Désobéir, ça s'apprend !

Publié le 5 Mars 2012

 Bonjour,

On va partir sur une petite note optimiste en ce début de semaine. Je vous invite à apprendre à désobéir. Oh là là, c'est dur hein ! On a peur du grand méchant loup ! On a peur de se faire attraper par la maréchaussée. Avec toutes les restrictions, répressions, interdictions, on ne sait plus trop comment rester dans le "droit chemin". C'est un travail permanent qui prend la tête, évidemment. Le bourrage de crâne quotidien fait son chemin. On a peur d'atteindre à la morale, à la pudeur, d'être raciste, anti féministe, anti conformiste, révisionniste, conspirationniste, négationniste, trotskiste, nazi, vieux con, mal embouché, rétrograde. On a peur de ne pas rentrer parfaitement dans le moule. ouh Ouh ! OUH !

Et bien je vous invite à découvrir le Manifeste des Désobéissants, à participer à des stages de désobéissance, bref, à vous sentir un peu moins à l'étroit dans votre peau d'humain !

 

 

Les désobéissants :

  • - appuient les actions directes non-violentes de groupes et d’organisations progressistes chaque fois qu’une politique injuste, ou des pratiques irresponsables menacent le bien commun.

  • - forment les militants et citoyens à l’action directe non-violente en organisant des stages de désobéissance civile.

  • - tentent de décloisonner les milieux militants en favorisant les solidarités et les convergences entre les différentes luttes et pratiques altermondialistes.

  • - informent sur l’actualité des luttes désobéissantes.

 

Les Désobéissants répondent à l'Appel des Résistants

Site Meter

Bonjour à tous,

Nous sommes un certain nombre à penser que la situation inquiétante de notre planète nous impose de retrouver le chemin de formes d’action et de lutte plus efficaces et plus radicales. Nous croyons que la réalité des rapports de force que nous subissons en matière de nucléaire civil et militaire, de protection de l'environnement contre les pratiques de certaines multinationales, de mondialisation de l’injustice sociale, etc. exigent de renouer avec une culture de la désobéissance civile/civique, de l'action directe non-violente, du refus radical et ludique.

Conscients des limites liées aux modes traditionnels de mobilisation (pétitions, manifestations...), qui ne nous valent que de trop rares victoires, et n'attirent plus guère les nouvelles générations de militants, nous avons décidé de former un réseau informel de militants de l'action directe non-violente. Parce que nous voulons nous battre pour la défense de la vie et de la justice sociale, nous avons décidé de nous organiser en un groupe de volontaires et d'activistes prêts à agir de manière directe et non violente aussi souvent que nécessaire et possible.

Dans ses concrétisations (stages, rencontres, débats, événements de convergence des luttes), le manifeste des désobéissants est donc une plateforme d'échange et de rencontre autour de la non-violence active et de la désobéissance civile. Il se veut un outil que chacun doit s'approprier. Ainsi, la responsabilisation et l'autonomisation sont favorisées et essentielles pour aller vers une émancipation individuelle et collective tout en développant des solidarités actives.

Nous sommes des faucheurs d'OGM, des démonteurs de panneaux publicitaires, des clowns activistes, des dégonfleurs de 4x4 de ville, des inspecteurs citoyens de sites nucléaires, des intermittents du spectacle, des activistes écologistes, des hébergeurs de sans-papiers, etc. Nous pensons que nos luttes et nos méthodes relèvent d'une dynamique alter-mondialiste plus indispensable que jamais, et que c'est ensemble, et dans l'action directe non-violente, que nous rendrons possible la transformation radicale de notre société, et de ce fait notre survie à tous dans un monde redevenu vivable.

En espérant vous compter nombreux parmi nous,


Les Désobéissants

 

Télécharger le Manifeste au format pdf

 

 

RENTREZ DANS LE MONDE DE LA DESOBEISSANCE !

