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La plume dans l'kawa

réflexions - réactions - humeurs -


HADOPI n'est par un organisme de protection des oeuvres

Publié par plume de cib sur 26 Juin 2009, 09:19am

Catégories : #CULTURE



On voudrait nous faire croire que le président mène une croisade pour la protection de oeuvres. Il n'en est rien. Le président n'en a strictement rien à foutre qu'un type télécharge de la musique. Non, le problème est ailleurs, à mon avis.

Si nous suivons logiquement l'évolution de la diffusion de la musique, nous sommes passés du chanteur de rue à Internet.  C'est en quelque sorte le retour de la musique dans le domaine public. Entre les deux, il y a eu une loi visant à protéger l'oeuvre pendant 50 ans avant de tomber dans le domaine public; ceci pour permettre aux artistes de vivent de leur art.
Le chanteur de rue est toujours là mais il est chassé le plus souvent par la maréchaussée pour le motif de trouble de la tranquillité publique. Mais ô miracle, Internet est arrivé avec ses millions de rues libres et disponibles pour tout ceux qui souhaitent se faire connaître. C'est la rencontre des genres,  c'est l'opportunité des rencontres de tous types, c'est le creuset prolifique de tous les arts. C'est de l'espoir brut. Mais là encore la maréchaussée voudrait intervenir ?

Internet, c'est aussi et avant tout pour l'auditeur la radio à la carte. Car ne nous y trompons pas, il n'y a pas autant de CD que ça téléchargés. L'auditeur ne veut plus subir des programmes des radios qui ne sont que le prolongement des maisons de disques et ne sont là que pour matraquer des titres pour vous les faire acheter. C'est dire si l'âge d'or des radios à l'origine libres et qui eurent la décence d'avoir laissé l'adjectif pour le remplacer par FM, est révolu.  Et que le matraquage en général commence à nous gratter ! Dans un petit IPOD à peine plus gros qu'un bouton, on peut glisser des milliers de titres et les écouter de la manière qu'on le souhaite, et ce, absolument partout. C'est dire si l'évolution est impressionnante ! Cette ouverture d'esprit conduit naturellement l'auditeur à continuer son parcours de découverte. Il aura forcément envie d'aller prolonger son plaisir en live dans les salles de spctacles. C'est là qu'il faut saisir l'opportunité. Ré ouvrez toutes ces salles tombées dans l'oubli ! Redonnez nous du festival à gogo ! Laissez s'exprimer l'artiste dans la rue, sur la place du village. laissez, laissez entrer la musique partout dans la vie quotidienne.

On l'a dit et redit, les industries du disque sont peut être en danger, tout comme celles de l'automobile. Mais bon, il y a tant et tant de métiers qui ont disparu, remplacés par d'autres... Un support virtuel remplace les encombrants et polluants CD. Ca c'est pour le côté écologique non négligeable.
Il y a un autre aspect de l'évolution de la diffusion de la musique et du film. Celui-là touche aussi particulièrement les artistes dits en place. Ils croient peut être qu'ils pondent des oeuvres incontournables, mais étant hyper protégés par la grosse machine des majors, ils ne craignaient guère la concurrence. Or, aujourd'hui, ils doivent faire face à la concurrence, et ce n'est pas sûr qu'ils vont gagner la bataille !!! Et oui, pour exister sur Internet, il faut faire preuve de talent, il faut savoir toucher le public. C'est nouveau mais c'est bon. Les auditeurs en ont marre qu'on leur impose de la merde et de ne rien avoir en ramplacement. Alors ils saississent Internet et cherchent ce qui peut leur plaire.

L'auditeur, le spectateur s'émancipent et c'est ça qui fait chier le gouvernement, les maisons de disques et tous les artistes qui se croyaient définitivement à l'abri d'un revers de fortune ! Et si nous nous émancipons à ce niveau-là, cela signifie que nous sommes prêts à nous émanciper dans d'autres domaines. Nous ne serions plus les brebis, les moutons, les veaux, nous muterions ? Nous glisserions tranquillement dans la libre pensée, dans le libre arbitre ? Mais alors, il nous sera bientôt possible d'élire au gouvernement non pas un cador qui s'impose sur les ondes mais un illustre inconnu qui a su nous toucher par son programme humaniste.

C'est la fin d'un Monde. A peine avait-il accés à la culture que l'homme fut happé par le capitalisme qui lui enseigna l'art du consumérisme et le brida ainsi pendant des décennies, lui imposant ses codes, ses règles et même ses goûts musicaux. Mais malgré tout, l'homme a évolué. Et aujourd'hui, lutter contre HADOPI, c'est avant tout lutter pour sa liberté.

Et les artistes ? Les artistes ne sont pas en danger, bien au contraire. Les artistes d'aujourd'hui sont certainement les plus chanceux de tous les temps. S'ouvrent pour eux des milliers de salles virtuelles et la possibilité de pouvoir enfin trouver son public, sans entrave, sans porte éternellement fermée, sans kommandantur implacable. A eux de travailler dans la qualité, de donner le meilleur d'eux-mêmes. Nous serons des critiques de plus en plus avertis, de plus en plus exigeants. Mais c'est pour la bonne cause. Adieu soupe, couac, play back et bonjour au talent, à l'émotion, à la sensibilité, à l'art qui parle à nos sens et non plus à notre porte-monnaie.

C'est pourquoi en luttant contre cette vulgaire HADOPI, nous luttons pour la liberté universelle des artistes, pour le libre accès à la culture, pour la reconnaissance du talent, pour l'élégance et le raffinement, pour le retour du beau.

 

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