Et si nous n'étions pas du même Monde ?

Publié le 25 Juin 2009




Sans déconner ? Absolument.

C'est une expression commune qui semble ne plus trop  vouloir dire. gtand chose. Et purtant ! Entre parenthèses, je commence cet article mais je ne suis pas sure de le terminer ce soir, pour cause de panne d'écriture. La journée a été riche en événements. Bref.

Après ma réunion de ce matin, après avoir lu le dernier article d'Anne Wolf, il m'est venu à l'esprit que notre planète peut tout à fait contenir plusieurs mondes, qu'un système n'est pas un monde ni une vérité universelle. Notre intelligence occidentale veut pourtant faire un seul Monde, celui qu'on nous vend depuis un siècle, le monde du consumérisme associé au capitalisme. Depuis un siècle, on nous bassine que c'est un monde meilleur et on nous donne la clef pour y accéder, le travail. Ou plutôt les ressources tirées du travail. Et vous n'avez plus de valeur que par celle de votre patrimoine.

Aussi, le rêve absolu est devenu celui de la richesse matérielle. Pour vous inciter à vous crever au travail, tout devient payant, tout se paie de plus en plus cher. Tout ceux qui ne valent pas leur pesant de cacahuettes sont décrétés "fragiles", devant être aidés, ré insérés. Comme l'écrit Anne, la foutue condescendance est de mise, la petite pièce au pauvre, le paquet de pâtes premier prix pour les restos du coeur, etc.... Et maintenant sur Internet, les longs articles moralisateurs qui tentent d'amener le regard vers le pauvre. Le pauvre d'esprit ? Non, le pauvre sans un. Que c'est triste un pauvre, hein ?

On associe le pauvre à celui qui n'a pas eu les moyens de faire sa place au soleil. Il ne s'est pas suffisamment battu, le pauvre. Ou alors il n'a pas été assez vigilant, et hop, il s'est fait débarquer du train qui l'emmenait au paradis !
La seule quête valable serait donc celle de l'argent, la seule réussite est donc sociale, le seul confort est donc matériel. Mais qui donc a fixé les règles de ce bonheur parfait ? Ceux qui vous gouvernent, ceux qui vous font travailler et qui vous promettent en retour l'accès à leur Monde qui est le plus beau.

Ce monde là, ils nous le vendent depuis un siècle, nous en sommes complètement imprégnés. A tel point que la plupart d'entre nous est incapable d'imaginer un monde alternatif à celui de l'économie de marché. Ce matin, j'avais des intervenants face à moi totalement intégrés dans le système, incapables d'y déroger, ne serait-ce que pour se laisser aller à rêver un instant.

Nous avons été manipulés. On nous promet un monde mirifique oui, mais pour l'atteindre, il faut beaucoup travailler. Le choix du travail n'est pas important. Il faut produire. Pour avoir le droit d'être reconnu, il faut avoir une fiche de paie, se faire chier 8 heures par jour à faire un truc qu'on déteste pour s'acheter des trucs de merde fabriqués par des gens qui comme nous subissent en attendant d'accéder au monde meilleur.

Mais n'étant pas de ce Monde des spéculateurs, qu'est-ce qui nous empèche de vivre dans le nôtre, de le faire évoluer avec nos idées, de manière à ce que nous soyons bien avec nous mêmes et les autres. Pourquoi utiliser les codes d'un monde dont nous ne faisons pas partie ? Cela ne pourra jamais aller. Nous sommes les rameurs de la galère mais nous ne verrons jamais le ciel vous comprenez. Nous travaillons en souterrain pour qu'eux vivent comme ils l'entendent dans leur Monde. Un Monde de vieux briscards

J'ai bien aimé l'article d'Anne Wolf et je vous invite à le lire.

La condescendance vis à vis de celui qui n'a pas de richesse matériel est la preuve que nous approuvons le Monde des riches et que nous plaignons ceux qui n'en font pas partie. C'est la société de consommation qui fabrique des pauvres, peut être mais on peut dire aussi que ce sont les pauvres qui rejettent la société de consommation. Alors bien sûr, les artistes comme les pauvres sont considérés comme des ennemis parce qu'ils sont justement le grain de sable dont parle Anne qui vient enrayer la grosse machine de guerre. Si le système n'était pas basé sur la spéculation, sûr que chacun aurait de quoi se loger avec les milliards de tonnes de béton érigés, certains voulant même toucher le ciel. Collectivement, on est bien pensants, individuellement, on préserve ses petits intérêts, on participe allègrement à la mise en marge de ceux qui refusent le système.

Non, il n'y a pas qu'un Monde.... Il y a des mondes, beaucoup de mondes, des univers différents et particuliers. Aucun n'a à prendre autorité sur les autres.

