heure où il n'est plus possible de se passer de l'automobile, même pour aller au cinéma, on nous demande de nous en passer ou de passer à la caisse. On ne nous laisse pas le choix ! Les campagnes désertes, les centres villes ravagés, les quartiers inexistants, toute l'humanité du contact de proximité a disparu. Nous sommes enfermés dans nos caisses de tôle pour nous déplacer. Nous sommes des milliards à voyager dans nos bulles puantes, à nous insulter à travers nos vitres levées, à nous fusiller du regard, à nous griller la politesse, mais nous ne pouvons plus faire autrement !!!! VOILA où mènent l'incompétence de politiques gouvernementales décidées au jour le jour, suivant l'humeur et les tendances. Voilà où conduit l'absence de pouvoir politique au profit de celui des économies de marché, des lobbies industriels. Nous sommes dans l'impasse.

Je n'ai pas vraiment de fin à écrire. Il n'y en a pas, nous sommes dans un cercle vicieux.

Le point positif est la pub de la SNCF en ce moment pour le ferroutage. Je ne sais pas si l'argent dépensé pour cette pub l'est à bon escient. Bien sûr que nous sommes d'accord pour supprimer les putains de camions et faire voyager les marchandises sur rail. Mais quel pouvoir avons-nous ? Cela fait des lustres qu'on attend  et rien ne se passe. L'autre nuit, j'étais sur l'autoroute. J'avais à croiser des trains de camions ! Il n'y avait aucune voiture à part ma petite Twingo !!! Et tous ces camions, béh, aucun n'était français. Bien sûr, les entreprises de transport françaises se sont délocalisées à l'étranger où la main-d'oeuvre est moins chère. Alors je pose la question : quel pouvoir à la France d'interdire d'être ainsi traversée par les camions venant de l'étranger sans être aussitôt rappelée à l'ordre par Bruxelles ?
A l'heure où on veut nous imposer une taxe dite carbone pour faire bien dans le film, l'état est incapable de mettre fin à la plus grosse pollution sur routes en France, soit les millions de camions qui sillonnent les autoroutes à longueur d'année !!!
Comme en tout, le raccourci, la facilité, la réflexion à très court terme, je dirais même que nous en sommes arrivés à pas de réflexion du tout ! Je vous disais bien, le cercle vicieux.

Rédigé par plume de cib

Publié dans #CHAMBRE DE REFLEXION

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corinne 11/10/2009 15:17


Bonjour Cib
Ton billet de ce dimanche sent bien bon le VRAI
Perso je commande(via internet)mes courses de la semaine à une association regroupant 80 agriculteurs et artisans des Cevennes et du Languedoc :100%  des produits proviennent d'exploitations
familiales et artisanales.80% sont fermiers et 45% bio.Je ne vais plus au marché de mon village car c'est une mini annexe du marché-gare de Montpellier à quelques exceptions près !
Bien sur,aussi par gain de temps.Mais quel bonheur d'aller chercher sa commande tous les jeudi :de temps en temps des représentants de l'association sont présents et nous font découvrir les
nouveautés autour d'un petit buffet.Et puis surtout le lieu du retrait  est super:c'est un tout petit restaurant,crêperie,"souperie",bar à vin,lieu d'expositon d'artistes de la région: un
petit eden...si precieux. C'est ma parenthèse du jeudi soir...
Quand on deballe tout en famille, qu'on cuisine ces produits si beaux et si bons,qu'on goute un bout de chaque fromage avant de le ranger, qu'on discute du menu de la semaine...c'est juste le
bonheur dont tu parles si bien.
Je ne mets quasi plus les pieds dans une grande surface et compense le prix certes un peu plus élevé, par mes courses de produits  basiques dans des hard-discounters(qui fleurissent).
Le lien au cas où:
http://www.terroir-direct.com/index.php

Bon dimanche.
Corinne


plume de cib 11/10/2009 17:00


Ca c'est une bonne idée, Corinne.. Je suis en train de visiter le site...
Sur le marché où je vais, comme je l'écrivais, il y a quelques petits filous qui vendent des produits achetés au marché gare. Mais on les repère vite... Et comme tu dis, quand on arrive chez soi et
qu'on déballe ses produits, qu'on fait goûter ses trouvailles, c'est un vrai bonheur familial... Après avoir écrit ce billet, j'ai eu une autre pensée que je livre ici. Les produits du marché ne
sont pas anonymes comme ceux exposés dans les hyper. On connaît leur propriétaire qui s'est penché sur leur croissance avec l'amour du paysan.... Et je crois que ça fait toute la différence. Du
coup, on se prend à aimer le produit, à le cuisiner avec tendresse.... C'est beau la poésie du terroir.....


