Le plus grand bouleversement de l'Humanité n'a pas eu lieu ces dernières décennies.

Publié le 21 Juillet 2009



Nous croyons que nous vivons une époque de grands bouleversements. Nous nous donnons beaucoup d'importance. Pour justifier quoi ? Chacun peut apporter sa réponse.

Les grands bouleversements de l'humanité ont eu lieu après la révolution française. La Révolution Française marque la fin de l'ancien régime, de la dictature royale. L'événement fut vécu à l'échelon mondial et provoqua un véritable séisme dans l'histoire de l'Humanité, assise sur ses structures depuis des siècles. En effet, on peut remarquer qu'il n'y a pas de grands changements dans l'Histoire de l'homme avant la Révolution Française.

Mais après, l'Humanité s'est subitement envolée. Les guerres Napoléoniennes ont profondément marqué l'Europe, mais surtout le tissu paysan. Jusque-là les populations paysannes vivaient quasiment repliées sur elle-même, le cercle familial élargi était très fort. Les paysans engagés dans l'Armée se rencontrèrent, voyagèrent à travers l'Europe. Il y eut alors un brassage sans précédent.

Puis il y eut l'arrivée du chemin de fer. Au milieu du 19e siècle le Pays est couvert par 4000 kilomètres de rails. En 1878, il ne faut plus que 24 heures pour faire Perpignan Paris, alors qu'en diligence, il fallait dix jours et vu les dangers qui accompagnaient ce moyen de locomation, on n'était pas sûrs d'arriver à destination.

Grâce au chemin de fer se développent le commerce mais surtout les échanges  entre les hommes. Ce qui influe sur les conditions de vie et les mentalités. En effet, auparavant les populations restaient là où elles étaient nées, ne connaissaient que la culture qu'elles se transmettaient, le plus souvent par voie orale. Les échanges sociaux se faisaient entre voisins, familles, les liens étaient beaucoup plus forts et resserrés qu'aujourd'hui. Les événements étaient commentés dans le cercle familial.  Ils étaient discutés, critiqués. Les gens pensaient par eux-mêmes. Ils ne subissaient aucune influence de masse. Mais depuis que les échanges sont facilités par le biais de la presse, puis de la télévision, l'information arrive dans nos foyers toute empaquetée. Les gens autrefois savaient donc penser, nous avons désappris à penser et appris à ingurgiter de l'info toute pesée, de plus en plus rapidement. Nous ne sommes plus capables de faire la part de la vérité, de la fabulation. Nous sommes perdus, incapables de maîtrise nous cédons à toutes les paniques,  nous nous faisons peurs à tout bout de champ.

Le 19e siècle est donc le siècle le plus passionnant de l'histoire de l'humanité. Forte de ses nouvelles possibilités et pas tout à fait débarrassée de ses anciens concepts, elle a sû en faire un amalgame séduisant. On doit à ce siècle de grandes découvertes, l'homme étant encore curieux et possède son libre-arbitre. Alors qu'avant la RF la connaissance était un mythe pour la plupart des gens, elle devient accessible, elle est donc rendue objective. La conception que l'homme se faisait de lui-même change radicalement.
Par contre, le 20e siècle voyait l'homme désapprendre à penser. On l'habitue peu à peu au "tout emballé", que ce soit pour le corps ou pour l'esprit. On lui fait croire qu'il peu tout avoir sans se fatiguer. Le siècle du capitalisme utilise les travers de l'homme pour le domestiquer.
Aujourd'hui, nous continuons à recevoir de l'information comme si c'était une science exacte. C'est ainsi que naquit la certitude que plus un mensonge est répété, plus il devient vérité incontournable.

De nos jours, nous prenons tout pour argent comptant. Et nous devons réapprendre à parler. Curieusement, l'Internet, les blogs nous le permettent ! C'est pourquoi nous y sommes si attachés. Et c'est pourquoi aussi nous nous référons si souvent à cette époque de la Révolution Française où "tout a commencé". Parce qu'entre temps, l'humanité s'est perdue, débordée par son envie de découverte, débordée par son envie de se dépasser.

