Casse imminente de notre modèle social : Thiérry Hainaut ne doit pas être mort pour rien

Publié le 3 Mars 2012

 

Bonjour,

Je reviens sur la mort de Thierry Hainaut. Il avait soigneusement planifié sa mort, prévu l'envoi massif d'un email d'explications parce qu'il voulait que sa mort ne soit pas vaine.

Lorsqu'on discute avec des français installés à l'étranger, ils sont en principe sidérés de voir ce qui se passe en France, et la totale inertie du peuple. Leur vision de nos situation est extérieure, plus large, plus globale tandis que la nôtre est totalement rétrécie. Je crois que nous ne voyons plus rien, nous finissons pas tout trouver normal. Sans cesse les politiques nous assènent que les problèmes viennent de la crise ou de nous-mêmes. La crise, elle a bon dos. En France, les gens meurent dans la rue, les enfants et leur mère vivent dans la rue. Des gens qui travaillent vivent dans leur voiture, dans des caravanes, des cabanons. Il n'y a jamais eu autant d'écart entre les riches et les pauvres. Les classes moyennes ont été écrasées. Les services publics ont peu à peu disparu, le privé les a remplacés. En France, les hommes ne naissent plus libres et égaux en droit !

La CPAM est en passe d'être privatisée. Sous la houlette d'un frère Sarkozy qui je vous le rappelle a fait en sorte que devienne obligatoire une certaine assurance prélevée sur les salaires. Une fois de plus les salariés n'ont pas eu leur mot à dire. Une fois de plus, Sarkozy a considéré que l'avis du Peuple n'a aucune importance, tout comme il vient de le faire au niveau du conseil européen. Un rouleau compresseur est en train de nous assassiner. Alors on attend encore une cinquantaine de jours parce qu'en peuple adulte et raisonnable ou naïf et impuissant, nous croyons encore à la démocratie du peuple, c'est-à-dire au vote. Mais pour qui donc allons-nous voter ? Un Sarko, un Hollande ? Ils nous les vendent à tour de bras certes. Comme ils pratiquent la même politique car ils sont les polichinelles des mêmes marionnettistes, ils essaient de faire croire en leur différence en se querellant en public, sur des petits sujets bien sûr, afin de détourner notre attention.  Déjà pendant tout son quinquennat, Sarko a mis en scène sa vie privée pour la même raison. Ils sont petits ces deux-là, si petits. A leur côté, deux voitures balais, Mélenchon en permanente représentation, et Bayrou qui nous joue le sage mais qui n'a rien à dire si ce n'est qu'il veut être président de la république. Et voilà ! Marine Le Pen essaie de percer les défenses du Palais, mais cela devient de plus en plus difficile. Nicolas Dupont Aignan qu'on traite de souverainiste se démène avec un vrai programme, mais il est sans cesse rabaissé au niveau de bouffon. Je ne parle même pas d'Eva Joly que les médias ont décidé d'oublier tout simplement alors qu'elle aussi parcourt la France et donne des meetings. Poutou lui représente le néant, et le reste, on ne sait pas. Les deux Polichinelle tiennent toute la place sur la scène du Grand Guignol ! J'ai carrément l'impression qu'on a tous un ange gardien qui va nous tenir la main au-dessus des urnes ! Alors montrons leur que nous sommes des râleurs, oui, et que nous ne laisserons pas voler nos élections. Au nom de nos parents, de nos grands-parents. les miens, je ne les ai jamais vus être aussi naïfs. Ils savaient très bien faire croire qu'ils étaient sourds ! Et ben nous aussi, on est sourds !

 

 

Béziers Suicide à la CPAM : l'un des collègues de Thierry Hainaut témoigne

JEAN-PIERRE LACAN
03/03/2012, 10 h 13 | Mis à jour le 03/03/2012, 11 h 09
Les collègues de Thierry Hainaut se sont recueillis hier devant la CPAM, où l’émotion était vive.
Les collègues de Thierry Hainaut se sont recueillis hier devant la CPAM, où l’émotion était vive. ( Photo PIERRE SALIBA )

L’omertà. La loi du silence justifiée à la fois par le profond traumatisme qu’a provoqué le suicide de Thierry Hainaut, ce cadre de 52 ans qui s’est pendu mercredi soir dans les locaux de la “Sécu” de Béziers, mais aussi par des consignes données en interne. Cette loi, pourtant, l’un de ses collègues a décidé de l’enfreindre. Sous couvert d’anonymat, mais en donnant des gages sur la crédibilité de son témoignage, il nous a parlé pour que le geste terrible ne reste pas sans écho. Par remords, également, de n’avoir pas su détecter les signes du naufrage.

Lui aussi a failli sombrer au bout de trois décennies d’ancienneté. "J’ai été en dépression pendant quatre ans. Sous traitement et suivi par un psy. Tout ça à cause du harcèlement dont j’étais l’objet. Je faisais mon travail du mieux possible, mais on m’accablait de reproches : je n’étais pas assez sévère avec les agents, je ne les surveillais pas assez, je n’étais pas un bon manager."

"La fusion fut douloureuse pour beaucoup"

Un harcèlement dont il ne parle qu’à son psy : "Il me conseillait de changer de poste, d’aller aux prud’hommes, je ne pouvais pas. C’est terrible, le harcèlement. On en vient à douter de soi." Finalement, il se décide à contacter un agent de direction qui l’écoute, le comprend et lui redonne confiance : "J’ai eu de la chance, moi."