 

Réapprendre à désobéir

EXPÉRIENCE SCIENTIFIQUE

Quand la télé vous manipule

Le Point - 24 février 2010 - Par Emmanuel Berretta

En 1963, le professeur de psychosociologie Stanley Milgram inventait une expérience démontrant à quel point un individu peut obéir à un ordre contraire à ses valeurs, à savoir en l'occurrence infliger des décharges électriques de plus en plus fortes à un prétendu cobaye. Une expérience popularisée par le film I comme Icare, d'Henri Verneuil. Le cobaye était, en fait, de mèche avec le professeur et ne recevait nullement ladite électrocution. Il était situé dans une pièce voisine et se contentait de gémir en fonction des voltages de plus en plus puissants... Tout cela n'était qu'un subterfuge de manière à examiner le comportement de celui qui, obéissant aux injonctions du professeur Milgram, était capable d'infliger la charge électrique maximale. À l'époque, 62 % des personnes avaient obéi jusqu'au bout en se mettant dans "un état agentique", selon l'expression du professeur... 47 ans plus tard, combien d'entre nous, placés dans des conditions identiques, sont capables d'infliger jusqu'à 460 volts ? C'est ce que France 2 a voulu tester, en s'appuyant sur l'équipe du professeur Jean-Léon Beauvois, chercheur en psychologie sociale, dans un documentaire passionnant, Le Jeu de la mort , réalisé par Christophe Nick, diffusé le 17 mars prochain en prime time.

France 2 a légèrement modifié les paramètres de Milgram. Ici, il s'agit de vérifier l'impact de l'autorité quand celle-ci, au lieu d'être incarnée par un scientifique en blouse blanche, repose entre les mains d'une simple animatrice télé, en l'espèce, Tania Young. L'équipe du professeur Beauvois a donc reproduit l'expérience de Milgram, mais en la transposant dans un faux jeu télévisé. Une petite annonce passée dans la presse a permis de sélectionner 80 candidats. Chacun d'entre eux pensait participer au pilote (non diffusé) d'un nouveau jeu télé pour le compte de France Télévisions. Leur participation est bénévole. Un public est présent, qui applaudit comme dans les vraies émissions de jeu...

Le supplice de la chaise électrique

Le jour du tournage, les personnes sélectionnées se voient expliquer la règle : elles devront questionner un autre candidat (en fait, un acteur de mèche avec les scientifiques), lequel devra retenir 27 associations de mots. À chaque mauvaise réponse, le questionneur devra, en guise de "punition", pousser un levier et ainsi soumettre le candidat fautif à une décharge électrique de plus en plus importante. Le spectre du voltage part de 20 volts pour aller jusqu'à... 460 volts, en grimpant par tranche de 20 volts... Première surprise : aucun des 80 postulants ne conteste, à ce stade, le principe même du jeu. Comme chez Milgram, l'acteur n'est pas visible du questionneur. Il entre dans une capsule où on l'attache à une chaise électrique, puis on referme la capsule. Si bien que le questionneur est entretenu dans l'illusion que les décharges sont réelles, car il entendra les réactions à la douleur du faux candidat, mais ne le verra pas gigoter sur sa chaise. Et pour cause : l'acteur sort de la capsule par un petit passage secret, dissimulé à l'arrière. Ce qui va se passer à partir de là nous plonge dans une certaine horreur...