Fleche 11/10/2009 11:58


C'est créateur de lien social, et ce n'est pas un mot en l'air.
Le lundi à 16 h toujours dans notre petit village, nous avons un marché de producteurs, pas bio, mais ils ne vendent que ce qu'ils produisent.
Les tomates "coeur de boeuf" avec juste un peu de sel dessus ... un délice

Et puis oui les recettes s'échangent, ainsi le potage au potimarron par exemple un est fait de façon traditionnelle, l'autre avec des chataignes et de la muscade ... la vie entre hommes et femmes
qui peut être agréable.



plume de cib 11/10/2009 12:13


Tu sais, flèche, je crois que nous n'avons rien à attendre des politiques mais tout à attendre de nous. Le plaisir de se retrouver sur un marché, au milieu de produits du terroir, en toute
simplicité avec des gens qui, comme nous finalement, recherchent un contact avec la Terre, avec l'humain, en dehors de toute hiérarchie, est un pas de géant vers une société que nous sommes seuls à
pouvoir créer.
Nous savons parfaitement revenir aux gestes simples, nous savons parfaitement ce dont nous avons besoin pour être bien.... Au marché, on ne se sent pas agressés, on n'agresse pas, c'est un vrai
bonheur... Et le potage au potimarron, miam... Tiens, en ce moment, c'est l'époque des chataignes, j'en achêterai la prochaine fois et ferais la soupe, tu m'as mis l'eau à la bouche...
Vendredi, j'ai acheté une petite courge muscade à un papy qui fait sa petite production, un vrai régal. Et je peux assurer à tout le monde, que vous ne dépensez pas plus d'argent au marché, bien au
contraire !!! Je suis passée ensuite à Carrefour pour acheter de la flotte, j'ai jeté un oeil sur les légumes, ils étaient tous plus chers qu'au marché, largement plus chers !


Fleche 11/10/2009 10:22


Dans mon petit village gaulois, nous ramenons des commerces de proximité. Ca fait bientôt dix ans qu'il n'y avait plus de boucher, il y en a un qui vient de revenir il est satisfait car il
travaille avec des produits de qualité et donc il a des clients, et les clients sont satisfaits de pouvoir aller acheter leur viande à pied.

C'est un des clés : les petits commerces.

Après, on vit très bien sans avoir besoin de s'habiller avec des marques, en faisant sa cuisine et non en achetant des plats cuisinés.

Evidemment c'est une autre façon de vivre et ce n'est plus le temple de la consommation.

Mais la course en avant de la croissance n'est pas la solution.

La préservation de l'environnement passe par d'autres modes de vie et peut générer d'autres formes d'activités économiques.


plume de cib 11/10/2009 11:42


J'espère que beaucoup de petits villages gaulois suivront la voie de la sagesse, Flèche. Perso, puisqu'il n'y a plus de commerces de quartier dans les villes, ou si peu, je vais au marché de
producteurs tous les vendredis matins. J'y vais avec un ami à qui j'ai fait découvrir le bonheur de flaner au milieu des étals des producteurs. Ils ont toujours une petite blague à nous raconter,
un bout de persil à glisser dans le panier, ils arrondissent les prix, nous mettent un peu plus que le poids payé etc... J'ai même eu le charcutier  qui m'a fait cadeau d'une tranche de pâté
maison, je ne l'ai vu qu'en rentrant chez moi. C'est une ferme charcuterie. Il élève le cochon, le traite, le vend. Le boudin, c'est à se damner tellement il est bon. Rien à voir avec les trucs
secs sous vide qu'ils te vendent en hypermarché. En plus au marché, cela sent bon ! Dans les hypers, ça sent la vieille bouffe, la transpiration, le ras-le-bol des gens qui se regardent en chien de
faïence.
Le bonheur du commerce de proximité, c'est non seulement une solution radicale contre la pollution, mais aussi du travail pour toute une foison de jeunes artisans, le retour au contact. Au marché,
on se parle entre gens qui se croisent, qui choisissent des légumes. On s'échange des impressions, des recettes, on se donne des tuyaux... Bon, je vais faire un billet parce que j'ai des tas de
choses à dire.... Bise