Oh Mon Dieu !

Publié le 7 Août 2009



Deuxième billet en deux jours, je fais un effort considérable.... Faut dire que je ne chôme pas tout à fait quand même. J'aide un copain à retaper l'apparte où il vient d'emménager. Y a du boulot, mais bon. Une fois terminé, il sera joli, joli.... A ce propos, j'ai le plaisir de signaler à tous ceux qui cherchent un logement et qui sont, selon le terme consacré, en situation "précaire", que le miracle peut arriver. ! Mon copain est au RMI, en train d'écrire son premier roman auquel je participe. Il cherchait un logement plus spacieux que son carré cage à lapin de 17 m2 depuis le mois de mars. Il a visité deux ou trois logements, donné quelques coups de téléphone, rien de démesuré. Et puis, et puis, début Juin, il appelle pour une annonce parue dans le TOP. Comme il le fait toujours, il explique sa situation, précise qu'il a quand même la caution de sa mère retraitée. La femme lui donne RV. Il visite, l'appartement lui plaît. Ils vont boire un café, discutent. La femme raconte que son père est comédien et blablabla, qu'elle connaît bien les problèmes des artistes... Bref, ça se passe bien, elle est d'accord, il signe le bail sans fournir aucun document. La CAF  versera directement les allocs logement à la propriétaire et il fait un virement permanent pour la différence. Certes, le logement n'est pas dans un état génial. Mais il est situé dans un petit immeuble ancien en pierre et a beaucoup de cachet. Donc, on peint, on mastique, on rebouche, on décore....

Pourquoi Oh Mon Dieu ! Parce que je parcours les sites d'infos en vitesse et je ne vois que des mauvaises nouvelles, des catastrophes, etc... Si l'on regarde le Monde à travers les fenêtres des médias, on ne peut que tomber dans la déprime. Mais il est aussi certain que lesdits médias ne feraient pas leur beurre sur de bonnes nouvelles, ou en contant des histoires à faire rêver. Pourquoi ? Pourquoi donc les gens préfèrent se gaver de mauvaises nouvelles ? Alors que l'enfant que nous avons été n'aimait que les contes de fées ? Pourquoi alors sommes-nous si tristes et décontenancés lorsqu'un film se termine mal ou que le héros n'est pas récurent ? Non, le Monde n'est pas ce qu'on nous en dit dans les journaux.

Parmi ces mauvaises nouvelles, j'ai noté l'accident du gamin de neuf ans qui faisait du Jet Ski. Fallait bien qu'un haut du gouvernement ramène sa fraise pour montrer que l'Etat veille sur sa poulaille. Hortefeux a donc fait part aux médias de sa volonté de voir les plans d'eau mieux surveillés. Combien est inutile cette intervention. Combien est dérisoire cette comédie des gens de pouvoir. Combien est nulle cette politique des faits divers. On dirait que le gouvernement vit dans un conte de fée pour le coup. Même la machine la plus perfectionnée du Monde aura un jour des ratées. Et Même si on mettait un instructeur dans chaque famille, le parfait ne serait toujours pas atteint. Car l'homme pas plus que la nature n'est  parfait. La perfection ne peut exister, elle n'est qu'un concept. Si un gosse tombe d'un balcon, on va supprimer les balcons, s'il se prend les doigts dans une porte, on va supprimer les portes ? Allons donc. Certains diront que les parents étaient sacrément inconscients de laisser leur môme sur un engin aussi dangereux. Cela équivaut à le faire piloter une Ducatti 1100. Mais peut-on jeter la pierre à ces parents ? On dira que les erreurs sont humaines,  on en paie assez souvent le prix fort. On dira que c'était le destin de cet enfant.
Le plus ignoble est la récupération systématique des faits divers par le gouvernement dont le seul but est de rendre le peuple reconnaissant et dépendant.
Des accidents, il y en aura toujours mais ce n'est pas l'essentiel de la vie. Pas plus que cette avalanche d'informations alarmistes, alarmantes. On informe, on désinforme. Si on vivait un peu plus à l'écoute de sa propre intuition ? Se contenter peut être de réussir sa vie en suivant ses aspirations plutôt que dépendre des nouvelles du Monde. Le Monde, nous sommes le Monde. Nous sommes des milliards de Mondes qui forment le Monde, comme toute matière visible.

Soyons heureux aujourd'hui... demain, il sera peut être trop tard. L'autre jour, je tombais sur des bribes d'interview de Fugain. Ce qu'il disait m'a beaucoup impressionnée et cela résonne en moi. Je vous en fais part : Il disait qu'il n'allait pas monter sur scène pour dire aux gens qu'il est malheureux, qu'il en a marre etc... Il a toujours voulu donner du bonheur aux gens. Lorsqu'il lui arrive d'avoir le cafard et qu'il commence à s'appesantir sur son sort, il pense alors à Lorette, sa fille morte à 22 ans.  "Elle ne voulait pas mourir à 22 ans, Lorette, elle avait envie de vivre et cette vie lui a été enlevée. Alors moi, quand je commence à m'apitoyer sur mon sort, je me fous une grande claque, et je me dis que j'ai la vie, j'ai la chance d'être en vie. Je ne peux pas cracher dessus. Ce ne serait pas bien. "

Bonne journée et bon soleil...