À 80 volts, devant la douleur (feinte) de l'électrocuté, le rire du questionneur est la première réaction de décompression. "Le rire relaxe et permet au cobaye de poursuivre vers de plus hauts voltages", explique Jean-Léon Beauvois. À 180 volts, les cris de l'acteur sont plus vifs : un premier groupe de questionneurs se rebelle. "À ce moment-là, 17 % des questionneurs décident de tricher en appuyant de la voix les bonnes réponses au QCM", observe le professeur Beauvois. À 320 volts, l'acteur supplie d'arrêter le jeu, mais l'animatrice Tania Young presse le questionneur : "Ne vous laissez pas impressionner, continuez..." Comment poursuivre la torture ? 70 % de ceux qui persistent nient la victime en parlant pendant qu'elle crie. À 380 volts, l'acteur ne réagit plus. Le silence fait croire que la décharge l'a fait s'évanouir. Et malgré cela, 80 % des questionneurs vont au bout de l'horreur... C'est plus qu'en 1963 ! Sur les 80 personnes testées, trois n'ont pas souhaité que leur passage figure dans le documentaire. Sur ces trois personnes, deux font partie des désobéissants. Plus intrigant, le "champion des rebelles" a refusé de se montrer. Il s'agit d'un individu qui, non seulement, a désobéi, mais a réussi à retourner en sa faveur le public de l'émission afin que cesse le tournage.

Désobéir ? Un exploit

Désobéir ? Visiblement, c'est difficile pour un individu isolé, soumis à la pression, même d'une simple animatrice. Ils ne sont donc que 17 sur 80 à avoir osé se rebeller contre l'autorité. La situation de l'expérience est, bien entendu, artificielle et mérite d'être relativisée. "Ceci ne se produirait pas dans le cadre d'une entreprise où un individu, soumis à un ordre contraire à ses principes, pourrait toujours s'appuyer sur, par exemple, ses collègues pour refuser d'obéir." Ici, l'individu n'a aucun recours. Il passe pour la première fois à la télé. Les caméras, les lumières, le public, tout l'impressionne. Et puis, il a confiance dans la production qui, pour l'inciter à aller plus loin, lui fait savoir, par l'intermédiaire de l'animatrice, qu'elle le décharge de toutes ses responsabilités... Le cobaye subit cinq degrés d'injonction. Si, à la cinquième, il continue à résister, le jeu s'arrête. L'expérience le considère comme un désobéissant.

L'équipe de Jean-Léon Beauvois a introduit des variantes sur un petit échantillon des cobayes. Dans la première d'entre elles, l'animatrice se retire et confie la maîtrise du jeu au seul questionneur. Dès lors, sans la pression de l'autorité, le taux de désobéissance monte à 75 %. Deuxième variante : introduire un conflit entre deux autorités légitimes. Le scénario est le suivant : à 180 volts, une personne de la production fait irruption sur le plateau sur le mode "On arrête tout, ça dérape, c'est une catastrophe !" Tania Young, au contraire, insiste pour poursuivre le tournage. Le questionneur observe donc que quelque chose cloche. Il doit choisir son camp : l'animatrice ou la chargée de production...

"La télévision est mûre pour tuer"

C'est ici l'une des différences majeures avec l'expérience de Milgram, lequel avait lui aussi introduit ce conflit entre autorités : en 1963, la désobéissance était massive. Aujourd'hui, les questionneurs ont continué à pousser les décharges en se rangeant aux ordres de l'animatrice Tania Young ! "Des situations qui produisaient le désordre n'en produisent plus", constate le professeur Beauvois, tandis que Christophe Nick, l'auteur du documentaire, en déduit que "la télévision est mûre pour accueillir un jeu où le but consiste à tuer son prochain".

Conclusion sans doute un peu exagérée, non ? "Cette expérience est terrifiante parce qu'elle montre que nous obéissons davantage à la télévision qu'à n'importe quel pouvoir, conclut-il dans L'Expérience extrême , un ouvrage (aux éditions Don Quichotte) qui relate les détails de cette aventure humaine aux confins de l'horreur. C'est la dérive de la télévision commerciale vers des programmes de plus en plus violents qui a banalisé la torture sur un plateau." Un réquisitoire qui sera débattu juste après la diffusion du documentaire le 17 mars prochain, autour de Christophe Hondelatte.