Ce qu’il dénonce, c’est un encadrement d’un autre âge marqué par deux décennies de "tyrannie" managériale. "Les directeurs se sont succédé mais les pratiques n’ont pas changé."  SUITE ICI

Rédigé par plume de cib

Publié dans #POLITIQUE INTERIEURE

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Gouesin Marie-Armelle 05/03/2012 11:25


oui, vous pouvez le publier car, qui osera en parler de ces sujets sensibles politiquement. Je prends ce risque et suis obligée de passer par des intermédiaires comme vous pour faire
connaître au niveau national, les souffrances individuelles et isolées qu'impose l'omerta décrété par des dirigeants de la SS : véritable enjeu de pouvoir, puisque s'y retrouvent ausi les
lobbies de la santé, des laboratoires, des assurances privées etc. Pourquoi les grands médias sont ils restés, dans ce domaine, étrangement bien silencieux quand ils sont si prompts à
couvrir les faits divers d'incivilités dans les transports par exemple?


MA GOUESIN

plume de cib 05/03/2012 11:50



Merci. Voilà qui est fait. Je crois qu'on est en train d'essayer de nous ensuquer. On doit reprendre les rênes de notre pensée et voir les priorités. Des témoignages comme le vôtre sont
essentiels et doivent être mis en lumière, circuler. Il est temps de voir enfin la réalité.... Merci encore



GOUESIN Marie-Armelle 05/03/2012 11:01


Au soir du 29 Février dernier, mon mari recevait le message poignant de Monsieur T.HAINAUT - bien que nous ne le connaissions pas personnellement. L’annonce de cette fin tragique fut un choc
émotionnel car, outre le drame qui venait de se dérouler, il réveillait en nous, plus particulièrement pour mon mari, une souffrance qui perdure depuis déjà plus de six ans...


Epouse de l’ancien directeur de l’URSSAF de Vendée, j’ai vécu au côtés de mon mari - et peux en témoigner preuves à l’appui - un épisode de sa vie professionnelle tout aussi injuste qu’inattendu
et brutal.


Je constate donc aujourd’hui que -quel que soit le niveau hiérarchique des agents concernés- des pratiques ignobles sont aussi (et toujours) en vigueur au sein de toute l’Institution de la
Sécurité Sociale: déstabilisation, isolement, « placardisations » (dans un corps de mission parisien notamment), menaces et intimidations (y compris judiciaires), calomnies d’une
violence insupportable et diffamations insoutenables (y compris par voie de presse) portant attente à l’honneur, à la probité (et à la sante morale et physique) d’un homme
« trainé dans la boue !» avec l’accord implicite d’une hiérarchie tenue parfaitement informée mais restée silencieuse.


Tout a été tenté par les dirigeants de l’ACOSS (à l’époque Mr LC.VIOSSAT et Mr B.BILLON) manipulant les administrateurs (en particuliers le Conseil de Présidence de l’URSSAF de La Roche-sur-Yon)
par des compromissions et des tractations inavouables pour obtenir l’éviction de son directeur – fusse au prix d’un « passage en force » - devenu subitement indésirable et encombrant
(au prétendu motif de son … incompétence !).


Celui-ci a finalement été licencié à l’âge de 59 ans après 33 ans de carrière jusque là honorable et reconnue efficace … Licenciement prononcé dans des conditions aussi abjectes qu’inacceptables.
A savoir : au total mépris de la Convention collective des agents de direction, en violation du Code de la Sécurité Sociale, des Statuts de l’URSSAF et de celui des agents de direction …
obligeant donc mon mari à saisir plusieurs juridictions.


Depuis six ans, nous luttons en dépit des « avertissements menaçants» de plusieurs de ses anciens Administrateurs sur les « difficultés » que nous rencontrerions en cherchant
à nous battre contre une Institution sociale qui se prétend pourtant « irréprochable » …. Nous espérons encore pouvoir croire en une Justice indépendante rendue « au nom du
Peuple Français » !


D’autres agents de direction luttent eux aussi – certains dans la plus grande souffrance psychologique - pour avoir subi de tels actes et obtenir la reconnaissance de leurs droits les plus
élémentaires.


Sans vouloir prendre partie sur les raisons personnelles qui ont poussé Monsieur HAINAUT à se faire violence, je crois que son acte constitue un révélateur des graves dysfonctionnements de la
part de certains dirigeants de l’Institution, y compris au niveau national, qui ne peuvent pas  s’affranchir impunément  de leurs agissements cyniques ;
même dans le cadre de la restructuration (destruction ?) du Service Public.


A toute la famille du défunt, nous faisons part – mon mari et moi - de nos sincères condoléances et souhaitons tout le courage nécessaire pour affronter le passage de cette douloureuse épreuve.

plume de cib 05/03/2012 11:10



je vous remercie de votre témoignage. Si vous le permettez, je vais le passer en article afin qu'il soit amplement diffusé. Interpellons les candidats à la présidentielle qui jusque-là n'ont pas
eu grand chose à nous raconter. Merci encore.


Thierry Hainaut vient de mettre en lumière un drame national.