C'est à méditer.... J'espère que quelques uns voudront bien réfléchir avec moi sur ce sujet.... Merci d'avance.

Rédigé par plume de cib

Publié dans #CHAMBRE DE REFLEXION

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sixtine 22/07/2009 13:13

Le temps qui passe et qui nous pousse en avant, vers le règne du " toujours plus " parce que notre société est formatée de la sorte ...  C'est très récent, cette donnée de rapidité devenue implacable et à laquelle nous sommes tous assujettis ! Une forme d'esclavage des temps modernes !

MR 22/07/2009 11:10

C'est ton article qui m'a inspiré celui d'aujourd'hui

M R 22/07/2009 10:47


La terre ne se presse pas
Enfin, il y a le rythme de la terre, auquel les laboureurs se sont pliés depuis des siècles par une sorte de mimétisme si parfait que leurs attitudes, leurs gestes les plus anodins dénoncent l'un des plus vieux métiers du monde. Et cette curieuse noblesse dans le comportement physique, ce temps qu'ils prennent pour négocier avec l'espace, cette harmonie naturelle les font paraître de plus en plus balourds à mesure que l'énervement gagne le commun des mortels. Je connais des gens irrités par la lenteur des paysans qui circulent dans leur ville. Peut-être feraient-ils mieux de s'irriter de leur propre hâte. Nous arriveront à Noël ensemble. En ville, le paysan marche à son pas, c'est à dire au rythme de sa vie quotidienne, la vie des champs. Les chemins creux, les terres labourées, les prés même ne s'arpentent pas comme un trottoir de rue. Et il faut d'autres chaussures que des escarpins vernis, d'autres talons que des aiguilles. Sauf le cas de foire ou de marché, et encore! Le paysan en ville est un flâneur, une espèce de touriste. Il marche, il s'arrête, il observe comme un touriste sérieux. Le spectacle de la ville est son délassement et son étude à la fois. Et soyez sur qu'il n'y voit pas les mêmes choses que vous. C'est qu'il n'a pas les mêmes yeux. Les siens sont plus neufs. Toujours. Cette lenteur paysanne, cette admirable économie du corps qui n'est ni lourdeur ni gaucherie, est imposée par le rythme des travaux. Et ce rythme est celui du temps lui-même. L'unité de mesure est le jour, non pas l'heure. On voir rarement un paysan tirer sa montre. Il se lève avec le soleil, il finit son travail avec lui. Je sais encore des fermes où les moments des repas sont marqués par l'angélus. J'en ai fréquenté une, autrefois, où la fermière appelait les hommes à la galette ou à la bouillie en soufflant dans une corne. Les hommes revenaient sans se presser. Quand on se presse, c'est qu'il y a nécessité, urgence grave, un orage qui se prépare ou quelque chose qui brûle quelque part. Il y a trois sonneries de cloche avant la grand'messe pour donner le temps de se préparer, de se mettre en route, et d'arriver sans cette hâte qui compromettrait le recueillement dominical. Et puis, l'essentiel est ailleurs. L'essentiel est que la terre ne se presse pas. Il lui faut son temps. On lui confie des semences et on attend qu'elles lèvent, fassent des tiges, nouent des fruits. On attend l'août pour moissonner. Peut-être, un jour, les hommes de science trouveront-ils le moyen de faire produire dix récoltes par an. Alors les femmes feront des enfants en six semaines. En attendant, attendons! Attendre, le maître mot. On ne saurait sans injustice reprocher aux paysans d'être restés en arrière délibérément par mauvaise volonté, étroitesse d'esprit ou incapacité de s'adapter. C'est qu'ils travaillent sur le vif, eux. La terre est vivante et fragile comme un ventre de femme. Les animaux, les végétaux sont vivants. Il est relativement facile de tirer, de plus en plus vite, une automobile d'un bloc de métal. Le métal se laisse faire par plus fort que lui. Mais essayez donc de transformer un porcelet en cochon gras sous huit jours! Ce n'est que lorsqu'il est engraissé et tué que vous pouvez le débiter sous trente-six formes dans une chaîne électromécanique. Mais à quand votre usine à faire des porcs? Et quand remplacera-t-on le pain, avec quoi? Ensuite, la plupart des techniques de progrès ont été trouvées par les gens des villes et pour leur usage. Il y a fort peu de temps que les ingénieurs se sont attaqués aux problèmes des paysans. Le moins qu'on puisse dire, c'est que leurs réussites ne sont pas éclatantes. Ils font ce qu'ils peuvent bien sur. Mais il est apparemment plus facile de creuser un tunnel sous la Manche que de normaliser l'agriculture. Et plus facile peut-être de construire un radôme à Pleumeur-Bodou que de mettre en valeur les Monts d'Arrée. Mais aujourd'hui déjà, l'avez-vous remarqué! les jeunes paysans ne marchent plus comme leurs pères. C'est qu'ils ont d'autres chaussures, des routes goudronnées, moins de talus. Ils ne se tiennent plus comme des vieux. C'est qu'ils travaillent avec d'autres outils. Ils vont plus vite parce que les tracteurs ont changé leur rythme millénaire et que le temps, désormais, pour eux aussi, c'est de l'argent. Ils ont des montres au poignet et ils savent être à l'heure. Leurs pères étaient toujours en avance et en retard. Pierre-Jakez Hélias 1975 Tiré de "Autrement" La patience, passion d'une durée consentie