Rédigé par plume de cib

Publié dans #CHAMBRE DE REFLEXION

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sylvie 13/08/2009 09:35

Bonjour !Tu as raison de dire qu'il y a - aussi - des choses qui redonnent la gnac, et l'exemple de ton ami et de cette propriétaire en est une. J'ai aussi connu un proprio sympa qui m'a loué un appart, seule, au chômage, 1 enfant à charge, enceinte de 6 mois et pas un sou sur mon compte bancaire...Pour la surveillance des lieux de baignade, j'ai entendu que les CRS qui assurent la surveillance estivale de beaucoup de plages avaient été rappelés dans leurs casernes ; motif : les maires n'avaient qu'à payer des surveillants MNS au lieu de profiter des "largesses" de l'état. Il en pense quoi, Hortefeux l'auvergnat ?Bonne journée et à bientôt.

plume de cib 13/08/2009 10:18


bonjour Sylvie,
cela nous fait donc -déjà- deux proprios sympas ! L'astuce, c'est de tomber dessus, et là, mon ami n'a eu qu'une seule explication, sa bonne étoile !

Pour ce qui est des CRS, faut pas leur donner l'occasion de se la couler douce en roulant des mécaniques sur les plages ! Ils doivent au contraire être élevés à la dure, se préparer pour encore et
toujours protéger sa "suprématie".
Quand aux mairies, il est de plus en plus flagrant que l'Etat se désengage de plus en plus de la vie quotidienne et passe le flambeau aux mairies, départements, mais.... sans les sous ! L'Etat
affiche une ardoise digne des plus grands resquilleurs de l'Histoire, la liste de se ses créanciers s'allonge de jour en jour.... Je me demande comment cela va se passer pour le règlement du
"chapeau" du RSA. Car si le département prend en charge la "base", c'est l'Etat qui doit assumer le "chapeau". Et là, ce n'est pas gagné à mon avis ! Bonne journée vachane....


Naradamuni 11/08/2009 18:30

Ce n'est pas par ce que les choses sont difficiles qu'on ne les fait pas, c'est parcequ'on ne les fait pas qu'elles sont difficiles.

Fleche 11/08/2009 10:59

Oui c'est difficile de ne rien attendre de qui que ce soit, mais une fois qu'on y arrive ça permet de ne jamais être déçus par les autres. C'est l'ouverture vers une grande tolérance et admettre que ceux qu'on aime peuvent faillibles.Quant à toujours rester maître du jeu, c'est rester maître de sa vie, de ses choix, ne pas se faire dicter sa conduite par personne. En un mot : toujours choisir. On a quelque part toujours le choix de faire ou non.

plume de cib 11/08/2009 11:05


Ah d'accord. Pour le "rester maître du jeu", je ne l'avais pas compris dans ce sens. Evidemment, je suis d'accord avec toi. Ca peut se faire sans trop de difficultés...

Ne rien attendre signifie aussi ne rien solliciter des autres. Je ne sais pas si c'est possible, vraiment. Est-ce qu'on peut atteindre un tel degré de désintéressement ? Et comment vivre ainsi dans
une société qui n'est basée que sur la sollicitation justement ?


fleche 11/08/2009 07:54

Sans avoir profondeur du message de Naradamuni, j'ai entendu moult fois lors de cérémonies de mariage un maire qui donnait quelques conseils aux jeunes mariés pour ne jamais être tout à fait malheureux.Ce maire savait toujours sourire même dans les moments les plus douloureux de sa vie.Il avait fait sienne la philosophie qui suit :Donner plutôt que recevoirNe jamais rien attendre de personneToujours reste maître du jeu.Essayez et vous verrez, vous ne serez pas déçus.

plume de cib 11/08/2009 10:32


ne rien attendre de personne, c'est difficile pour un être humain car celui-ci est en permanence en quête de reconnaissance. Quand à toujours rester maître du jeu, faudrait que tu développes Flèche
stp... Bise