Rédigé par plume de cib

Publié dans #CHAMBRE DE REFLEXION

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Fleche 29/06/2009 09:22

Entre les déchets ménagers ou technologiques nous vivons sur une poubelle très toxique.La société de consommation telle qu'elle est devenue dans le monde occidental contribue largement à nous mettre des oeillères et nous faire oublier les talents ou les dons que nous avons naturellement mais qui sont enfouis au plus profond de nous maintenant.Ce n'est pas bien difficile de prendre du recul face à cette société et face aux medias, suffit juste de le vouloir. Le problème est que l'école ne stimule plus l'esprit critique depuis des années, et la conséquence est que la plupart des gens boivent les paroles du JT comme paroles d'Evangile. D'ailleurs, l'Evangile est à peu près aussi mensongère que le reste. Nous vivons donc sur deux milliers d'années d'interprétation hasardeuse.J'arrête car je m'égare ...en raccourcissant un peu trop.

plume de cib 29/06/2009 10:56


Suffit juste de le vouloir mais le problème c'est que les occidentaux ne veulent pas!  Ca les défrisent, faut qu'ils remplissent le caddie jusqu'à la gueule... J'ai une voisine qui s'est
achetée un sèche linge et qui le fait tourner 7 jours sur 7, et il fait 35° dehors, ou du vent.... Mais jamais on a besoin de sèche linge. On a un petit jardin, un étendage, le linge sèche dans la
journée même en hiver.... Mais voilà, la voisine a le confort !


Fleche 28/06/2009 20:16

Très juste.Pour tout dire, avant de procéder à un achat, c'est la question que l'on se pose : En a-t-on réellement besoin ?Ca aide à ne pas acheter inutilement. Par exemple il n'y a pas de four micro-ondes à la maison, ni de télé écran plat (pourquoi faire, pour regarder Drucker à la TV le dimanche après-midi, pas besoin ! ), ni d'autres gadgets plus ou moins utiles, plutôt moins que plus.

plume de cib 28/06/2009 23:27


J"ai récupéré une télé Sony trinitron 70 cm à la poubelle qui fonctionne parfaitement. Ce que je disais dans ma réponse précédente. Au delà du besoin créé, il y a urgence à arrêter de jeter car les
choses ne disparaissent pas mais constituent une pollution mortelle.....


dju770 28/06/2009 20:10

"De quoi est-ce que j'ai vraiment besoin ?" Voilà une question qui peut mener à la modération et à la sagesse. Le consumérisme ne rend pas heureux et détruit la planète. Se contenter du nécessaire, résister à la tentation du superflu, du dernier gadget à la mode, (qui sera obsolète dans deux ans si il ne tombe pas en panne dans un an et un jour...)... En un mot se libérer de tous ces boulets que l'on traîne et dont on est esclaves...

plume de cib 28/06/2009 23:25


On ne se rend pas vraiment compte que tout ce "superflus" qu'on change à tout bout de champ pour raison de mode ou d'encombrement, arrive dans certains pays d'Afrique, entreposé dans des conditions
catastrophiques, déversement de métaux lourds et autres polluants dans l'océan. Toutes nos merdes ne disparaissent pas parce qu'on les met à la poubelle....


Fleche 28/06/2009 18:10

Je connais quelqu'une qui n'a pas grand chose, mais qui est satisfaite.Elle se satisfait de peu, et s'arrange de tout. Elle considère que sa vie est bien à partir du moment où elle a un toit, qu'elle peut manger et dormir. Les meubles elle se passe du superflu, et arrive ainsi à vivre avec très peu d'argent. Et surtout elle ne connait ni l'envie ni la jalousie.

dju770 28/06/2009 07:52

Un nouveau système est sans doute à inventer, à base de partage, de solidarité, de justice, mais les gagnants d'aujourd'hui ne sont pas prêts à renoncer à leurs acquis... Ainsi donc le monde va dans le mur, la machine s'emballe et risque d'aller jusqu'à l'auto-destruction. Que faire ? Les pauvres sont de plus en plus nombreux, et les riches de plus en plus riches. En Europe ne faisons-nous pas partie des favorisés ? Nous avons donc une dette, une responsabilité vis à vis des "autres", ceux qui ne sont pas nés au bon endroit...Je pense à des figures du XXIe siècle, comme Gandi, l'Abbé Pierre ou soeur Emmanuelle qui ont renoncé à leurs sécurités, à leur confort pour aller partager, reconnaitre la grandeur de tout homme : des héros, des modèles pour moi !Bien amicalement

plume de cib 28/06/2009 10:55


De plus en plus nombreux à nous éveiller, non pas dans la honte, enfin je l'espère.... Difficile de lutter contre les lobbies.... Mais je crois aussi que nous avons peur de perdre nos petits
acquis, nous n'osons pas les mettre en balance, nous restons individuellement égoïstes, pas encore au niveau des grands que vous nommez.... Osez tout abandonner, oser partager, oser faire
confiance... Une personne de mon entourage qui cherchait un logement mais qui n'a pas toutes les garanties demandées a trouvé cette semaine une propriétaire qui loue au feeling. Elle ne sera pas
déçue, il fera tout pour respecter la parole donnée... La parole donnée, le contrat de confiance que nous devrions remettre au goût du jour, tiens...