plume de cib 22/07/2009 10:58


La France est un Pays de paysans et en même temps, elle fut le premier Pays libéral. Du bon crû libéral si je puis dire, puisque c'était pour abolir l'absolutisme royal et le conservatisme
forcené... Cependant, il semble que tout se soit emballé, la  vitesse des machines à contraint l'homme à s'adapter.... Et malheureusement, le jeune paysan au volant de son engin monstrueux qui
fonctionne au GPS et qui sème en suivant les directives d'un satellite, l'ont déconnecté de la terre.

Ces échanges sont d'une richesse incroyable. je me réjouis que cela se passe dans mon bistrot virtuel...


jahida.trifin 22/07/2009 09:45

Bonjour aux passant(e)s,Comme c'était prévisible ce billet inspire dans tous les sens. je reviens donc à la vitesse. On peut imaginer une physiologie animale adaptée à la tâche exigée pour sa survie. Adaptable aussi, mais lentement. En passant du trot/galop du cheval (je pense à la transmission du courrier grâce aux relais postaux by horses du 19ème siècle, vitesse moyenne de progression: max. 25km/H) à la mécanisation et au train (100 km/h presque dès le début) les sens (vous apprécierez de voir les mots jouer d'eux même) de l'homme ont eu l'obligation de s'adapter très rapidement. Au niveau visuel, par exemple, comment appréhender le danger à 100 km/h quand on ne sait pas courir à plus de 20 km/h?Fort judicieusement, les train étaient sur rails.Mais, sont arrivées les voitures, destinées à servir au plus grand nombre... Les autoroutes remplacent aujourd'hui les rails pour canaliser cette vitesse.La vitesse de déplacement a contribué à tout accélerer dans toutes les directions, et nous voilà aujourd'hui deraillés, simplement parce que nous allons partout  plus vite que nos capacités d'adaptabilité physiologique le permettent. En fin de siècle dernier, nous avons imaginé que la machine allait parer à nos insuffisances, mais force est de constater que partout où existe la technologie, l'humain disparait...Bien sûr, nous pourrions garder le meilleur. Combien abordent la décroissance raisonnable en y plaçant leurs espoirs?Je souris souvent, toute seule, devant ces idées là. Je tape sur mon clavier en sachant d'où il vient et ce qu'il a nécessité comme sacrifices "humains et environnementaux " sachant que m'en passer serait difficile. Moi, l'accro de la plume qui grince sur le papier, je ne trouve plus aucune inspirtaion la plume à la main, je me suis adaptée à la machine, je suis devenue dépendante de l'électricité, du wi-fi et du clavier avec tout ce que ce foutu laptop entraine  de déplorable en amont...A côté de ça, mes toilettes sèches, mon jardin, mon vélo font bien piètre figure en matière de décroissance. Je veux tout: le progrès du passé et un confort du présent qui  me fait croire en un avenir possible. Ne sommes nous pas tous dans le même trip?De la vitesse à la vie, en quelques lignes c'est un raccourci fulgurant. Et la vie, on peut la raisonner du point de vue de l'individu, de la société ou de l'humanité toute entière et en tirer des conclusions TRES différentes. Personne n'oserait programmer une randonnée sur une carte comportant des portions au 1/250 ème, d'autres au 1/10OOO ème et au milieu certains morceaux au 1/100000 ème. Pourtant quand nous parlons de notre vie, nous passons sans la moindre pause des besoins de l'individu très égotique à ceux de la planète. Alors la randonnée foire! Une des citations les plus connues de Christian Bobin est tirée de Ressusciter (gallimard 2001) et dit: " Il y a une étoile mise dans le ciel pour chacun de nous, assez éloignée pour que nos erreurs ne viennent jamais la ternir"Et ainsi donc, va l'homo sapiens, capable de créer ses peurs et ses doutes, il invente aussi une verticalité pour cultiver son espérance...Belle journée à vous. 

