Pour qu'on sache qui fait quoi, qui vote quoi, en dehors des belles paroles de campagne !
Par Nicolas Dupont-Aignan le mardi, février 21 2012, 19:13 - Lien permanent
Aux questions d’actualité, pour la première fois de ma vie de député, le Président de l’Assemblée Nationale a voulu me sanctionner au seul motif que je brandissais l’image d’un chèque de 140
milliards d’euros représentant la somme que les députés vont affecter ce soir, dans l’indifférence générale au Mécanisme Européen de Stabilité (MES).
Pour le Président Accoyer il est donc plus grave de défendre la séparation des pouvoirs et le rôle de l’Assemblée Nationale que de voter la soumission budgétaire de la France à un organisme
international basé au Luxembourg et dont les directeurs bénéficieront de l’immunité totale.
C’est le monde à l’envers !
Celui qui est censé défendre les droits du Parlement blâme symboliquement l’un des seuls députés qui s’indigne en séance de voir rayer de la carte la souveraineté budgétaire de la France.
M. Accoyer ne supportant visiblement pas qu’un gaulliste comme moi montre à la télévision la dette extravagante que le gouvernement et la majorité vont contracter pour sauver un système
financier devenu fou.
Je suis fier d’avoir pu, à ma façon, attirer l’attention des Français sur ce qui se trame.
Publié par CBI le Mardi 21 Février 2012
Ce soir, dans un silence médiatique impressionnant, va s’ouvrir à l’Assemblée nationale un débat essentiel pour l’avenir de la France : le vote instaurant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES)
qui condamne la France à l'austérité perpétuelle et sa soumission totale au système financier.
Les mêmes qui prétendent réduire la dette colossale de notre pays s’engagent à verser immédiatement 16,3 milliards d’euros à ce monstre institutionnel, puis à garantir 140 milliards ! Des sommes
qui pourront à tout moment gonfler à la simple demande du Conseil des gouverneurs.
Car le MES est aussi une anomalie juridique : une institution dont les membres sont irresponsables politiquement et juridiquement. Ils bénéficieront d’une véritable immunité pour mieux pouvoir
contrôler les politiques nationales.
Les Parlements nationaux seront quant à eux dépossédés de leur pouvoir budgétaire, ce qui n'est rien d'autre que la fin de la démocratie dans notre pays, née en 1789 de la volonté du peuple de
contrôler l'impôt auquel il est soumis. Après la suppression du contrôle des frontières puis de la monnaie, la France abdique cette fois le contrôle de son budget.
Alors même que l’on impose des plans d’austérité à toute l’Europe, obligeant la France à supprimer policiers et professeurs, des sommes astronomiques sont déversées sans mesure au profit d’un
système économique à bout de souffle. Cet argent sera une nouvelle fois gaspillé sans même traiter le mal économique qui frappe la zone euro, à savoir l'euro cher qui plombe nos entreprises dans
une mondialisation inéquitable.
Une fois encore les dirigeants européens préfèrent sauver les banques plutôt que les peuples.
Nicolas Dupont-Aignan
Député de l’Essonne et candidat à la présidence de la République
Publié par CBI le Lundi 20 Février 2012
Mardi, le Parlement doit se prononcer sur le Mécanisme Européen de Stabilité, encore un nouveau traité européen anti-démocratique et antisocial. Malgré son apparent et récent intérêt pour le
référendum, Nicolas Sarkozy préfère une procédure d’urgence au Parlement plutôt qu’un vote populaire…
Un nouveau machin européen
Le MES est le prolongement du FESF, qui expire en 2013. Je vous conseille vivement le papier de Raoul-Marc Jennar, qui
détaille parfaitement tous les problèmes posés par ce MES ou celle de Romain Rochas sur le blog Réalités ou
Illusions perdues. Comme ils le soulignent, il est proprement délirant qu’un véritable débat public n’ait pas lieu devant l’importance du dispositif, qui engage notre pays à hauteur de 142
milliards d’euros, plus du double du budget annuel de l’éducation nationale !
Tout d’abord, ce texte est conditionné au Pacte Budgétaire, ou TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’UEM), qui a été adopté le 30 janvier et qui devrait être
signé au prochain sommet européen, avant d’être ratifié par les différents Etats. Il s’agit notamment de la règle de plomb, ou camisole budgétaire pour les Etats européens. L’Europe nous a à
nouveau concocté un mécanisme opaque et technocratique qui soumet les souverainetés nationales.
Pire, le siège du MES se trouve au Luxembourg, parasite fiscal notoire. Comme le souligne Raoul-Marc Jennar, le MES bénéficie de l’immunité des institutions internationales, tout en ne rendant
compte ni au parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens. Comme d’habitude des pans immenses de la souveraineté démocratique sont arrachés aux peuples pour être confiés à des
organisations opaques et technocratiques, comme le montre cette vidéo.
L’impasse politique
Par-delà le fait que le débat public ne se soit clairement pas suffisamment développé, à part dans Marianne et quelques sites alternatifs, il est dommage que la campagne n’en parle pas plus. Bien naturellement, il n’y a pas que le Front de Gauche qui s’oppose à ce nouveau
traité. Avec Nicolas Dupont-Aignan et DLR, nous nous y opposons depuis toujours, comme à tous ces mécanismes anti-démocratiques, comme le prouve l’opposition de NDA au FESF à l’Assemblée en mai
2010.
Le Parti Socialiste a décidé de s’abstenir demain. Liem Hoang-Ngoc explique qu’il s’agit d’un « signal pro européen mais critique ». Le PS ne peut accorder un blanc seing au gouvernement en
votant « oui », ce qui serait contradictoire avec le discours de son candidat. Mais il ne veut pas non plus s’opposer frontalement à ce traité, ce qui augure plutôt mal de sa détermination à
véritablement renégocier les traités européens si jamais François Hollande venait à être élu.
En fait, le Parti Socialiste a toujours préféré l’Europe, aussi néolibérale et anti-démocratique soit-elle au peuple et aux politiques progressistes. Ceci n’est pas nouveau. Acte Unique,
Maastricht, Nice, Amsterdam, TCE, Lisbonne : à chaque occasion, le PS, paralysé par son internationalisme, est incapable de dire « non » à un traité européen, aussi révoltant soit-il. Ce parti
promet sans cesse une Europe sociale mais accepte toujours, ou laisse passer des traités antisociaux.
A défaut de pouvoir s’exprimer par référendum, contrairement aux promesses bien cavalières du président, les Français pourront dire ce qu’ils pensent de ce traité le 22 avril. Des partis
s’opposent à cette immense régression sociale et démocratique. Ce sera l’occasion de les soutenir.
Laurent Pinsolle,
Porte-parole NDA 2012
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