L’”ultra-gauche”, version jardinage

Ils sont désobéissants, anarchistes, font des opérations commando la nuit. Aux Etats-Unis et au Canada, rien n’arrête la “guerilla gardening”.

Ces gangs de l’arrosoir ciblent les zones en friche bouffées par les mauvaises herbes, les quartiers oubliés par l’embellissement fleuri. Ils y plantent, dans la plus parfaite illégalité, arbres et fleurs, de préférence d’entretien facile et peu gourmands en arrosage.

Des citoyens autonomes qui décident de se réapproprier les paysages urbains, si importants pour l’image que l’on se fait de son quartier. Le phénomène a gagné Londres et Berlin et une véritable internationale du “jardinage de combat” se met en place, avec échange de techniques discrètes et de bonnes graine.

Comme nos guerilleros des caténaires SNCF, ils “vandalisent” des lieux publics, qu’ils jugent mal gérés par les autorités. Mais là, les citoyens sont avec eux et pratiquement inattaquables en justice, tant un procès risquerait de tourner à leur avantage. Ou quand les anars sont sympas…

>>>le blog d’un guerillero londonien
>>>le “guerilla gardening” sur Wikipedia
>>>Dans le genre, le graffiti en mousse

Source : blog Le Monde 12 novembre 2008

Le guide gratuit de nos droits face à la police et face à la justice

Une video sur les stages des Désobéissants (2mn 50s)
L'Institut Albert Einstein

L'Institut Albert Einstein, spécialiste des recherches sur la non-violence active, répond aux pincipales questions que l'on pose généralement aux activistes non-violents.
Certaines de ses publications sont disponibles en téléchargement en français.

Le témoignage d'un désobéissant pendant le rassemblement anti-G8

Heiligendamm : Allemagne, juin 2007
Partie 1 :
"Mercredi 6 juin, 3 heures du matin. ça hurle dans tous les coins. Je m'éveille en sursaut, et en un instant tire la fermeture de l'ouverture de ma tente. Je dors tout habillé et le duvet est ouvert : c'est plus rapide en cas d'urgence. Je sors alors ma tête, et essaye de me réveiller. Brouillard total. Soudain, des ombres traversent l'espace en courant. Au loin, une voie continue à gueuler « Alertaaaaaaa ! »...
L'ambiance est posée. Je vous écris ce message depuis une tente Indymedia au camp de Reddelich. Il fait une sacré chaleur, aujourd'hui. Ma journée en taule hier était plus fraîche. C'est peut-être aussi que je n'ai pas encore dormi. Juste à côté de moi, radio-G8 donne régulièrement les dernières nouvelles en allemand, anglais, et juste en ce moment en français ! Ceci illustre le haut-niveau d'organisation du camp et des activistes. De l'avis de tous, ce contre-sommet marque incontestablement une avancée remarquable aussi bien en terme de mobilisation, d'organisation, que de radicalité...
Fausse alerte. On le comprend rapidement, alors que l'alarme cesse peu à peu, et qu'on se rend bien compte que sur notre barrio « Bicycle Caravan Belgium », on est pas bien nombreux à s'être sorti du pieu ! Je me rendors rapidement. Demain, nous nous lèverons tôt pour prendre la route en vélo.
7h30 : Nous partons à seize sur nos vélos en direction de la zone nord-ouest, du côté de Steffens-Hagen. Notre objectif est de rouler en délégation en direction de Kulhungsborn, au nord ouest de la zone interdite, en longeant la route à la limite de la première zone de sécurité. Pique nique en bord de mer à l'arrivée? On ne sait pas encore bien. A mi-parcours, nous entrons dans un bois, que nous traversons. Derrière nous, une file d'une dizaine de véhicules. Un ruban adhésif jaune a été tendu entre deux arbres, coupant la route.
On s'arrête un instant. Un véhicule de police est juste derrière nous, comme à chaque instant, dans la région.

LA SUITE ICI

Rédigé par plume de cib

Publié dans #SOCIETE

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