plume de cib 22/07/2009 11:01


ce commentaire et celui de MR méritent carrêment un billet.

Je découvre que, comme moi, vous n'arrivez plus à écrire sur un cahier. C'est assez déroutant. J'ai essayé, avec diverses plumes, stylos et machins, mais impossible. l'écriture sur ordi est plus
rapide, plus facile à manier. On "gomme" vite, on recommence. Je ne sais pas si c'est mieux ou pas. Je crois qu'on produit plus mais est-ce en qualité  ? Oups ! J'ai l'impresson d'écrire à la
vitesse de ma réflexion, mais alors, si on trouve le moyen d'écrire encore plus vite ?


Yog 21/07/2009 23:41

Ma méditation sur le sujet Je ne savais pas qu'il était donné à notre époque plus d'importance qu'une autre. Ou alors il faut être bien prétentieux pour le croire. Car, l'être humain, dans le fond, est toujours égal à lui même, c'est à dire avide dans tous les sens du terme. Simplement qu'aux siècles derniers,  comparer ses biens était moins évident puisque les alléchantes vitrines n'existaient pas. Comme on avait moins, forcément on devait être plus. Quand on ne peut compter sur l'argent, on compte davantage sur sa famille ou ses voisins. Si les accès à la culture, à la science plutôt qu'à la religion, à la technologie,... ont fait que le cours de l'histoire a pu changer et que le peuple a gagné en autonomie et fait basculer la royauté, il me semble aussi qu'aujourd'hui, dans notre périmètre, il n'y a plus besoin de se battre pour quelque chose puisque la majorité (ça ne va pas durer on dirait) a accès au confort et à tous les plaisirs assez facilement. Comme tu dis, c'est le siècle des "patates sofa" qui attendent le bec ouvert. Et c'est vrai que pour trouver des gens qui débattent, ça devient difficile. Même chez les étudiants (sans toutefois généraliser) Heureusement qu'il y a internet parce que sans quoi c'est plutôt mortel.On voit bien le nombre de personnes qui se bougent quand des manifs sont organisées. Il faut être touché personnellement sinon que dalle.Le plus grand bouleversement de notre siècle est la technologie du "va plus vite" et des liens virtuels, qui va de paire avec la compétition/concurrence/mondialisation/pouvoir d'achat/...Mais l'homme ne change pas....pas encore.

plume de cib 21/07/2009 23:54


En fait, le peuple n'a pas dû garder son autonomie longtemps. Le capitalisme l'a rattrapé, cette forme de royalisme moderne à mille cerveaux, pieuvre tentaculaire sans identité..... L'homme ne
change pas profondément, il doit simplement réapprendre à parler, ne pas faire que subir. J'aime bien la patate sofa ! Expression à retenir... J'ai un amie instite qui me dit qu'elle fait la classe
à des pots de fleurs.... Bonne nuit.