Naradamuni 10/08/2009 14:30

Peut-il y avoir plus parfait que l'instant présent, ici et maintenant ?Le mieux serait-il l'ennemi du bien ?L'attente est une pression inventée par le moi. Elle consiste à fixer le mental sur un but. Si ce but est atteint, le moi se réjouit. Si le but n'est pas atteint, le moi est déçu. Avant de clarifier la compréhension que nous pouvons avoir de la quête du bonheur, il convient d'explorer la nature même de cette expérience que nous nommons – "bonheur". Si nous tentons de la qualifier, les mots qui viennent à l'esprit sont : joie, contentement, satisfaction, détente, paix, lumière, transparence, ouverture.Ils désignent tous un état particulier, connu par chacun, ardemment recherché à travers les multiples expériences de l'existence.Compte tenu que cet état est généralement ressenti de manière intermittente, il est naturel que le mental le mette en relation avec les circonstances qui l'accompagnent.De ce fait, un attachement s'installe avec ces circonstances qui cherchent alors à être maintenues ou reproduites.Mais ces circonstances ne se laissent pas reproduire facilement, et s'accompagnent souvent d'un amoindrissement de l'expérience ressentie à leur contact. Chaque déception, quant à la quête de cette expérience de bonheur, se traduit par un sentiment douloureux de désappointement, de manque et de frustration.La vie nous enseigne ainsi que dès que nous nous attachons à une expérience, quelle qu'en soit sa nature, cette expérience vient à nous quitter et à perdre son attrait enchanteur.Les expériences successives de l'existence apparaissent donc comme une suite ininterrompue de satisfaction transitoire et d'insatisfaction également transitoire.Le mental continue ainsi sa course, recherchant sans cesse un nouvel objet à quoi s'accrocher, susceptible de renouveler l'expérience paradisiaque du bonheur et de la complétude.On en vient même à se rendre compte que la vie ne fait que nous enseigner là où le bonheur n'est pas, rétrécissant ainsi à la manière d'une peau de chagrin le champ d'investigation dans lequel le mental va chercher à puiser les expériences auxquelles il aspire.De joie temporaire en déception temporaire, le vécu oscille ainsi de manière chaotique, à la manière de montagnes russes qui mettraient en avant un appât exquis pour mieux pouvoir le retirer de la bouche avide.Nous pourrions ainsi nous en arrêter là pour décrire le cheminement de l'être humain plongé dans l'expérience terrestre. Mais ce serait ne pas tenir compte de l'aspiration profonde à une permanence, qui gît comme un secret désir  dans le cœur de chacun.Un bonheur permanent qui ne s'éteindrait jamais ! En voici un bel appât qui constitue une nouvelle occasion au mental de tenter de saisir ce qui lui échappe toujours.Le mythe du nirvana exquis est ainsi construit et devient alors l'objectif d'un moi tendu vers l'extase de la dissolution de lui-même.Car, en effet, c'est à une lente "désintégration" qu'assiste le regard attentif du chercheur motivé. Une désintégration de tout ce qui constitue ce que je pense être "moi", et donc ce que je pense être le "monde" et les "autres".Lorsque le regard du dedans s'éveille, signe que le regard du dehors a épuisé ses charmes, il est vu que l'expérience du bonheur ne se trouve pas dans l'accumulation, mais dans la disparition de moi-même. C'est en fait une sorte de suicide déguisé que le regard contemple, autodestruction programmée du moi qui se cherche lui-même.L'absence de soi-même serait ainsi l'apogée du bonheur recherché, une forme particulière d'extase dans laquelle "je" est absent. Si "je" est absent, à qui donc profite "le crime" ?Si un quelqu'un reste encore dans la maison, cela signifie donc qu'un moi secret, inaparant car caché derrière le regard, se maintient dans l'illusion du bonheur accompli.Ce moi devient alors lui-même l'objet d'une investigation attentive, qui amène le regard à être absorbé dans ce qui est plus vaste que lui-même, la conscience. Ce mot qui, par nature, contient sa propre limite, désigne donc cela qui n'a pas de limite, le dépositaire du bonheur parfait, dans lequel la notion de moi est complètement absente.Le bonheur sans moi serait-il ainsi le véritable bonheur ?On peut en effet qualifier ainsi l'expérience de l'unité de l'être, complétude silencieuse en laquelle les notions d'avant, d'après, de pendant et d 'ensuite sont totalement absentes.Le temps ici n'a plus d'existence.L'intemporalité règne.C'est la demeure du silence, joie sans fard d'un absolu devenu réalité.Un mental tranquille devient transparent, comme le brouillard qui cesse dès lors que les particules qui le composent ne sont plus agitées. Dans un mental tranquille, le sens du moi s'atténue, comme l'aiguille affolée d'une boussole qui trouve un point de stabilité. En prolongeant cette expérience du silence sans pensée, le sens du moi finit par perdre de sa prééminence. Le monde peut alors être perçu tel qu'il est, sans le filtre déformant des interprétations personnelles. Un monde tel qu'il est n'est ni beau, ni laid, ni agréable, ni désagréable. Il n'est qu'une perception qui émerge dans le regard qui la contient. Le monde n'est ainsi pas plus consistant que l'image de l'oiseau qui se reflète dans la fenêtre ouverte.L'inconsistance du monde contraste avec la consistance du regard qui le perçoit. Le regard est lui-même la consistance, la densité, qui donne vie au spectacle perçu. Sans regard, pas de spectacle.Nous arrivons ainsi au terme de cette promenade, qui nous a amenés du plus loin au plus près. Qu'y a-t-il donc de plus près que le regard lui-même ?  Même les lunettes sont pour lui un objet d'observation!